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PARIS : Dette publique, nous dansons au bord du gouffre

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PARIS : Dette publique, nous dansons au bord du gouffre

Flavien Neuvy, Maire de Cébazat, Conseiller départemental du Puy-de-Dôme, Président de l’Association des maires du Puy-de-Dôme et économiste.

Le gouvernement de Michel Barnier est tombé et nous avons fait, dans le même temps, un pas supplémentaire vers ce gouffre au bord duquel nous dansons depuis trop longtemps.

L’agence de notation S&P a maintenu inchangée, la semaine dernière, la note AA- de la France. Mais ne nous y trompons pas : dans son rapport, la principale agence mondiale de notation s’inquiète du « risque considérable » que les mesures d’économies préparées par le gouvernement ne se concrétisent pas. Or, les chiffres donnent le tournis : un déficit de 6 % rajouterait 180 milliards d’euros de dette supplémentaire, alors que cette dernière est déjà au-delà des 3 200 milliards d’euros. Cette incapacité à maîtriser nos dépenses publiques, doublée d’une instabilité politique mortifère, commence à nous coûter cher. L’État français se refinance à des taux plus élevés que l’Espagne ou le Portugal, et au même prix que la Grèce. Les investisseurs demandent à être mieux rémunérés en contrepartie de leur argent prêté à la France, car ils considèrent que notre pays devient un mauvais élève en matière budgétaire.

Pour autant, la France n’est pas la Grèce de 2010, et un défaut de paiement sur notre dette n’est pas l’hypothèse la plus probable. On se dirige plutôt vers une hausse régulière des taux, qui viendrait alourdir la charge de la dette que nous payons chaque année. Cette dernière pourrait passer d’environ 30 milliards d’euros par an jusqu’en 2021 à 55 milliards cette année. Les projections montrent qu’elle pourrait atteindre 75 milliards d’euros en 2027. En l’espace de quelques années, nous allons payer 45 milliards d’euros de plus à nos créanciers chaque année. CHAQUE ANNÉE.

C’est autant d’argent en moins pour nos hôpitaux, nos armées, notre justice… C’est autant de factures en plus que nous envoyons aux générations futures. C’est moralement indéfendable et économiquement pas tenable.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.