LA GARDE FREINET : Vive les cloches qui doivent être mainte…
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LA GARDE FREINET : Vive les cloches qui doivent être maintenues !
La Garde-Freinet est un charmant village du Golfe de Saint-Tropez, niché au cœur du Massif des Maures, qui a la chance que la route nationale qui, autrefois, le traversait ait été déviée, ce qui est un luxe pour les 1800 habitants de ne pas être envahis par le bruit, le danger, l’odeur et la pollution des voitures, elles se garent à l’extérieur sur un immense parking à deux pas.
C’est un joli village provençal où nombreux sont ceux qui ont fleuri le devant de leur maison où ils ont installé une table et des chaises prêtes à recevoir avec convivialité et gentillesse leurs voisins et amis pour un apéro Pastis et olives du pays. L’air est pur grâce à la forêt qui le domine et l’altitude de 370 mètres, c’est la demi-montagne à seulement douze kilomètres de la mer.
C’est un village à taille humaine où chacun se dit bonjour, même ceux qui ne se connaissent pas qui s’accostent gaiement pour papoter dans la rue ou aux terrasses des cafés. Un certain bon sens de la campagne y règne. Dès les beaux jours, les enfants jouent encore, comme avant, encourant dans la rue piétonne, ce qui est rare aujourd’hui où ils sont plus souvent absorbés par l’écran et les jeux-vidéo de leurs tablettes.
C’est un village qui vit à l’année où les restaurants et commerçants restent ouverts tout l’hiver. Où les habitants sont heureux. Heureux de respecter leurs traditions provençales avec la Bravade en mai, la montée nocturne à la Croix avec des flambeaux à Noël, la plus belle crèche du monde de Maxime Codou à la Chapelle Saint-Jean qui a attiré cette année plus de 35000 visiteurs, le pèlerinage suivi d’un pique-nique à la Chapelle Notre-Dame de Miremer en septembre, la Fête de la Châtaigne en octobre, le Festival de la Forêt en mai.
C’est un village qui vit au rythme de la nature avec ses vents violents, les couleurs éclatantes de son ciel, les sublimes glycines qui embaument au printemps, ses roches blanches et leur puissant magnétisme qui décuple leur énergie tellurique.
La Garde-Freinet, c’est l’authenticité, la convivialité, la beauté, qui a d’ailleurs toujours eu la réputation d’attirer des gens intéressants, autrefois Jeanne Moreau, Liam Neeson, l’aristocrate anglaise Lady Jane pour laquelle les Rolling Stones ont écrit leur fameuse chanson, l’écrivain Serge Rezvani. Aujourd’hui l’essayiste Olivier Todd et le réalisateur Philippe Harel y possèdent une maison. Bref, c’est un village à part. Un village idéal.Un village discret. Un village du bonheur.
Et là, patatras, voilà qu’une personne qui, paraît-il, vient d’acheter une habitation dans le village, s’est plainte des cloches de l’église qui le réveillent la nuit. C’est soudain le branle-bas de combat. Le maire Thomas Dombry a lancé une consultation citoyenne qui est ouverte jusqu’au 26 février 2024 afin de recevoir l’avis des habitants s’ils désirent maintenir ou non les cloches de minuit à 5 heures du matin. Les langues se délient. Après que Marcelline l’aubergine ait posé la question sur un post Facebook qui a été grandement partagé et commenté, elle a interviewé de nombreux villageois, il en ressort que de l’avis général, les Gardois veulent garder leurs cloches qui ponctuent leurs nuits. En effet, pour ceux qui ont le sommeil léger, elles sont comme une sorte de rendez-vous qui leur indiquent l’heure. Et puis, les cloches de La Garde-Freinet ont un son très harmonieux, délicat, subtil, à la bonne fréquence, inspirant même, rien de bruyant ou d’invasif comme les bruits assourdissants de la télévision ou de la radio.
Et où va-t-on si soudain le maire à qui la décision de dire oui ou non incombe, accepte le desiderata de cette personne et arrête les cloches la nuit. Ce serait la porte ouverte à tous les excès, comme interdire aux ânes que l’on entend régulièrement de braire, aux coqs de chanter, aux martinets qui bouffent tous nos moustiques de gazouiller, aux oies de cacarder, aux chiens d’aboyer, aux chats de miauler, aux enfants de rire, aux adultes de chanter et de danser car c’est un village qui danse beaucoup l’été.
Et pourquoi pour une personne à qui il n’a jamais été caché que les cloches sonnaient toutes les heures, la vie harmonieuse et bien organisée d’un village entier devrait être chamboulée ?
Sur ce lien vous pouvez regarder l’histoire de la Croix de La Garde-Freinet que je raconte à ma petite Marcelline l’Aubergine pour sa chaîne Youtube, une histoire drôle et émouvante, une histoire digne de Don Camillo, car c’est ça aussi le charme de La Garde-Freinet, un panel de personnages haut en couleurs qui ont toujours su prendre les bonnes décisions avec humour et bienveillance.
https://youtu.be/o71LguMM_TY?si=0VP_GEH_RsdGKZSG
Sylvie Bourgeois Harel


