Passer au contenu principal

TOURS : Bertrand Fougère : « La véritable réussite n’est pa…

Partager :

TOURS : Bertrand Fougère : « La véritable réussite n’est pas de repousser le vieillissement »

Le professeur de gériatrie Bertrand Fougère publie un ouvrage pédagogique pour déconstruire les préjugés sur l’âge et donner les clés d’un vieillissement épanoui.

Dans l’imaginaire collectif, prendre de l’âge reste trop souvent synonyme de déclin, de renoncement et de solitude. Contre ce fatalisme ambiant, le Professeur Bertrand Fougère, gériatre au CHU de Tours, propose un changement de perspective radical dans son nouveau livre, *L’âge, c’est dans la tête*, à paraître le 12 mars aux Éditions Vuibert (https://www.vuibert.fr/). L’expert y défend une approche où vieillir devient une opportunité d’adaptation plutôt qu’une lutte perdue d’avance contre le temps.

Une préparation qui commence tôt.

L’ouvrage s’articule autour de huit thématiques essentielles telles que le sommeil, l’alimentation, la mémoire ou encore les transformations hormonales. La thèse centrale de l’auteur est claire : pour bien vieillir, il faut anticiper. « Si on veut être un vieux en bonne santé, il faut d’abord être un jeune en bonne  santé », souligne le corps médical. Loin des injonctions culpabilisantes, le livre invite à ajuster ses habitudes de vie pour composer avec le temps qui passe, plutôt que de le subir.

« La véritable réussite n’est pas de repousser le vieillissement, mais de grandir avec lui », explique le Pr Bertrand Fougère. Selon lui, il s’agit d’accepter certains renoncements tout en s’autorisant de nouvelles conquêtes, dans une dynamique de mouvement perpétuel.

En finir avec les idées reçues.

Le spécialiste s’attaque méthodiquement aux clichés qui entourent la vieillesse. Concernant le déclin cognitif, souvent redouté, la science apporte aujourd’hui des réponses rassurantes. « Avec l’âge, on perd des neurones », est une affirmation que le gériatre qualifie de fausse : la neurogenèse et la création de nouvelles connexions se poursuivent jusqu’à 90 ans.

Même constat pour la vie intime ou l’activité physique. « Le sport, ce n’est plus de mon âge », est une croyance contre-productive. L’activité reste un levier majeur pour préserver l’autonomie et l’humeur. « Ce n’est pas la pratique qu’il faut arrêter, mais la manière de la pratiquer qu’il faut adapter », précise l’auteur. Quant à la sexualité, elle ne disparaît pas mais se transforme, privilégiant souvent la communication et la connaissance de soi à la performance pure.

Le paradoxe du bien-être.

L’ouvrage met également en lumière le « paradoxe du bien-être ». Contrairement aux attentes, le moral ne s’effondre pas avec les années. Les études rapportées, notamment celles d’Olivier de Ladoucette, indiquent même un pic de bonheur ressenti autour de 65 ans. Cette stabilité émotionnelle s’explique par une meilleure capacité à relativiser et à distinguer l’essentiel du superflu. « Le vrai danger n’est pas d’avoir cinquante ans, mais d’avoir l’impression d’être arrivé au bout du film », analyse le spécialiste.

Un regard optimiste partagé.

La préface est signée par Antoine de Caunes, qui apporte son propre regard sur cette étape de la vie. « Vieillir, c’est partir à la découverte d’une nouvelle aventure, la dernière, de toute évidence, et une aventure différente des autres en ce sens qu’elle s’est enrichie de toutes celles qui l’ont précédée », écrit l’animateur et comédien. Il invite à ne pas se laisser submerger par la nostalgie pour rester ancré dans le présent.

Le livre *L’âge, c’est dans la tête* sera disponible en librairie dès le 12 mars.