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TOULOUSE : Nicolas RICARD : « La facturation électronique peut mettre fin aux retards de paiement »
Selon Nicolas Ricard, PDG d’Axonaut, la facturation électronique, loin d’être une contrainte, est un levier de compétitivité pour les TPE.
Les retards de paiement entre entreprises constituent un mal endémique pour l’économie française, fragilisant tout particulièrement les Très Petites Entreprises (TPE). Avec un délai de règlement moyen dépassant les 40 jours, bien au-delà des cadres légaux, nombre de ces structures voient leur trésorerie mise à rude épreuve. Selon la Banque de France, dans son rapport annuel de 2022 sur les délais de paiement, les impayés figurent parmi les premières causes de défaillance des entreprises. Face à ce constat, la généralisation de la facturation électronique pourrait changer radicalement la donne.
La technologie comme rempart
Pour Nicolas Ricard, PDG d’Axonaut (https://axonaut.com/), une solution de gestion toulousaine destinée aux TPE-PME, cette transformation numérique ne doit pas être perçue comme une simple obligation administrative. « Faut-il pour autant s’y résigner ? Chez Axonaut, notre expérience terrain montre que la facturation électronique peut contribuer à inverser la tendance, bien au-delà de son objectif initial de collecte de la TVA », analyse-t-il. Le premier changement tangible est la fin d’une excuse courante. « Le fameux « je n’ai pas reçu la facture » va devenir marginal grâce à des flux tracés et normés, ce qui réduira mécaniquement les litiges et les délais qui en découlent », poursuit le dirigeant.
Des résultats concrets et chiffrés
L’impact le plus significatif réside dans la numérisation de l’ensemble du cycle de vie de la facture, qui devient un véritable outil de pilotage. L’analyse de Nicolas Ricard s’appuie sur des données collectées auprès des utilisateurs de sa solution. « Sur une année, les entreprises utilisant notre solution affichent un délai moyen de paiement de 15,4 jours. C’est près de 20 jours de moins que la moyenne observée pour les TPE », détaille-t-il. Ces résultats reposent sur des fonctionnalités puissantes : relances automatiques, options de recouvrement simplifié, vérification de la solvabilité intégrée ou encore programmation des paiements.
Les statistiques sont éloquentes : sur plus de deux millions de factures émises via la plateforme en une année, seules 4 % ont nécessité une relance. « Et parmi celles-ci, plus de la moitié ont été réglées après une seule relance automatique », précise Nicolas Ricard. Ce chiffre démontre que de nombreux retards ne sont pas dus à une insolvabilité, mais souvent à de simples oublis ou à un manque de suivi administratif, des frictions que l’automatisation permet de lever efficacement.
Un levier de compétitivité à saisir
Si la facturation électronique ne peut éradiquer la totalité des impayés, notamment ceux liés à des difficultés financières réelles, elle offre un moyen puissant pour éliminer une grande partie des retards évitables. Selon le PDG d’Axonaut, elle permet de « rééquilibrer les relations entre entreprises au bénéfice des plus petites ». L’enjeu pour les dirigeants de TPE est donc de dépasser la vision de la simple contrainte réglementaire pour en saisir l’opportunité stratégique. « Il faut faire le choix de l’action : ne pas la voir comme une obligation, mais comme un outil de pilotage », conclut Nicolas Ricard. En intégrant les fonctionnalités de suivi et de paiement qui l’accompagnent, la facturation électronique s’affirme comme un véritable levier de performance et de sécurité financière pour le tissu économique français.
L’Observatoire des délais de paiement de la Banque de France est consultable en ligne (https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/odp2022_web.pdf).


