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WASHINGTON : William KAHN : « Les États-Unis ne ferment pas…

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WASHINGTON : William KAHN : « Les États-Unis ne ferment pas leurs portes, ils redéfinissent les règles »

Le fondateur de Kahn Partners, William Kahn, conteste l’idée d’un marché américain fermé aux acquisitions européennes, évoquant des règles redéfinies.

Dans une tribune publiée ce mercredi 6 mai 2026, William Kahn, fondateur de la firme de fusions-acquisitions Kahn Partners, prend le contre-pied d’une idée de plus en plus répandue en Europe : celle d’un marché américain devenu inaccessible aux investisseurs étrangers. Selon l’expert des opérations transatlantiques, cette vision est incomplète et masque une réalité plus nuancée où les opportunités demeurent pour les entreprises prêtes à s’adapter à un nouveau paradigme réglementaire.

Un constat nuancé contre les idées reçues

« L’idée s’est imposée ces dernières années : les États-Unis se seraient progressivement fermés aux investissements étrangers, en particulier dans les secteurs sensibles », constate William Kahn. Face aux tensions géopolitiques croissantes et au durcissement des contrôles, de nombreuses entreprises européennes affichent une frilosité marquée à l’idée de se développer outre-Atlantique par le biais d’acquisitions.

Pour le fondateur de Kahn Partners, cette lecture est erronée. Il soutient que les autorités américaines ne bloquent pas l’accès à leur marché, mais qu’elles en transforment les conditions d’entrée. « La réalité des opérations de fusions-acquisitions transatlantiques est plus nuancée. Les autorités américaines ne ferment pas l’accès au marché ; elles en redéfinissent les règles », analyse-t-il. L’enjeu ne serait donc plus une question d’accès, mais de méthode et de préparation.

De nouvelles règles du jeu, plus qu’une fermeture

Les secteurs jugés stratégiques comme la défense, les hautes technologies, la santé ou encore les infrastructures critiques sont au cœur de cette nouvelle approche. Les acquisitions y restent possibles, mais exigent une anticipation rigoureuse des nouvelles contraintes. Le mécanisme de contrôle des investissements étrangers, piloté par le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS), a considérablement renforcé sa vigilance.

Cependant, loin d’être un simple obstacle, ce cadre réglementaire plus strict offre, selon William Kahn, une meilleure prévisibilité pour les acteurs qui l’intègrent en amont. Les entreprises européennes qui adoptent une approche structurée, tenant compte des impératifs de souveraineté nationale, de sécurité des données ou de continuité industrielle, parviennent toujours à finaliser leurs opérations. Le succès dépend désormais de la capacité à « naviguer dans un environnement plus exigeant ».

Un décalage source d’opportunités

L’expert met en lumière un écart significatif entre la perception d’un marché hermétique et la réalité d’un marché devenu plus sélectif. « Ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’écart entre la perception d’un marché fermé et la réalité d’un marché sélectif », souligne-t-il. Ce décalage pourrait, paradoxalement, créer des opportunités stratégiques pour les acquéreurs européens les mieux préparés, qui sauront tirer parti de l’hésitation de leurs concurrents.

Repenser la stratégie d’expansion, un impératif

Dans ce contexte, la question pour les dirigeants européens n’est plus de savoir s’il est encore possible d’investir aux États-Unis, mais bien de définir comment le faire de manière efficace. Alors que la croissance organique peut s’avérer longue et incertaine, les fusions-acquisitions (M&A) demeurent un levier puissant pour accéder rapidement à des technologies de pointe, des compétences et de nouveaux marchés. La clé du succès réside désormais dans l’intégration de ces nouvelles contraintes réglementaires et géopolitiques dès les premières étapes de la stratégie d’expansion.

Kahn Partners (https://www.kahn-partners.com/what-we-do/), fondée en 2012 et basée à Washington D.C. et Los Angeles, est une firme spécialisée dans le conseil en fusions-acquisitions transatlantiques, particulièrement dans les secteurs sensibles et réglementés.