PARIS : Le capital-amorçage au beau fixe, un segment de fin…
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PARIS : Le capital-amorçage au beau fixe, un segment de financement crucial pour l’écosystème entrepreneurial
Alors que les montants des levées de fonds ont très significativement baissé en 2023 sur fond de repli de l’économie mondiale, le capital-amorçage tire son épingle du jeu.
Ce dynamisme contribue à faire émerger une nouvelle génération de start-ups dans des secteurs en pointe comme la Deep Tech dont la Santé, la Défense ou la Cybersécurité, leviers de la souveraineté industrielle française.
Sur les dix dernières années, les fonds investis par l’écosystème des Business Angels (BA) ont permis le financement de 350 nouvelles entreprises par an, soit une contribution significative au paysage entrepreneurial français. Plusieurs d’entre elles figurent aujourd’hui parmi les jeunes pousses devenues licornes, telles que AirCall et ContentSquare…
Signe de la bonne santé de l’investissement dans notre pays, la French Tech a levé 9 Md€ en 2023, un montant, certes, 30% inférieur à celui levé en 2022 mais près de deux fois supérieur au niveau enregistré avant la pandémie (5 Md€), qui place maintenant la France comme second pays européen en capital-risque tant en montants levés qu’en nombre d’opérations, après la Grande Bretagne, mais devant l’Allemagne selon le Baromètre 2023 In Extenso Innovation Croissance*.
Business Angels : un bilan 2023 encourageant dans un paysage morose
Le bilan 2023 des BA reste positif, au vu du chiffre global des investissements de 73,7 M€ pour 441opérations, contre 394 l’année précédente :
· 29,1 M€ en premiers tours,
· 21 M€ en refinancement,
· 23,6 M€ par les BA indépendants.
Les refinancements ont été particulièrement en hausse (195 opérations contre 116 en 2022), avec un total de 21 millions d’euros, soit presque deux fois plus que l’année précédente. Le numérique reste le principal secteur d’investissement (34 %), suivi de la santé (25 %) et des biens de consommation (9 %).
* In Extenso Innovation Croissance est certifié Great Place To Work et a obtenu le label RSE Positive Company®. Plus d’informations : site web : www.inextenso-innovation.fr
Comme l’indique Jacques Meler co-président de France Angels « Les Business Angels sont restés fortement mobilisés en soutenant les start-ups pour les financer et les refinancer dans un contexte de raréfaction des capitaux. La croissance de plus de 1 0% des montants et du nombre d’entreprises financées en témoigne. Premiers investisseurs privés à rentrer au capital nous assumons un risque maximum et répondons présents dans la période actuelle ».
Structurer le segment de l’amorçage
L’action des Business Angels a largement contribué à consolider le segment du capital-amorçage, historiquement délaissé par les investisseurs institutionnels. La présence de BA au tour de table des jeunes sociétés est gage de confiance pour les partenaires, comme en atteste les éléments de co-investissement. Elle génère un effet d’entraînement qui attendrait « X3 ». Cela témoigne de la qualité des projets sélectionnés et de la capacité des entrepreneurs à accélérer leur développement sur des tours de série A, B et au-delà.
Des impacts positifs et multiples
L’action des BA a de ce point de vue réussi à impulser une puissante dynamique au sein de l’écosystème de l’innovation. La présence de BA au tour de table a pu contribuer aux synergies apportées par leurs partenaires publics et privés parmi les instituts de recherche, les structures d’incubation ou d’accélération ou encore les grands groupes industriels.
Au niveau économique, souvent ces sociétés ne réalisaient pas de chiffre d’affaires au moment de l’investissement initial par les BA. Une audace et un courage que seuls les acteurs de l’amorçage ont. Près de la moitié des montants investis sont inférieurs à 200k€, ce qui implique que les BA arrivent à un stade très précoce du développement de l’entreprise, dans un temps fragile qui appelle accompagnement et pédagogie au management.
Pour Antoine Fuyet CEO de Champerché, jeune pousse du secteur de l’AgriTech et de l’Impact qui poursuit sa forte croissance et qui a été bénéficiaire d’un soutien dès sa première heure : « la relation avec le Business Angels est unique, elle dépasse largement le soutien financier et apporte un soutien majeur du quotidien aux jeunes entrepreneurs. »
Et pour mieux comprendre les ressorts de ce duo avec Patrick Mole, BA de Paris Business Angels, découvrez leurs témoignages dans « Nous bâtissons l’avenir avec Champerché »
En termes de développement des territoires, si les financements restent concentrés en Ile-de-France, une part importante des sociétés financées sont basées en régions, qui totalisent un investissement supérieur à la capitale, avec une dominante forte sur l’Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est et PACA, où plusieurs d’entre elles ont même pu installer des usines de production industrielle. Ces sociétés adressent ainsi pour la plupart les enjeux clés identifiés par la stratégie nationale pour la recherche et l’innovation portée par France 2030 dans les secteurs de la santé, de l’industrie, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, de l’environnement et de l’énergie, etc
Ces sociétés constituent de plus en plus des viviers d’innovation ou des relais de croissance pour les grands groupes français ou internationaux.
Accélérer le développement des startups grâce aux mesures « Jeunes Entreprises »
Pour doper cette dynamique, le député Paul Midy a porté des mesures significatives au profit des Jeunes entreprises. Celles-ci ont été annoncées par le président de la République à VivaTech en juin dernier, puis adoptées dans la loi de Finances pour 2024-2028. Elles facilitent notamment la levée de fonds grâce à une incitation fiscale pour les particuliers à investir dans Jeunes Entreprises d’Innovation de croissance ou de rupture (JEIC ou JEIR) avec une réduction d’impôt sur le revenu en pourcentage du montant investi.
Le soutien renforcé à l’innovation de rupture (Deep Tech) se concrétise ainsi par la création du statut « Jeune Entreprise d’Innovation de Rupture » (JEIR), premier statut reconnaissant officiellement l’innovation de rupture, et une incitation fiscale avec un taux de réduction d’impôt sur le revenu de 50%, contre 30% pour les JEIC. (30 % pour les JEIC dès 2024, pour des montants investis jusqu’à 150 000€ par foyer fiscal (75 000€ par personne), donc jusqu’à 50 000€ de réduction possible d’impôt sur le revenu (hors plafond des niches fiscales).
Ces mesures vont permettre de doubler le nombre de jeunes entreprises innovantes concernées par ces aides et d’apporter un soutien renforcé à l’innovation de rupture.
« Ces mesures élargissent les perspectives pour nos business angels et nos réseaux. Pour France Angels, elles vont constituer un accélérateur du développement de nos start-up et de leur financement (surtout pour les innovations de rupture) », souligne Alain Pujol co-Président de la France Angels.
A propos :
France Angels est la fédération nationale française des business angels. Elle fédère plus de 65 réseaux de business angels sectoriels, affinitaires ou territoriaux dans toute la France. France Angels est un membre fondateur de Business Angels Europe. www.franceangels.org



