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PARIS : Asterès analyse la légère baisse de l’inflati…

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PARIS : Asterès analyse la légère baisse de l’inflation en mai

L’inflation baisse légèrement à 0,7 % en glissement annuel en mai, sur un mois les prix baissent de -0,1 %.

 La guerre commerciale lancée par Donald Trump devrait intensifier les pressions désinflationnistes. n La baisse des prix de l’énergie explique que l’inflation ait légèrement diminué en mai. De plus, la baisse de l’inflation sur les services indique que la tendance désinflationniste est profonde.

La baisse récente du prix du pétrole peut expliquer le repli des prix de l’énergie entre mai (-8,1 % en glissement annuel) et avril (-7,8 %). L’inflation dans les services baisse sensiblement, à 2,1 % en mai après 2,4 % en avril. Comme les services comptent pour plus de la moitié de l’indice des prix à la consommation, et que l’évolution de leurs prix reflète la dynamique des salaires, cette évolution indique que la dynamique désinflationniste est profonde.

L’inflation est restée stable sur les biens manufacturés (-0,2 %), le tabac (+4,1 %) et augmente très légèrement (+0,1 point) sur l’alimentaire, à 1,3 % en glissement annuel en mai.

Les évolutions actuellement à l’œuvre sont plutôt désinflationnistes, il est donc probable que l’inflation reste faible jusqu’à la fin de l’année. Cette tendance s’explique principalement par la guerre commerciale de Donald Trump, qui fait baisser le prix du pétrole ainsi que le dollar et bride la croissance européenne. La guerre commerciale pourrait être inflationniste sir l’UE répondait aux droits de douane américains par ses propres hausses de droits de douane, ce qui ne semble pas être la stratégie choisie pour le moment.

 La guerre commerciale lancée par Donald Trump a conduit à un repli du prix du pétrole (expliquée également par les décisions de l’Opep), ce qui tirera l’inflation française à la baisse. En effet, du fait d’une révision à la baisse de la croissance mondiale, la consommation de pétrole sera moins élevée que prévu.

 La guerre commerciale a, paradoxalement, fait baisser le dollar, ce qui limite l’inflation importée en zone euro. En théorie, les droits de douane américains auraient dû faire monter le dollar (puisque les États-Unis demanderaient moins la monnaie des autres pays pour payer leurs importations). Cependant, la politique brutale et erratique de Donald Trump a eu l’effet inverse : les investisseurs se sont plutôt détournés du dollar, poussant son cours à la baisse. La croissance européenne sera négativement impactée à hauteur de quelques dizaines de points de pourcentage du fait de la guerre commerciale (le choc serait plus fort en cas de droits de douane américains à 50 %). Cette moindre activité économique est déflationniste, à moins qu’elle ne soit compensée par une baisse de taux plus dynamique de la part de la BCE.

La guerre commerciale pourrait devenir inflationniste si l’UE décidait d’augmenter les droits de douane sur les importations américaines. Heureusement, cette stratégie de la surenchère n’est pas celle qui est actuellement choisie par les Européens. En effet, les droits de douane américains sont nuisibles aussi bien aux États-Unis qu’au reste du monde, et répliquer par des droits de douane symétriques ne ferait qu’ajouter une difficulté supplémentaire.

De Sylvain BERSINGER chef économiste.