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TOULOUSE : Rhoda Scott, la grande « pianiste aux pieds nus » à la Halle aux Grains
Rhoda Scott, figure emblématique du jazz, se produira à la Halle aux Grains le 15 octobre dans le cadre du festival Jazz sur son 31.
« La pianiste aux pieds nus » sera accompagnée des Lady all stars, deux batteuses et un quintet de cuivres, groupe d’instrumentistes exclusivement féminines.
Américaine tombée amoureuse de la France, Rhoda Scott se réjouit de retrouver la Ville rose qui l’a souvent accueillie et nul doute qu’elle transmettra son enthousiasme au public !
Née d’un père noir et d’une mère blanche, d’origine allemande, Rhoda Scott a connu la ségrégation des deux côtés. « Quand j’allais à l’école, les Noirs n’allaient pas à la piscine. Pourtant j’habitais à côté de l’Atlantique. À la plage, la partie réservée aux Noirs était toute petite et bondée de monde. Donc je n’ai pas appris à nager. Quand j’ai changé d’école, je suis arrivée dans une école que de Noirs. Ce n’était pas du racisme, mais je me sentais quand même « différente » des autres. J’avais du mal à trouver ma place ». Sa mère, très pacifiste, l’a aidée à adopter la bonne attitude face au racisme. Bien que marquée, Rhoda Scott n’a pas laissé ces expériences définir sa trajectoire.
Américaine d’origine, elle choisit la France comme lieu de résidence pour étudier avec Nadia Boulanger. Pour elle qui n’a jamais quitté les États-Unis, c’est un vrai choc culturel. « J’ai adoré la joie de vivre des Français. C’est la culture française qui m’a fait tomber amoureuse de ce pays », confie-t-elle. En France pour deux mois, elle s’y installe… et y rencontre son mari « comme tous les musiciens américains ! » s’amuse-t-elle.
Dans le monde du jazz où les femmes étaient souvent cantonnées aux rôles de figuration, Rhoda Scott a tracé son chemin avec talent et détermination. « Au début, j’ai constaté que les femmes étaient là pour être admirées. Ça n’était pas nécessaire d’être une grande artiste ou être talentueuse. Dans mon groupe, les hommes voulaient que je m’habille avec des jupes fendues sur le côté, et que je me mette du vernis à ongles. Heureusement, ça a beaucoup changé, bien sûr. Je pense maintenant que les femmes se méfient même d’une féminité excessive. »
Son dernier album avec les Lady All Stars, composé de toutes les femmes qui ont joué avec elle au cours de sa carrière, est une ode à l’unité féminine dans le jazz. Elle évoque également ses souvenirs de rencontres musicales avec des géants du jazz comme Count Basie et Eric Dolphy.
SOURCE : Conseil départemental de la Haute-Garonne


