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TOULOUSE : La Maison d’à côté aide les femmes à reprendre l…

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TOULOUSE : La Maison d’à côté aide les femmes à reprendre leur souffle

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, zoom sur La Maison d’à côté, gérée par l’association Olympe de Gouges.

Créé il y a une vingtaine d’années avec le soutien du Conseil départemental, ce restaurant associatif accompagne dans leur chemin de réinsertion les femmes victimes de violences. Reportage.

En cuisine et en salle, les femmes sont à l’action. Toutes ne se voient pas en faire leur métier, à l’instar de Fatoumata qui ambitionne de devenir cariste, mais toutes s’accordent à dire que cette expérience est une échappatoire et un motif de fierté. Ce restaurant est l’un des dispositifs d’insertion que propose Olympes de Gouges. Il s’adresse pour une courte période à des personnes très éloignées de l’emploi et en situation de très grande précarité, souvent dans l’attente d’une régularisation administrative. Nathalie Lescalier, cheffe de service du pôle insertion de l’association explique : « Ces dames qui ne pourraient pas exercer ailleurs d’activité professionnelle peuvent travailler jusqu’à 18 heures par semaine et perçoivent un petit pécule. Pour elles, l’enjeu est de rompre l’isolement et de reprendre le chemin de la vie active avec une journée structurée. » Avec ce dispositif d’adaptation à la vie active « c’est un pas vers les autres et un apprentissage des conduites sociales. Ça leur permet de conserver leur dignité par une activité rémunérée », souligne Yetto Mili.

Bankissu et Sarah

Parmi elles, Bankissu, 43 ans, mariée de force au Cameroun, menacée par des policiers, puis abusée à son arrivée en France, a trouvé enfin ici un havre de paix : « Avant, je restais seule à la maison. Là, on partage beaucoup. On blague ensemble et on oublie nos soucis. Et puis cela me permet de gagner de l’argent. Après La Maison d’à côté, j’ai envie d’ouvrir un restaurant franco-africain », s’autorise à rêver Bankissu dont le regard s’embue à l’évocation de ses enfants restés en Afrique. Même son de cloche chez Sarah, 36 ans, maman d’une fille de 12 ans, qui a quitté la Côte d’Ivoire après avoir été reniée par sa famille. Elle a trouvé avec le restaurant le moyen de continuer à vivre : « Au restaurant, avec mes collègues, je passe moins de temps à réfléchir à ma situation. Cela aide à mon intégration en France. Plus tard, j’aimerais être auxiliaire de vie, aider les personnes âgées ou en situation de handicap ».

Pour l’émancipation des femmes

Outre la Maison d’à côté, les domaines d’intervention d’Olympe de Gouges sont nombreux. Tout à la fois centre d’hébergement et de réinsertion sociale pour les femmes victimes de violence conjugales ou intrafamiliales, l’association propose aussi des solutions de logement à moyen terme de type pension de famille. Sylvie Désiré, directrice de l’association, résume : « Au quotidien, nous écoutons, accompagnons et orientons les femmes dans toutes leurs démarches. Ici la parole de chaque femme est entendue et validée. Et puis nous encourageons aussi toutes les initiatives bénévoles qui concourent à ce que les femmes aillent mieux et reprennent confiance (visites chez le coiffeur, séances d’ostéopathie, cours de yoga, etc.). La force de notre association est d’accueillir tout le monde, nous reconnaissons l’Autre dans toute sa dignité, indépendamment de ses origines, et j’espère que nous contribuons ainsi à notre manière à la lutte pour l’émancipation des femmes. »

SOURCE : Conseil départemental de la Haute-Garonne