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PARIS : Fondapol – Good COP21, Bad COP21, une réflexi…

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PARIS : Fondapol – Good COP21, Bad COP21, une réflexion à contre-courant (2)

La COP21 a été analysée dans notre première note * en termes géopolitiques.

Le processus onusien favorise une prise de conscience planétaire mais donne des signes d’épuisement. Le comportement kantien de l’Europe contraste avec le jeu des autres puissances qui placent la souveraineté nationale au sommet de leurs valeurs sur un mode plus machiavélien que kantien.

Replaçant les efforts considérables de la transition dans le cadre des « stocks » proprement gigantesques et infrastructures en tous genres sur lesquels repose le système économique, la présente note constate que l’objectif central de la COP21 – limiter le réchauffement à 2 °C – ne pourra être atteint. L’espoir est formulé qu’elle soit néanmoins a good « COP21 » en entamant une réflexion sur cinq tabous de la diplomatie climatique actuelle : le premier tabou est celui du rôle central de l’ONU ; le second celui d’une fixation trop exclusive sur des énergies renouvelables très nécessaires mais insuffisantes à la réussite ;

le troisième celui d’une approche des hydrocarbures dans laquelle le mépris l’emporte sur la gestion responsable ; le quatrième celui d’une Europe prétendument exemplaire, dont l’Energiewende allemande serait un modèle avancé. Enfin le dernier tabou, non le moindre, est la certitude que l’on affiche de pouvoir endiguer le réchauffement sans remise en cause douloureuse des modèles de croissance tout en assurant le développement d’une planète dont la population et la classe moyenne avide de consommation auront grandi de plusieurs milliards d’individus. Trois pistes de réflexion s’ouvrent alors. L’une dans le sillage du Pape Francois et d’autres courants supposerait une conversion dont le monde ne donne que peu d’exemples. La seconde, celle de la géo-ingénierie climatique, n’est envisageable qu’à un avenir plus lointain. La dernière implique un surcroit de rationalité économique et diplomatique face aux politiques de transition autoréférences et à l’irénisme géopolitique européen.

Albert Bressand,

Senior fellow, Columbia Center for Sustainable International Investment, New York,et Professor of International Strategic Management in Energy, Rijksuniversiteit Groningen.

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 27 mars 2025.