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YAOUNDÉ : Industrie – La Banque africaine de développ…

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YAOUNDÉ : Industrie – La Banque africaine de développement propulse la zone portuaire de Kribi

Le Groupe de la Banque africaine de développement officialise son soutien au projet de la zone industrielle de Kribi, véritable levier de croissance.

Une étape décisive pour l’industrialisation du Cameroun a été franchie le 26 février 2026 à Yaoundé. La société « Kribi Port Industrial Zone (KPIZ) », chargée de l’aménagement et du développement de la future zone industrielle adossée au port en eau profonde de Kribi, a été officiellement lancée. Cette cérémonie marque le coup d’envoi d’un projet structurant d’envergure, soutenu financièrement et techniquement par le Groupe de la Banque africaine de développement (https://www.AfDB.org).

L’événement s’est déroulé en présence d’un parterre de personnalités, dont des membres du gouvernement camerounais, des chefs de missions diplomatiques et des représentants d’organisations internationales. Patrice Melom, président du Conseil d’administration de KPIZ et directeur général du Port autonome de Kribi, a présidé cette séance qui a également réuni les actionnaires stratégiques du projet : Africa Global Logistics (AGL), Arise Integrated Industrial Platforms et Belmont Investments LTD.

Un catalyseur de croissance à l’horizon 2040

L’ambition affichée est claire : faire de cette zone industrielle un pôle de compétitivité régionale et un moteur de l’industrialisation inclusive en Afrique centrale. Le projet s’inscrit en droite ligne du Plan directeur d’industrialisation et de la Stratégie nationale de développement du Cameroun. L’objectif est de diversifier la production locale, d’augmenter la part du secteur manufacturier dans le Produit Intérieur Brut (PIB) et de dynamiser les exportations.

Les projections économiques présentées sont particulièrement prometteuses. D’ici 2040, les retombées attendues devraient transformer le paysage économique local. À titre d’exemple, les exportations de cacao et de ses produits dérivés devraient connaître une croissance exponentielle, passant de 11 487 tonnes en 2025 à 191 639 tonnes.

Sur le plan social, l’impact sera tout aussi significatif avec la création d’au moins 50 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects. Les recettes fiscales de l’État devraient progresser de manière substantielle, tandis que l’effet multiplicateur sur l’investissement initial est estimé à vingt fois sa valeur d’origine.

Une ingénierie financière de haut vol

Pour concrétiser cette vision, un montage financier solide a été mis en place sous la houlette du Groupe de la Banque africaine de développement. En tant que chef de file et partenaire stratégique principal, l’institution financière panafricaine s’est engagée à mobiliser l’intégralité du financement public, soit 411 millions d’euros. Parallèlement, la Banque se positionne pour accompagner un financement privé à hauteur de 384 millions d’euros.

Cette synergie entre acteurs publics et privés est au cœur de la stratégie du projet. « L’État garantit la vision stratégique, la stabilité et l’alignement avec les priorités nationales ; le secteur privé apporte le capital, l’expertise technique, la rapidité d’exécution et l’innovation ; la Banque africaine de développement assure le leadership financier, la structuration des financements et la cohérence d’ensemble », a déclaré Léandre Bassolé, directeur général du bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique centrale du Groupe de la Banque.

Il a par ailleurs précisé la portée de cet engagement : « En finançant ce projet stratégique, nous visons, aux côtés du gouvernement camerounais, à catalyser les investissements privés, à créer des emplois durables et à renforcer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et mondiaux ». Ce projet avait d’ailleurs été mis en avant par la Banque lors de l’Africa Investment Forum 2024 à Rabat.

Excellence opérationnelle et environnementale

Au-delà de l’aspect purement financier, le soutien de la Banque africaine de développement inclut un appui technique de haut niveau. L’institution veillera au renforcement des capacités locales et à l’application de standards rigoureux. L’efficacité énergétique, la gestion responsable des ressources et la résilience climatique seront ainsi intégrées au cœur du développement de la zone.

Pour les responsables du port, il s’agit de créer une infrastructure de classe mondiale. « Par cette initiative, le Port de Kribi entend conjuguer la performance d’une infrastructure en eau profonde et l’expertise d’investisseurs de premier plan pour bâtir une zone industrielle portuaire de rang international au service de la transformation économique du Cameroun et du rayonnement de l’Afrique centrale », a affirmé Patrice Melom.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (https://www.AfDB.org) confirme ainsi son rôle central dans le financement du développement sur le continent, en soutenant des infrastructures capables de modifier durablement les équilibres économiques régionaux.