
PARIS : Reportage « Le trait d’union »
Le Déclic, c’est ce moment où l’on se dit qu’on va braver l’impossible, et c’est ce qu’il s’est passé avec Mathieu Ferreira et son ami Majed Bourguiba, qui ne pensait plus pouvoir plonger après son accident de moto.
Une façon aussi de montrer qu’un autre chemin est possible, comme celui proposé par Le Trait d’Union, un lieu qui accompagne les jeunes filles mères, les aide à « faire famille » et à poursuivre leurs rêves, malgré les difficultés.
Elles ont entre 13 et 17 ans. Elles sont ados et déjà mères ou en voie de le devenir. Le Trait d’union accompagne ces jeunes filles à accueillir leur enfant, essayer de faire famille malgré leur trajectoire cabossée, et assumer cette nouvelle vie, trait d’union vers leurs rêves.
Vendredi 20 octobre, 8h50. Daniella*, les cheveux tirés en chignon, installe machinalement son bébé pour le petit déjeuner. Leur tête-à-tête silencieux est rompu par la voix de Caroline Jourdain qui murmure : « Parle à ta fille. Elle vient d’enlever son bavoir. » La maman, qui porte un gilet trop grand pour elle, s’exécute. Daniella est une mère mineure. Elle a 13 ans, sa fille Adèle*, 15 mois. Elles sont rejointes par un autre duo mère fille. Renata* 17 ans, des couettes tressées sur la tête, donne elle aussi le biberon à sa fille de 2 ans, Violette*. C’est le rituel du matin avant le départ pour la crèche. Les jeunes mamans et leurs enfants sont hébergées dans un lieu de vie et d’accueil appelé Le Trait d’union, membre de l’association Le Répit.
En France, en 2019, 4 111 naissances étaient le fait de mères mineures, soit 0,5 % des naissances. Le département de l’Essonne où se situe le lieu comptait 48 mères mineures en 2020. La direction de la protection maternelle et infantile et de la santé (dpmis) a suivi 62 filles de moins de 18 ans enceintes. Cette maison était une demande du conseil départemental pour répondre à cette problématique
territoriale.
*Tous les prénoms ont été modifiés.


