GAP : Hommage à Joanna MACY, pionnière de l’Ecopsycho…
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GAP : Hommage à Joanna MACY, pionnière de l’Ecopsychologie
Joanna Macy est décédée ce 19 juillet 2025 à Berkeley, Californie.
C’était une Grande Dame, elle a apporté énormément par son engagement écologiste, féministe et bouddhiste à toutes celles et ceux qui se sentent concerné.e.s par les enjeux de notre planète : l’écopsychologie.
Le terme d’éco-anxiété est devenu commun et concerne de plus en plus de personnes, en particulier des jeunes. Ce trouble trouve des réponses concrètes dans l’approche de l’écopsychologie.
Joanna MACY a dénommé son œuvre « Le Travail qui relie » et a créé un vaste réseau planétaire de personnes qui s’engagent à porter cette conscience et ces actions.
Voici une vidéo biographique : https://workthatreconnects.org/joanna-macy-in-memoriam/ Une version française est disponible.
Elle a écrit plusieurs livres dont celui de base, Coming back to Life, publié en français en Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre.
Il est paru une 1ère fois en 2008 sans susciter beaucoup d’intérêt, notamment des milieux de la psychologie (dommage, car elle introduisait déjà la sphère environnementale dans cette sphère de connaissances), puis à nouveau en 2016 grâce à l’appui de nombreux groupes qui s’étaient mis à pratiquer sa méthode et à la préface de Pablo Servigne ; à partir de cette date, il a connu un succès certain, est devenu une référence incontournable et a inspiré d’autres auteurs.
Une 3ème édition beaucoup augmentée, est parue en avril 2021.

Comment garder les pieds sur Terre quand tout fout le camp – Emmanuelle Delrieu

Tout tourne rond sur cette terre nous sommes les seuls à l’ignorer – Marine Simon

Prévention des risques psychologiques lors d’ateliers de sensibilisation à l’écologie – Marc Roethlisberger

Pour une écologie intérieure – Marie Romanens et Patrick Guérin
Le réseau du Travail qui relie a organisé deux rassemblements le mardi 5 août 2025 pour honorer cette profonde transition avec un espace de connexion mondial en ligne. C’était une célébration de la vie qui a rassemblé la communauté mondiale du Travail qui relie, et tous ceux qui se sentaient appelés à s’y joindre. Un moment pour pleurer, se souvenir et célébrer ensemble afin d’apporter du réconfort, de la connexion et du sens à tous ceux qui se sont rassemblés.
Joanna Rogers Macy laisse un héritage qui continuera longtemps à informer et à dynamiser à la fois le travail de guérison du monde de la frénésie du capitalisme industrialisé, et les mouvements complémentaires pour revenir à la véritable nature de notre être. Car, comme elle le dirait, nous sommes intégrés dans la toile de la vie (The Web of Life). Vous trouverez un grand nombre de références ici.
À partir de la fin des années 1970, au début de sa vie, Joanna a consacré une grande partie de son énergie au développement et à la diffusion de l’ensemble d’œuvres qui est devenu connu sous le nom de Le Travail Qui Relie (The Work That Reconnects). Travaillant avec des collègues à travers le monde, et avec le soutien constant de son mari Fran Macy, ce travail a été enrichi par ses nombreuses passions connexes : le mouvement Sarvodaya pour la paix au Sri Lanka, dont les efforts qu’elle et Fran ont soutenus ardemment ; la culture et la connexion avec ses enseignants dans la tradition bouddhiste tibétaine, d’où sont issus les concepts fondamentaux du Travail Qui Relie ; et son travail avec des gardiens de la Vie, car elle ressentait au plus profond d’elle l’appel des êtres du futur à rassembler toutes nos intelligences pour protéger la toile de la vie.
u plus fort de la « guerre froide » dans les années 1970, après sa propre prise de conscience des dangers de l’énergie nucléaire en particulier, Joanna a fait une découverte : lorsqu’un groupe de personnes concernées partageait leurs peurs, leur terreur et même leur désespoir, un esprit de connexion s’élevait dans le groupe, et une clarté de concentration et une libération d’énergie alimentée par la planification stratégique et l’action. Le travail sur le « désespoir » qui en a résulté, avec ses « ateliers de désespoir et d’autonomisation », a permis de contrer l’engourdissement de la terreur et de l’écrasement, ainsi que les forces de la culture de croissance militaire/industrielle qui nous projetterait entièrement notre vie dans une histoire de peur et de domination.
Une grande conteuse
Joanna était une grande conteuse. Elle captivait alors notre attention, et nous nous reconnaissions comme notre être le plus vaste quand elle a parlé des guerriers Shambhala (sûrement étions-nous destinés à être des guerriers aussi, préparant note tour)
Joanna avait un lien spécial avec les jeunes, dont la passion, la créativité et la liberté d’expression alimentaient sa propre inspiration et son endurance. Elle aimait passer un bon moment. L’espièglerie et son jumeau, l’imagination, infusent le Travail qui Relie. Elle a mis toute sa passion dans son travail, et en conséquence ses nombreux collaborateurs-amis ont formé entre eux un réseau vibrant d’amour.
Elle nous laisse une boîte à outils – la spirale du travail qui relie et le cadrage fondamental, les pratiques et les histoires qui font de l’ensemble du travail ce qu’il est. Les pratiques et les histoires continuent d’évoluer et de changer, répondant à un moment donné et aidant à créer le suivant dans ce travail du Grand Tournant (The Great Turning).
Pour les milliers d’entre nous qui poursuivons et continuons à développer Le Travail Qui Relie – ce cadeau du voyage partagé du désespoir à la connexion, à l’autonomisation et à l’action – Joanna Macy nous laisse son inspiration particulière d’une robuste intrépidité et d’une persévérance alimentée par l’amour.
Je remercie Joanna pour son apport à la prise de conscience de tant de personnes et aux actions qu’elle a ensemencées, et je suis fier de l’avoir publiée en français.



