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JOIGNY : Recyclage textile – REC transforme les collants usagés en nouvelle matière première industrielle
À Joigny, dans l’Yonne, la start-up REC inaugure son laboratoire et produit les premiers granulés de polyamide recyclé français à partir de collants usagés.
Un symbole de la mode éphémère pourrait devenir une ressource stratégique pour l’industrie française. À Joigny, l’entreprise REC (anciennement Écollant) vient de franchir une étape décisive en inaugurant son laboratoire opérationnel, capable de produire les premiers granulés de polyamide recyclé (rPA) issus de collants et bas en fin de vie. Une innovation qui vise à transformer un déchet textile massif en une matière première à haute valeur ajoutée.
Chaque année en France, ce sont environ 104 millions de paires de collants qui finissent à la poubelle, représentant plus de 7 000 tonnes de déchets complexes, jusqu’ici non recyclés. REC ambitionne de capter ce gisement pour le réintroduire dans un circuit économique vertueux.
Un double enjeu environnemental et économique
Derrière son apparence anodine, le collant cache un lourd bilan écologique. Majoritairement fabriqué en Asie du Sud-Est à partir de procédés pétrochimiques, le nylon qui le compose parcourt près de 14 000 kilomètres avant sa commercialisation en Europe. Sa production est également gourmande en ressources, nécessitant jusqu’à 750 litres d’eau pour une seule paire.
Ce coût environnemental est aggravé par une durée de vie extrêmement brève. Une étude de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) révèle que 72 % des collants sont jetés après seulement six utilisations. À cette problématique s’ajoute une tension économique croissante sur le polyamide vierge, dont les prix ont fortement augmenté en raison des coûts de l’énergie et des matières premières. Le recyclage apparaît ainsi comme un levier de souveraineté industrielle.
Une innovation deeptech pour une boucle fermée
Fondée en 2019 à Auxerre sous le nom d’Écollant, la start-up, devenue REC fin 2025 et désormais implantée à Joigny, a mis au point un procédé de recyclage physico-chimique. Cette technologie de pointe permet de traiter les textiles techniques complexes, notamment les mélanges de polyamide et d’élasthanne, que les filières de recyclage mécanique traditionnelles ne peuvent pas valoriser.
Avec l’ouverture de son laboratoire, REC passe d’une production expérimentale à une capacité de plusieurs dizaines de kilogrammes de granulés par mois. Ces granulés de rPA français sont désormais prêts à être réintégrés dans les chaînes de production, marquant un prélude à l’ouverture prochaine d’une usine à plus grande échelle.
Construire une filière française du nylon recyclé
L’ambition de REC dépasse la seule innovation technologique. L’entreprise vise à structurer une véritable filière française du nylon recyclé, de la collecte du déchet à la production de la nouvelle matière première. En relocalisant cette activité, elle entend réduire la dépendance aux importations de matières vierges, sécuriser l’approvisionnement des industriels et accélérer la transition du secteur textile vers une économie circulaire.
Pour y parvenir, REC déploie un programme stratégique de collecte à l’échelle nationale. L’objectif est de tisser un réseau avec les marques, les distributeurs et les consommateurs pour récupérer des volumes significatifs de textiles riches en polyamide. Cette infrastructure est essentielle pour garantir la traçabilité et la qualité des flux, conditions indispensables à l’industrialisation du procédé.
« Pendant des décennies, le nylon a symbolisé l’innovation textile issue de la pétrochimie. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement de produire cette matière, mais de réussir à la récupérer, la purifier et la réintroduire dans une nouvelle boucle industrielle », analyse Laurent Trognon, Président et Fondateur de REC.
« Chez REC, nous voulons démontrer qu’un collant usagé peut redevenir une ressource stratégique. Derrière le recyclage du polyamide, il y a un défi industriel majeur : créer en France une filière capable de transformer des déchets textiles complexes en matière première à haute valeur ajoutée, non seulement pour la mode mais aussi pour de nombreux autres secteurs industriels », conclut-il.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
