PARIS : Défaillances d’entreprises – L’AGS s’attend à un record historique de 75 000 faillites en 2026
L’AGS alerte sur une vague de faillites sans précédent en 2026, projetant un soutien record de 2,6 milliards d’euros aux salariés.
La conjoncture économique française continue de se dégrader en 2026. L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances Salariales (AGS) dresse un bilan alarmant à mi-parcours de l’année, confirmant une amplification des difficultés pour les entreprises. Au 30 juin, l’organisme a déjà avancé 1,31 milliard d’euros pour garantir le paiement des salaires, soit une augmentation de 19,4 % par rapport à la même période en 2025.
Dans ce contexte, les prévisions tablent désormais sur un nombre de défaillances compris entre 71 000 et 75 000 sur l’ensemble de l’année. Si la tendance actuelle se maintient, les avances de l’AGS pourraient atteindre le sommet historique de 2,6 milliards d’euros, un niveau jamais vu depuis la création du régime en 1974.
Une crise qui change de dimension
Après une année 2025 déjà marquée par plus de 2,2 milliards d’euros d’avances, les chiffres du premier semestre 2026 indiquent une nouvelle aggravation. L’AGS a accompagné 157 983 salariés, soit 12 % de plus qu’un an auparavant, et près de 14 000 nouvelles procédures sollicitant son intervention ont été ouvertes.
Cette escalade traduit un changement dans la nature des défaillances : la part des moyennes et grandes entreprises augmente, entraînant des conséquences sociales plus lourdes.
« Les difficultés que nous observons depuis plusieurs trimestres ne relèvent plus d’une situation ponctuelle. Elles traduisent une fragilité durable de nombreuses entreprises confrontées à un environnement économique dégradé. Les défaillances que nous accompagnons sont souvent plus importantes et produisent un impact social plus marqué », analyse Christian Nibourel, président de l’AGS.
Des secteurs fragilisés et des salariés plus qualifiés
L’analyse sectorielle montre que l’ensemble de l’économie est touché. L’industrie demeure le secteur le plus exposé, avec 295 millions d’euros d’avances (+28,6 % sur un an), suivie du commerce (211 millions d’euros, +27,6 %). Cependant, les hausses les plus spectaculaires concernent le transport et l’entreposage (+38,4 %) ainsi que l’hébergement-restauration (+37,7 %).
Le profil des bénéficiaires évolue également. L’avance moyenne par salarié atteint désormais 8 294 euros à fin juin 2026, contre 7 779 euros un an plus tôt. Cette augmentation suggère que les faillites affectent de plus en plus des emplois qualifiés, occupés par des salariés ayant une plus grande ancienneté.
Des disparités territoriales marquées
Certaines régions sont plus durement frappées. Les Hauts-de-France enregistrent une progression spectaculaire du nombre de salariés accompagnés (+10 355), tout comme l’Occitanie (+2 312). Ces écarts soulignent la vulnérabilité de bassins économiques très dépendants des secteurs industriel et commercial, actuellement sous forte pression.
La garantie des salaires, un rempart maintenu
Malgré cette forte augmentation de l’activité, l’AGS assure maintenir sa capacité d’intervention. L’organisme souligne que plus de 80 % des relevés de créances salariales continuent d’être traités en moins de 48 heures, offrant une protection rapide aux salariés dans une période d’incertitude.
« Cette capacité d’intervention rapide constitue un facteur essentiel de protection des salariés confrontés à la défaillance de leur employeur », affirme Antonin Blanckaert, directeur général de l’AGS.
À propos de l’AGS
Créé en 1974, le régime de garantie des salaires (AGS) a pour mission de protéger les salariés lors des défaillances d’entreprises. Acteur de la protection sociale, il intervient quelle que soit la taille de l’entreprise et le nombre de salariés impactés. Ce dispositif de solidarité interentreprises est composé de 250 personnes réparties en 15 centres en France métropolitaine et dans les DROM. L’AGS accompagne et soutient les entreprises et leurs salariés tout au long de la procédure collective. En 2025, l’AGS a accompagné près de 250 000 salariés, pour un montant total avancé de plus de 2,2 milliards d’euros.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


