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PARIS : Printemps des services publics, un discours irrespo…

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PARIS : Printemps des services publics, un discours irresponsable

Le collectif Nos services publics, aux côtés d’une large coalition d’associations, syndicats, ONG, a lancé ce jeudi 3 avril une grande campagne qui se tiendra d’avril à juin : le Printemps des services publics.

Les services publics sont de nouveau au cœur de l’actualité après les déclarations du Président de la République du 5 mars et plus récemment du Premier ministre. Alors que l’inquiétude autour du recul des services publics est une préoccupation très largement partagée dans notre société et qu’ils ont été massivement définancés dans les dernières années, le printemps des services publics vise à mettre les pieds dans le plat et à réaffirmer le rôle central de l’impôt dans notre fonctionnement démocratique : “les services publics, ça vaut le coût !”

Signé par plus de 600 dirigeants syndicaux, associatifs, fonctionnaires, intellectuels, artistes, citoyennes et citoyens, l’appel lançant le printemps est paru le jeudi 3 avril dans Le Monde et porte un message clair : « Face aux crises, ne choisissons pas entre les enjeux de sécurité et la reconstruction des services publics« 

D’avril à juin, des dizaines d’initiatives se tiendront sur un large champ de priorités (santé, climat, éducation, justice, précarité, genre, etc.) avec une programmation variée d’événements qui invite à la réflexion, à la mobilisation et à la fête autour des services publics.

Discours irresponsable

Nul ne conteste la nécessité de ne plus dépendre des Etats-Unis pour notre défense. Mais on ne saurait pour autant oublier les autres menaces pesant sur notre société. Le dérèglement climatique, qui frappait il y a quelques mois encore Mayotte, La Réunion et le Pas-deCalais, après une année 2024 la plus chaude jamais enregistrée, ne s’est pas brutalement atténué. La crise sociale, avec 3,8 millions de nos concitoyen.ne.s mal logé.e.s et un enfant de moins de trois ans sur cinq en situation de pauvreté, n’a pas été résolue. La crise démocratique s’aggrave et le recul des services publics accentue le sentiment d’abandon d’une partie de la population et la montée du rejet de l’autre. Plus que jamais, opposer nos priorités vitales est dangereux et mortifère. Nous le savons : ces dernières années, le principal outil de la casse de nos solidarités a été l’assèchement des financements publics.

Entre 2018 et 2023, d’après la Cour des comptes ce sont 62 Md€ d’impôts sur les plus aisés et sur les entreprises qui ont été supprimés, fragilisant d’une part les finances publiques et, d’autre part, les services publics qu’ils soient de la justice, de l’énergie, de la culture ou du logement. Conséquences ? Une perte de confiance dans des services publics qui se dégradent, et un déplacement inégalitaire et inefficace : le financement, auparavant supporté collectivement par l’impôt et les cotisations sociales, repose désormais de plus en plus sur chacun.e, s’accompagnant souvent d’une dégradation de la qualité comme nous l’ont montré les récents scandales des crèches à but lucratif, des EHPAD commerciaux ou plus récemment des écoles privées.

SOURCE : Printemps des services publics.