PARIS : La régulation des DPE par Valérie Létard, un pas ve…
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PARIS : La régulation des DPE par Valérie Létard, un pas vers la transparence, mais…
Le gouvernement renforce la fiabilité des Diagnostics de Performance Énergétique (DPE) pour restaurer la confiance dans les transactions immobilières.
Depuis le 19 mars 2025, Valérie Létard, ministre du Logement, a dévoilé un plan en dix mesures visant à sécuriser le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), un outil clé dans les transactions immobilières. Avec environ 4 millions de DPE réalisés chaque année en France, dont 70 000 estimés frauduleux (soit 1,7 %), cette réforme ambitionne de restaurer la confiance dans un secteur miné par les « diagnostics de complaisance ». Renforcement des contrôles, utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter les anomalies, introduction de QR codes pour vérifier la certification des diagnostiqueurs : les mesures sont ambitieuses. Mais suffiront-elles à protéger les particuliers ?
« Former, accompagner davantage dans la transparence et lutter contre toute forme de fraude, c’est une avancée nécessaire pour faire du secteur des diagnostics une filière ».
Une réforme nationale salutaire, mais des défis persistants
Le programme de tolérance zéro mis en place par le gouvernement a des avantages tant du côté des agents immobiliers que des acquéreurs.
Un DPE fiable, c’est la clé pour vendre en confiance : transparence, crédibilité, zéro litige. Et du côté des acquéreurs, c’est simple : savoir ce qu’on paie, prévoir les travaux, décider malin.
Cette volonté de fiabiliser le DPE répond à une urgence : l’étiquette énergétique influence fortement la valeur des biens. Des écarts de prix pouvant atteindre 20 % entre un logement classé A et un autre classé G ont été observés, selon des études récentes. Si l’intention est louable, le succès dépendra de la mise en œuvre.
Avec seulement 10 000 diagnostiqueurs actifs pour 4 millions de DPE annuels, la pression sur la profession reste forte. Les outils comme la géolocalisation et les QR codes sont des avancées, mais les particuliers doivent rester proactifs pour éviter les arnaques persistantes.
Focus locaux : Marseille, Lyon, Paris
À Marseille, environ 150 000 DPE sont réalisés chaque année. Selon une étude de la start-up KRNO (2024), 2,5 % d’entre eux, soit près de 3 750, seraient frauduleux.
Dans une ville où le parc immobilier ancien domine, les propriétaires cherchent souvent à masquer les mauvaises performances énergétiques pour maintenir des loyers attractifs ou vendre à bon prix. La régulation de Valérie Létard, avec ses contrôles accrus, pourrait freiner ces dérives, mais les acheteurs doivent rester vigilants face aux diagnostics trop optimistes.
À Lyon, où 180 000 DPE sont effectués annuellement, 2 % seraient falsifiés, soit 3 600 diagnostics. La métropole, engagée dans une politique de réduction des passoires thermiques, voit les fraudes se concentrer sur les logements anciens des pentes de la Croix-Rousse ou de Vaise.
L’introduction de l’IA pour repérer les anomalies est une aubaine ici, mais les primo-accédants doivent scruter les détails des rapports pour éviter les mauvaises surprises.
À Paris, où 250 000 DPE sont réalisés chaque année, le taux de fraude atteint 2,2 %, soit environ 5 500 diagnostics douteux. Dans un marché où chaque mètre carré compte, l’étiquette énergétique peut faire basculer une transaction.
Il est important de préciser que l’étiquette énergétique peut faire varier la valeur d’un bien à la vente comme à la location avec des écarts allant jusqu’à 20 % entre un logement classé A et un autre classé G.
Les nouvelles mesures, comme la délivrance différée des résultats pour éviter les pressions, devraient limiter les arrangements.
Cinq conseils pratiques pour éviter les fraudes
Pour ne pas se faire avoir, voici quelques recommandations :
– Vérifiez la certification du diagnostiqueur : consultez l’annuaire officiel sur le site de l’Ademe et bientôt vous pourrez scanner le QR code attribué au professionnel (dès septembre 2025). Un diagnostiqueur radié ou non certifié est un signal rouge.
– Exigez le numéro Ademe : chaque DPE valide porte un numéro d’enregistrement à 13 chiffres. Vérifiez-le sur l’Observatoire DPE – Audit pour confirmer son authenticité.
– Comparez avec le bien réel : lisez attentivement le rapport. Les descriptions (isolation, chauffage, etc.) doivent correspondre à ce que vous observez. Une note suspecte (ex. : un A pour un immeuble ancien sans travaux) doit alerter.
– Demandez un délai de rendu : depuis la réforme, le DPE ne doit plus être remis sur place, mais envoyé après analyse. Si le diagnostiqueur vous donne un résultat immédiat, méfiez-vous.
– Faites appel à un tiers : un agent immobilier ou un expert indépendant peut valider la cohérence du DPE, surtout si vous suspectez une fraude.
Une étape vers la fiabilité, mais un chemin encore long
La régulation des DPE est un signal fort pour professionnaliser le secteur et protéger les particuliers, estime Séverine Amate. Cependant, dans des villes comme Marseille, Lyon et Paris, où les enjeux immobiliers sont exacerbés, la vigilance reste de mise. Les outils technologiques et les sanctions renforcées (jusqu’à deux ans d’interdiction d’exercer) sont un début, mais les particuliers doivent s’armer de connaissances pour ne pas tomber dans les pièges des diagnostics frauduleux.
Pour en savoir plus sur Séverine Amate et ses analyses : www.linkedin.com/in/severine-amate


