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PARIS : Les CEE, un gaspillage sans précédent qui risque de…

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PARIS : Les CEE, un gaspillage sans précédent qui risque de tripler… à moins d’être utilement transformé

Coût élevé, économies d’énergie surévaluées, fraudes massives : l’inefficacité des CEE a été soulignée dans plusieurs rapports récents alors que leur enveloppe doit doubler d’ici 2026, impactant fortement le pouvoir d’achat des ménages.

Nicolas Desquinabo, expert en évaluation des politiques de transition écologique, nous explique le fonctionnement du dispositif, ce qui lui est reproché, et comment cette manne pourrait être employée pour financer des programmes de transition dont l’efficacité est éprouvée.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont à la croisée des chemins : déjà financé à hauteur de 5 à 6 milliards d’euros par an depuis 2019, ce dispositif massif, très critiqué par plusieurs rapports récents, pourrait tripler ses montants et ses impacts négatifs, à moins d’être globalement transformé.

Comment résumer ce très complexe instrument et ce qui lui est reproché ? Créé en 2005, ce dispositif “oblige” les grands fournisseurs d’énergie à financer des actions d’économies d’énergie, afin d’atteindre un objectif pluriannuel réparti au prorata de leurs ventes. Si ces “obligés” n’atteignent pas leurs objectifs, ils devront payer une amende en fin de période (environ 3 fois le prix des CEE manquants). En échange, TotalEnergies, Engie, EDF et les autres grands fournisseurs peuvent répercuter le coût de ces CEE sur les factures énergétiques des ménages et entreprises.

Les CEE sont formulés en économie d’énergie finale théorique et cumulée sur la durée de vie d’une action, par exemple autour de 140 MWh cumulés (ou “MWhc”) sur 30 ans pour l’isolation de 100 m² de combles. Le prix d’un MWhc est valorisé dans une bourse où les obligés et d’autres acteurs peuvent échanger ces certificats, dont le cours actuel est d’environ 8,5 €/MWhc. Pour favoriser certains travaux, ces primes sont parfois bonifiées par l’État : l’économie d’énergie attendue est fictivement multipliée par 2 à 4 pour que la prime soit 2 à 4 fois plus élevée. L’ensemble du dispositif est piloté par la direction de l’énergie et du climat (DGEC), qui comptabilise les CEE délivrés ou achetés :

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SOURCE : La lettre du climat – Février 2025.