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PARIS : Lutte contre la malnutrition les Français exigent un engagement fort

À quelques jours du Sommet Nutrition for Growth (N4G) organisé à Paris les 27 et 28 mars 2025, Action contre la Faim en partenariat avec Focus 2030 révèlent les résultats d’une enquête exclusive par YouGov.

Réalisé entre le 27 février et le 5 mars 2025 auprès de 1001 Français.es représentatifs de la population, cette enquête met en lumière une forte prise de conscience des citoyens face à la malnutrition mondiale et leur souhait d’un engagement accru de la France. Or, alors que 69 % des sondé.es demandent à la France de maintenir ou augmenter son aide au développement international, le gouvernement fait l’inverse en réduisant de 2,1 milliards d’euros l’Aide Publique au Développement (APD) dans le Projet de Loi de Finances 2025.

Un fléau mondial qui s’aggrave

 En 2023, 733 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde, soit 1 personne sur 11. Parmi elles, 2,4 milliards de personnes n’ont pas un accès stable à une alimentation saine et nutritive, avec un impact particulièrement fort sur les femmes et les populations rurales.

Les conséquences sont dramatiques :

 – Un enfant meurt de faim toutes les 11 secondes, soit environ 7 800 décès par jour

– La malnutrition est responsable de près de 50 % des décès d’enfants de moins de 5 ans.

– Les femmes sont les plus touchées : 47,8 millions de plus que les hommes souffrent d’insécurité alimentaire.

Selon les estimations, mettre fin à la faim nécessiterait un financement additionnel compris entre 13 milliards et 15 milliers de milliards de dollars par an d’ici 2030.

Les Français.es identifient les causes profondes de la faim

Les Français.es ont une conscience aiguë des causes structurelles de l’insécurité alimentaire. Parmi les facteurs les plus cités figurent les conflits prolongés, qui sont à l’origine de 70 % des crises alimentaires majeures dans le monde. En effet, ces conflits entraînent des déplacements massifs de populations, la destruction des terres agricoles et la perturbation des chaînes d’approvisionnement. Les inégalités socio-économiques sont également perçues comme un élément déterminant, affectant directement plus de 2,4 milliards de personnes qui ne disposent pas d’un accès stable à une alimentation suffisante et nutritive. Par ailleurs, les crises climatiques ont des conséquences dramatiques sur la sécurité alimentaire, comme en témoignent les 55 pays touchés en 2023 par des phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont entraîné des pertes de récoltes et aggravé la malnutrition. Les Français.es soulignent aussi l’impact des systèmes alimentaires défaillants, qui contribuent à une situation de malnutrition chronique. En effet, 148 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent aujourd’hui d’un retard de croissance dû à une alimentation inadéquate. Toutefois, un élément clé semble être largement sous-estimé dans les réponses du sondage : les inégalités de genre. Aucun des répondant.es ne mentionne cet enjeu pourtant fondamental, alors que les chiffres montrent une réalité préoccupante : en 2023, 47,8 millions de femmes de plus que d’hommes ont souffert d’insécurité alimentaire. Cette différence s’explique par des discriminations persistantes dans l’accès à la terre, aux ressources agricoles et aux revenus, qui limitent la capacité des femmes à garantir leur propre sécurité alimentaire et celle de leur famille.

Un engagement en recul, malgré la volonté citoyenne

Face à ces constats, 69 % des Français.es se déclarent en faveur du maintien ou de l’augmentation des financements pour lutter contre la malnutrition mondiale. Or, la France a récemment adopté une réduction de 2,1 milliards d’euros de son aide publique au développement dans le budget 2025. Cette coupe budgétaire intervient alors que d’autres pays réduisent également leurs engagements :

– L’Allemagne coupe 50 % de son aide humanitaire.

 – La Belgique prévoit une réduction de 25 % sur 5 ans.

– Le Royaume-Uni abandonne son engagement d’allouer 0,7 % de son Revenu National Brut à l’APD.

 – Le 20 janvier dernier, Donald Trump a signé un décret stoppant brutalement l’ensemble du financement des programmes d’aide internationale des ÉtatsUnis, alors que ces derniers représentaient 42 % de l’aide humanitaire mondiale.

 – Des solutions concrètes existent : un appel urgent à la mobilisation Malgré cette tendance inquiétante, Action contre la Faim rappelle que des solutions existent pour éradiquer la malnutrition d’ici 2030.

Parmi les recommandations clés :

– Mobiliser 1,5 milliard d’euros d’ici 2030, soit 300 millions d’euros par an dès 2025, pour renforcer l’aide au développement.

– Adopter une stratégie ambitieuse au niveau européen en soutenant un nouveau cadre politique de l’Union Européenne d’ici 2026.

– Transformer les systèmes alimentaires en favorisant l’agroécologie et des pratiques durables.

– Instaurer une protection sociale universelle, incluant un revenu minimum et une couverture santé universelle pour les 1000 premiers jours de l’enfant.

 – Garantir le respect du Droit International Humanitaire (DIH) pour assurer un accès à l’aide alimentaire dans les zones de conflit.

À propos d’Action contre la Faim

 Depuis plus de 40 ans, Action contre la Faim lutte contre la faim dans le monde en intervenant sur les causes et les conséquences de la malnutrition. Présente dans plus de 50 pays, l’ONG agit à travers des programmes de nutrition, de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau et de plaidoyer pour défendre un droit fondamental : celui de se nourrir.