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YAOUNDÉ : Hydrocarbures – Le cycle d’octroi de…

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YAOUNDÉ : Hydrocarbures – Le cycle d’octroi de licences 2026 entre dans sa phase finale

Le cycle d’octroi de licences pétrolières 2026 du Cameroun approche de son terme, avec une date butoir au 30 mars pour neuf blocs stratégiques.

Le cycle d’octroi de licences 2026 au Cameroun, l’une des opportunités d’investissement les plus structurées de ces dernières années en Afrique centrale, entre dans sa phase critique. Lancée le 1er août 2025 par la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), cette initiative vise à valoriser les importantes ressources du pays, qui dispose d’environ 200 millions de barils de réserves prouvées de pétrole et d’un potentiel gazier considérable. Neuf blocs, situés dans les bassins de production éprouvés de Rio del Rey et de Douala/Kribi-Campo, sont proposés aux investisseurs. Ces zones bénéficient déjà d’une couverture sismique 2D et 3D, de puits forés et de prospects identifiés, offrant un point d’entrée attractif dans un secteur régi par le moderne Code pétrolier de 2019. Pour les soumissionnaires, la dernière ligne droite est engagée, la réussite dépendant de leur capacité à présenter une offre non seulement compétitive mais surtout parfaitement conforme à un cadre réglementaire exigeant.

Un calendrier serré pour les investisseurs

Le processus, qui approche de son dénouement, impose un rythme soutenu aux entreprises intéressées. La période de consultation des données techniques, ouverte le 1er septembre 2025, se terminera le 15 mars 2026. Les soumissionnaires potentiels n’auront alors que deux semaines pour finaliser leurs propositions, la date limite de soumission des offres étant impérativement fixée au 30 mars 2026 à 12h00, heure locale. L’ouverture publique des plis se déroulera le même jour à 13h00, en présence des représentants des sociétés candidates. Les résultats finaux de l’appel d’offres seront quant à eux publiés le 24 avril 2026. Ce calendrier serré met l’accent sur la nécessité pour les investisseurs de finaliser rapidement leur évaluation technique, leur structuration juridique et leurs montages financiers.

Des conditions strictes de préqualification et d’éligibilité

La participation est régie par des critères stricts définis dans le Code pétrolier. Seules les « sociétés pétrolières », c’est-à-dire des entités commerciales disposant des capacités techniques et financières avérées pour mener des opérations en toute sécurité et dans le respect de l’environnement, peuvent soumissionner. Le processus est ouvert aux entreprises camerounaises comme étrangères, bien qu’une société étrangère retenue doive obligatoirement créer une filiale enregistrée localement avant la signature du contrat. Les offres peuvent être déposées par une société seule ou par un consortium. Dans le cas d’un consortium ne comprenant qu’une seule compagnie pétrolière, celle-ci doit assumer le rôle d’opérateur et détenir la majorité des parts. L’État camerounais se réserve par ailleurs le droit d’entrer en négociation avec plusieurs soumissionnaires pour un même bloc afin d’obtenir les conditions les plus favorables, et conserve un pouvoir discrétionnaire pour accepter ou rejeter toute proposition.

Neuf blocs stratégiques et des engagements de travail définis

L’appel d’offres porte sur neuf blocs d’exploration situés à proximité de champs déjà en production. Pour chaque bloc, la SNH a défini un programme de travail minimum qui constitue la base d’évaluation des propositions.

– Pour les blocs Ntem, Tilapia, Etinde Exploration et Elombo, les exigences incluent l’acquisition de données sismiques 3D et le forage d’au moins un puits d’exploration.

– Les blocs Kombe-Nsepe et Bomono requièrent une acquisition sismique 2D et/ou 3D, ainsi qu’un puits d’exploration.

– Le bloc Bolongo Exploration nécessite le retraitement des données sismiques 3D existantes et le forage d’un puits.

– Enfin, pour les blocs Ndian River et Bakassi, un remplissage sismique 2D/3D et un puits d’exploration sont exigés.

Un cadre contractuel et financier rigoureux

Selon une analyse du cabinet CLG, les soumissionnaires doivent impérativement préciser dans leur offre le type de contrat pétrolier visé, un choix qui conditionne l’admissibilité de leur dossier. Trois modèles sont prévus par le Code pétrolier : le contrat de concession, le contrat de partage de production ou le contrat de services à risque. Ce choix a des implications juridiques et fiscales majeures, influençant le financement du projet, la gouvernance opérationnelle et les mécanismes de rentabilité.

Au-delà des aspects techniques, les offres doivent intégrer un budget de formation obligatoire, fixé à un minimum de 100 000 dollars par an en phase d’exploration et 250 000 dollars par an en phase d’exploitation. Enfin, chaque soumissionnaire doit joindre une note détaillée sur sa stratégie de protection de l’environnement et de promotion du potentiel local, notamment en matière d’emploi de ressortissants camerounais et d’utilisation de biens et services locaux.