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PARIS : Fondapol – Qui détient la dette publique ?

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PARIS : Fondapol – Qui détient la dette publique ?

Grâce à la mondialisation financière, les grands pays de l’OCDE avaient pris l’habitude, depuis une trentaine d’années, d’emprunter dans des conditions extrêmement favorables auprès de leur secteur financier domestique, mais aussi auprès de l’ensemble des créanciers internationaux présents sur les marchés.

Au cours de cette période, les grands États émetteurs ont su établir leurs propres modèles de financement, accordant une place plus ou moins grande aux différentes catégories de créanciers en fonction des caractéristiques de leur économie.

La crise économique et financière de 2008-2010 a considérablement fragilisé ces modèles de financement. Elle a provoqué un accroissement considérable des émissions de dette publique, au risque de remettre en cause la confiance des créanciers et de provoquer de graves tensions sur les marchés de la dette souveraine. Les crises grecque et irlandaise ont marqué le retour du Fonds monétaire international en soutien de pays membres de l’OCDE placés dans l’incapacité de refinancer leurs échéances de dette.

Les plus grands émetteurs de la planète, même s’ils ont jusqu’à présent réussi à financer sans dommages leurs besoins de financement considérables, s’interrogent tous sur leur capacité à conserver la confiance de leur base d’investisseurs.

Les grands émetteurs ont répondu à ces nouvelles menaces de façon dispersée, adoptant chacun des stratégies de financement de leur dette toutes porteuses de risques pour l’avenir. Le recours massif du Royaume-Uni et des États-Unis au financement monétaire de la dette publique fait courir un risque de crise inflationniste et de crise du change. La dépendance accrue des États-Unis aux créanciers extérieurs pourrait être une source de tensions internationales. La zone euro est confrontée à un vrai risque de fragmentation interne si elle ne sait pas adopter à temps les réformes nécessaires pour rétablir des conditions de financement acceptables pour l’ensemble de ses États membres. Le Japon tente de préserver un modèle de financement exclusivement domestique de son énorme dette publique mais va se trouver rapidement confronté à une insuffisance d’épargne domestique. Pour contenir ces risques, l’engagement des grands pays de l’OCDE dans des stratégies crédibles de maîtrise de leur endettement et une forte coordination internationale dans le cadre du G20 seront indispensables.

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SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 14 février 2025.