PARIS : Institut pour la Justice – Cet homme, le père…
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PARIS : Institut pour la Justice – Cet homme, le père de Lola, est mort deux fois
Le 14 octobre 2022, le corps de Lola, 12 ans, a été retrouvé dans une valise à proximité de son immeuble dans le XIXe arrondissement de Paris.
La fillette a été démembrée, sa tête à moitié arrachée. L’autopsie le confirme, elle a été violée et asphyxiée.
L’enquête va vite, une suspecte est arrêtée. Il s’agit de Dahbia Benkired, jeune femme sans domicile fixe, de nationalité algérienne, sous la menace d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) émise un mois auparavant.
Mais la procédure n’avait pas été exécutée, Dahbia Benkired était donc libre d’aller et venir.
Et Lola est morte.
C’était il y a un peu plus de 2 ans.
Je pourrais vous parler à nouveau de la façon dont l’orchestre politico-médiatique s’est mis à jouer. Dès qu’un élu ou un commentateur osait évoquer la défaillance de l’Etat ou la non-application de l’OQTF il était cloué au pilori et fustigé.
Horreur, il avait osé faire de la “récupération politique d’extrême droite” (alors que la principe même de la politique, c’est de parler de ce qui ne va pas).
Mais mon coeur est trop lourd aujourd’hui, car ce week-end, nous avons appris la mort de Johan Daviet, le père de Lola.
Une crise cardiaque a emporté cet homme de 49 ans qui était, depuis le 14 octobre 2022, broyé par le chagrin. Le meurtre de sa fille a été le début de sa propre agonie.
Johan Daviet, en proie à des problèmes d’alcool, n’avait plus d’emploi et était en procédure de divorce avec sa femme. Il avait confié dans une interview l’été dernier que les journées pour lui “ duraient 48 heures”. La vie sans Lola était longue et douloureuse.
J’adresse mes plus sincères pensées à sa famille, notamment à son fils. J’espère que Johan Daviet a trouvé la paix auprès de la petite fille enjouée et pétillante dont il a été amputé.
Nous imaginons les derniers mois de cet homme, rongé par la culpabilité paternelle de n’avoir pas su protéger sa fille. Mais il y a des prédateurs contre lesquels les parents sont impuissants. Lola a croisé la route de l’un d’eux.
Des prédateurs qui n’auraient pas dû être en France. Des barbares issus bien souvent d’une politique migratoire aveuglée et dangereuse, et passés bien souvent aussi par une Justice complètement déconnectée, voire inexistante…
Johan Daviet a fait tout ce qu’il fallait pour Lola. Il n’aurait pas pu protéger sa fille davantage.
L’histoire de leur famille est tragique et l’État français en est responsable.
Je ne l’écris pas pour raviver des polémiques, je l’écris car c’est la vérité et que cela nous concerne tous.
Le combat de l’IPJ pour prouver l’inaction de l’État en matière de sécurité se poursuit. Nous y mettons toute notre énergie et tout notre coeur.
Ce combat, je le dédie aujourd’hui à Johan Daviet.
Axelle Theillier
Présidente de l’Institut pour la Justice


