TOULOUSE : Au Nouveau Printemps, Raphaël BARONTINI suspend…
Partager :

TOULOUSE : Au Nouveau Printemps, Raphaël BARONTINI suspend une œuvre textile monumentale
Artiste multidimensionnel, figure incontournable de la scène électro et de la Ballroom Scene, Kiddy Smile est un explorateur insatiable.
L’édition 2025 du Nouveau printemps est un hommage à Kiddy Smile et par Kiddy Smile à toutes les familles de cœur.
Avec Kiddy Smile, le Nouveau printemps invite une dizaine d’artistes à produire des œuvres et d’autres regards. Photographies, sculptures, performances, films constituent un parcours éclectique : les propositions sont poétiques et incarnent une politique de l’art située et empathique.
Bibliothèque d’Étude et du Patrimoine
Inaugurée en 1935, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse est une des très rares – et la plus importante – bibliothèque publique bâtie en France dans l’Entre-deuxguerres. Construit par Jean Montariol, architecte de la ville et qualifié de « palais rêvé des livres et des travailleurs », le bâtiment allie architecture classique et Art déco, mettant l’accent sur la lumière et des espaces distincts pour le public, les services et les collections. La façade est ornée de bas-reliefs célébrant l’émancipation de l’esprit humain à travers les sciences et les arts. À l’intérieur, la salle de lecture est dominée par une coupole monumentale : béton et pavés de verre colorés composent une grande rosace.
Salle principale de lecture
Raphaël Barontini
Installation
Au cœur de la Bibliothèque d’Étude et du Patrimoine de Toulouse, sous la grande coupole, Raphaël Barontini crée et suspend une œuvre textile monumentale. Fidèle à ses compositions, l’artiste conçoit une image en patchwork superposant des motifs et des couleurs. Ici, il met en lumière un sujet souvent oublié de l’histoire et des représentations officielles : le conteur créole. Ce personnage a pourtant transmis mille épopées et mythes, préservant ainsi des mémoires ostracisées. L’œuvre, installée au cœur d’une institution dont la collection est riche d’ouvrages datant pour certains du Moyen-Âge, mêle récit historique, fiction et onirisme. Le conteur créole fait lui-même écho à d’autres figures de transmissions orales, du troubadour occitan au griot africain. Œuvre construite comme un collage mêlé de tissus teints, de pans sérigraphiés et d’impressions textiles digitales, l’installation propose un lien entre les époques, les géographies et les imaginaires. L’artiste aime citer l’écrivain Patrick Chamoiseau : « la parole du conteur, c’est le son de sa gorge, mais aussi sa sueur, les roulades de ses yeux, son ventre, les dessins de ses mains, son odeur, celle de la compagnie, le son du ka (tambour créole de la Guadeloupe) et tous les silences. Il faut y ajouter la nuit autour, la pluie s’il pleut, les vibrations silencieuses du monde. » Solibo magnifique, 1991
Après sa grande installation au Panthéon en 2024, suivant une démarche poétique, généreuse et délicate, Raphaël Barontini affirme de nouveau son audace et sa maîtrise visuelle. En mêlant des inspirations pour interroger nos références, l’artiste nous invite à réfléchir à l’importance de prendre soin des mémoires collectives tout en suscitant l’imagination.

