Passer au contenu principal

YAOUNDÉ : Énergie – Le Cameroun ouvre neuf blocs stra…

Partager :

YAOUNDÉ : Énergie – Le Cameroun ouvre neuf blocs stratégiques aux investisseurs internationaux

Le Cameroun ouvre neuf blocs à l’exploration, offrant aux investisseurs un cadre attractif et des données solides avant la clôture des offres en mars.

Le secteur énergétique camerounais entre dans une phase décisive. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) pilote actuellement un cycle d’octroi de licences majeur concernant neuf blocs d’exploration et de production. Cette initiative, qui couvre deux bassins sédimentaires confirmés, arrive à une étape critique avec une date limite de dépôt des propositions fixée au 30 mars 2026. La décision finale est attendue pour la fin du mois d’avril.

Lancé initialement le 1er août 2025, cet appel d’offres concerne des zones stratégiques. Dans le bassin du Rio del Rey (RDR), trois blocs sont disponibles : Ndian River, Bolongo Exploration et Bakassi. Le bassin de Douala/Kribi-Campo (DKC) propose quant à lui six blocs : Etinde Exploration, Bomono, Nkombe-Nsepe, Tilapia, Ntem et Elombo. L’attractivité de ces sites réside dans leur proximité avec des champs de production existants et des infrastructures déjà opérationnelles. Ces zones ont bénéficié de campagnes de forages antérieurs ainsi que de levés sismiques 2D et 3D, offrant aux potentiels acquéreurs une visibilité immédiate sur les prospects.

Un cadre contractuel flexible et sécurisant.

Pour séduire les investisseurs internationaux face à la concurrence mondiale, le Cameroun a mis en place une architecture contractuelle diversifiée. Les opérateurs peuvent opter pour des contrats de concession, des contrats de partage de production ou des contrats de services à risque. La durée des périodes d’exploration a été adaptée aux spécificités de chaque bloc : une période initiale de trois ans (renouvelable deux fois pour deux ans) pour des sites comme Bolongo ou Etinde, et cinq ans pour des zones comme Bakassi.

Les exigences de soumission restent rigoureuses mais claires : les entreprises doivent présenter des programmes de travail incluant le forage de puits d’exploration et des études géoscientifiques, tout en détaillant leurs engagements environnementaux, sociaux et de contenu local. En contrepartie, les conditions fiscales, incluant le partage des bénéfices et les redevances, sont présentées comme négociables pour garantir la compétitivité commerciale des projets.

Cette approche vise à restaurer la confiance dans un contexte où les champs matures connaissent un déclin naturel. La transparence est le maître-mot de cette stratégie, illustrée par la mise à disposition de l’ensemble des données techniques à Yaoundé et à l’étranger. « Ce qui rend le cycle d’octroi de licences du Cameroun si attrayant, c’est la qualité des données techniques disponibles », a expliqué NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. « Les investisseurs peuvent clairement voir le potentiel des réservoirs, planifier leurs stratégies de forage et structurer leur financement en toute confiance ».

Une stratégie gazière à double détente.

Au-delà du pétrole, le gaz naturel occupe une place centrale dans cette stratégie. Les bassins RDR et DKC sont des provinces hydrocarbures confirmées. L’offre camerounaise se distingue par sa capacité à répondre à deux types de demandes. D’une part, les projets terrestres (onshore) offrent des opportunités pour les opérateurs indépendants ciblant le marché domestique. D’autre part, les découvertes gazières offshore ouvrent la voie à l’exportation via le gaz naturel liquéfié (GNL), attirant davantage les grandes compagnies internationales.

« Tant à terre qu’en mer, le Cameroun possède un potentiel énergétique immense et largement inexploité, soutenu par des réserves de pétrole prouvées et d’importantes ressources gazières », a précisé NJ Ayuk. Il ajoute que ces actifs sont cruciaux pour « diversifier le mix énergétique du pays » tout en positionnant le Cameroun comme un « exportateur compétitif sur les marchés mondiaux ».

Des rendez-vous internationaux décisifs.

Le calendrier de ce cycle de licences a été pensé pour coïncider avec les grands événements de la diplomatie économique énergétique. Le forum « Invest in African Energy » (IAE 2026), prévu les 22 et 23 avril à Paris, servira de plateforme immédiate pour examiner ces opportunités et nouer des partenariats techniques et financiers.

Les discussions entamées en France pourront ensuite se concrétiser lors de l’African Energy Week (AEW 2026) qui se tiendra au Cap (Afrique du Sud) du 12 au 16 octobre. Ces événements permettent de transformer le potentiel technique des blocs camerounais en projets financés et opérationnels. « Pour exploiter pleinement la valeur des ressources pétrolières et gazières du Cameroun, il faudra une planification stratégique […] Nous sommes convaincus que ce cycle d’octroi de licences ouvre la voie à cela », a conclu le président de la Chambre africaine de l’énergie.

Pour les investisseurs, la fenêtre de tir est désormais étroite : il reste un peu plus d’un mois pour finaliser les modèles économiques et soumettre les offres avant la date butoir de mars 2026.

La Chambre africaine de l’énergie (https://energychamber.org/) continue de suivre l’évolution de ce dossier majeur pour l’économie de l’Afrique centrale.