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LILLE : Marché de l’art – Une œuvre de Lê Thi L…

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LILLE : Marché de l’art – Une œuvre de Lê Thi Luu, disparue depuis 25 ans, refait surface et est estimée jusqu’à 200 000 euros

Absente du marché depuis un quart de siècle, une « Maternité » sur soie de l’artiste vietnamienne Lê Thi Luu, retrouvée dans le Nord, sera mise aux enchères en septembre.

Une peinture sur soie de Lê Thi Luu (1911–1988), figure majeure de l’art moderne vietnamien, sera la pièce maîtresse d’une vente aux enchères organisée par la maison Artefact Enchères à Lille, le 12 septembre 2026. L’œuvre, une Maternité datée de 1973, a été redécouverte fortuitement dans une collection privée des Hauts-de-France. Non répertoriée et absente des circuits de vente depuis plus de vingt-cinq ans, elle est estimée entre 150 000 et 200 000 euros, un montant qui pourrait être largement dépassé au vu de la dynamique actuelle du marché.

Une découverte inattendue

C’est lors d’un inventaire dans la région lilloise que Maître Lara Schweitzer, commissaire-priseur associée d’Artefact Enchères, a repéré l’œuvre, qui n’était initialement pas destinée à l’expertise. La propriétaire ignorait totalement la valeur et l’importance du tableau qu’elle détenait.

« C’est à la faveur d’un inventaire dans la région de Lille que j’ai découvert cette peinture sur soie dont j’ai perçu la qualité d’exécution au premier coup d’œil. La propriétaire n’avait pas prévu de me la montrer. J’ai demandé à décrocher le tableau pour l’examiner. Elle ne soupçonnait pas ce qu’elle possédait. Nous sommes ravis de proposer cette œuvre inédite aux collectionneurs — elle devrait susciter l’intérêt des enchérisseurs internationaux », détaille Maître Lara Schweitzer.

L’expertise a rapidement confirmé l’attribution à Lê Thi Luu. Une étiquette au dos de l’œuvre a permis de retracer sa provenance : la Galerie J. Le Chapelin à Paris, active entre 1948 et 1977, l’une des rares à avoir défendu les artistes de l’École de Hanoï en France. Acquise par une famille du Nord, la peinture y est restée depuis, transmise de génération en génération.

Lê Thi Luu, pionnière et figure de l’École de Hanoï

Née en 1911, Lê Thi Luu est considérée comme la première femme peintre professionnelle du Vietnam moderne. Elle fut la seule femme à intégrer le cercle des quatre grands maîtres de l’École des Beaux-Arts d’Indochine établis en France, aux côtés de Lê Pho, Mai Trung Thu et Vu Cao Dam. Sortie major de sa promotion en 1933, elle s’installe définitivement en France après l’Exposition internationale de 1937.

La Maternité de 1973 est caractéristique de sa période la plus aboutie. Réalisée à l’encre de couleur et gouache sur soie, la composition opère une synthèse entre la tradition picturale occidentale, rappelant la Tempi Madonna de Raphaël, et les techniques traditionnelles vietnamiennes. L’influence de Renoir et Bonnard s’y mêle à la délicatesse d’un support qui absorbe la couleur et diffuse une lumière singulière.

Un marché en pleine effervescence

La redécouverte de cette œuvre intervient dans un contexte de forte valorisation pour les artistes de l’École de Hanoï. Selon les données du marché, leurs adjudications enregistrent une croissance annuelle moyenne de 21 % à 26 % depuis le début des années 2000. Cette dynamique est portée par une forte demande des collectionneurs asiatiques, notamment vietnamiens, désireux de rapatrier un patrimoine dispersé, et par une reconnaissance institutionnelle croissante en Europe.

Le statut de Lê Thi Luu, seule femme de ce groupe emblématique, lui confère une cote particulière, profitant de la réévaluation actuelle des artistes femmes longtemps sous-représentées. Ses maternités sur soie sont particulièrement recherchées : des œuvres comparables ont récemment été adjugées entre 320 000 et 590 000 euros lors de ventes à Paris et Hong Kong.

Informations pratiques

La vente se tiendra le samedi 12 septembre 2026 à 14h à l’Espace Inkermann-Châtillon, à Lille. Elle sera également accessible en ligne sur les plateformes Drouot Digital et Interenchères. Une exposition publique précédera la vente le vendredi 11 septembre et le samedi 12 au matin. Pour les collectionneurs parisiens, l’œuvre est visible sur rendez-vous au Cabinet Chanoit jusqu’à début septembre. Le catalogue complet est disponible sur le site de la maison de ventes.

À propos d’Artefact Enchères

Fondée en juin 2024 par les commissaires-priseurs Maître Lara Schweitzer et Maître Hugues Watine, Artefact Enchères est une maison de ventes implantée à Lille, disposant également d’un bureau à Arras.

L’étude propose une gamme complète de services, incluant des ventes aux enchères publiques et judiciaires, des expertises à domicile et des inventaires dans toute la région des Hauts-de-France. Ses spécialités couvrent les tableaux, les bijoux, le mobilier, les arts décoratifs, la mode ou encore les vins.

En mars 2026, Artefact Enchères s’est illustrée en adjugeant une peinture flamande du 17ème siècle, redécouverte dans une succession lilloise, pour la somme de 1 025 000 euros.

Plus d’informations sur : artefact-encheres.com

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).