VILLEURBANNE : René COIRO : « Les infrastructures doivent e…
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VILLEURBANNE : René COIRO : « Les infrastructures doivent enfin entrer dans le débat public »
À l’approche des municipales, la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes alerte sur l’état des infrastructures et appelle les candidats à en faire une priorité.
À quelques semaines des élections municipales de 2026, la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) Auvergne-Rhône-Alpes tire la sonnette d’alarme. Lors d’une conférence de presse tenue le 3 mars dernier à Villeurbanne, son président, René Coiro, a appelé les futurs candidats à placer la maintenance du patrimoine régional au cœur de leurs programmes. Face à la dégradation visible et invisible des réseaux, la fédération exhorte à une prise de conscience politique et citoyenne. « Les infrastructures doivent enfin entrer dans le débat public », a-t-il insisté, soulignant l’urgence d’agir pour préserver des biens communs essentiels à la vie quotidienne de 8 millions d’habitants.
Un patrimoine vital mais fragilisé
La région Auvergne-Rhône-Alpes repose sur un socle d’infrastructures colossal, dont la valeur est estimée à 401 milliards d’euros. Ce patrimoine comprend notamment 153 000 km de routes, 104 400 km de réseaux d’eau potable, 44 400 km de réseaux d’assainissement et plus de 16 000 ponts. Pourtant, cet héritage se dégrade dangereusement. Une étude réalisée par l’institut Terram en novembre 2025 révèle que 56 % des Français ont constaté une dégradation de la voirie dans leur commune et que 28 % ont déjà subi une panne sur les réseaux enterrés (eau, électricité, numérique).
Une attente claire des citoyens
Loin d’être un sujet technique réservé aux experts, l’état des infrastructures est devenu une préoccupation majeure pour les électeurs. Selon la même étude Terram, 88 % des citoyens estiment que ce thème doit figurer en bonne place dans la campagne municipale. Plus révélateur encore, 59 % considèrent que l’inauguration de nouveaux aménagements de surface, alors que les réseaux souterrains se détériorent, constitue une erreur de priorité. Les exemples concrets ne manquent pas dans la région : des pertes en eau potable oscillant entre 16 et 28 % selon les territoires, un risque d’inondation menaçant une large part de la population, ou un rythme de renouvellement des réseaux d’assainissement si lent qu’il faudrait plusieurs siècles pour le compléter. Comme le martèle la FRTP, « l’enjeu n’est pas esthétique. Il est vital ».
Un « mandat de la maintenance » soutenu par des outils concrets
Pour la FRTP, l’entretien des infrastructures n’est pas un coût mais le premier moteur du développement local, garant de la sécurité et de la qualité de vie. Se positionnant en partenaire des collectivités, la fédération met à disposition des candidats et des futures équipes municipales une série d’outils gratuits et opérationnels pour les aider à diagnostiquer et planifier les interventions :
* InfraClimat (https://infraclimat.com/) : une plateforme pour analyser la vulnérabilité des infrastructures locales face aux aléas climatiques.
* Monsuivieau.fr (https://www.monsuivieau.fr/) : un outil pour évaluer la performance des réseaux d’eau et identifier les urgences de renouvellement.
* SEVE-TP (https://www.seve-tp.com/) : un service d’évaluation environnementale des différentes solutions techniques envisageables.
* Le Guide des aides (https://www.aides-tpaura.fr/) : un recensement complet des subventions mobilisables par les communes pour financer leurs travaux.
* Le Mémento “Municipales 2026” (https://www.fntp.fr/wp-content/uploads/2025/09/MEMENTO-MUNICIP-CHANGEMENT-CLIMAT-DERN-VERSION-2025_compressed.pdf) : un guide pratique pour intégrer les enjeux d’infrastructures et de transition écologique dans un programme électoral.
Une exigence forte dans la neutralité politique
Tout en rappelant sa totale neutralité politique, René Coiro a formulé deux demandes claires au nom de la profession. La première est de « faire de l’entretien des infrastructures une priorité absolue du mandat 2026-2032 ». La seconde est d’« assumer une démarche de planification : choisir, prioriser, expliquer et agir ». L’objectif commun est d’assurer la modernisation et la sécurisation de ces réseaux indispensables, un enjeu de long terme qui dépasse les clivages partisans.
La Fédération Régionale des Travaux Publics Auvergne-Rhône-Alpes (FRTP AURA) est un syndicat professionnel qui représente 1 632 entreprises spécialisées dans les travaux routiers, le terrassement, l’installation de réseaux et le génie civil, employant au total 41 700 salariés dans les 12 départements de la région. Pour plus d’informations, consultez le site www.frtpaura.fr.

