MONACO : Au Nouveau Musée National, écologie et politique
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MONACO : Au Nouveau Musée National, écologie et politique
Les silhouettes graphiques, parfois obèses, des plantes succulentes symbolisent la résilience et une patiente obsession d’accumulation. À l’image du bois qui capture la signature climatique de son époque, le travail de Julian Charrière interroge la mémoire profonde de plantes cryoconservées.
Ces caractéristiques suscitent un fort intérêt à une époque où de nombreuses régions du monde connaissent l’aridification. Ces végétaux, véritables « réservoirs », incarnent un monde vivant en résistance, une alliance entre sobriété et créativité. Souvent utilisés par les populations rurales pour délimiter les périmètres agricoles ou constituer des haies défensives, les cactus sont devenus, au XXIe siècle, une allégorie de la frontière. Les photographes Cristina De Middel, Barbara Crane ou Ziad Antar utilisent le cactus et ses épines pour illustrer les tensions liées à ces frontières, les humains qui tentent de les franchir ainsi que les épreuves qu’ils doivent affronter.
Certaines maladies émergentes, qui affectent particulièrement les cactus nopal, en Afrique du Nord et ailleurs, nuisent à l’économie locale et perturbent l’harmonie des paysages. Les raquettes décharnées, emprisonnées dans la résine de l’artiste Ali Cherri, sont les signes de ce monde fragmenté, marqué par l’émergence de pandémies et de phénomènes de dépérissement. Cette thématique est également abordée par Kaïs Aïouch et Chahine Fellahi, qui interrogent, à travers leur série de cyanotypes Ouled Dreg, la possibilité de préserver et de transmettre la mémoire des paysages marocains, vidés de leurs figuiers de Barbarie par un insecte vorace et dévastateur.
Image Une : Domenico Gnoli
Source : Nouveau Musée National de Monaco.

