
TOULOUSE : Alain GUIRAUDIE, artiste associé
Pour sa seconde édition, le Nouveau Printemps fidèle à ses valeurs d’accès à la culture, de cohésion sociale et d’inclusion, s’associe à de nombreux établissements scolaires et acteurs sociaux.
Au-delà d’un programme gratuit de visites guidées et d’ateliers jeune public, mais également d’un accès gratuit à l’ensemble des expositions et des médiations nombreuses pour les groupes scolaires et le champ social, le festival s’engage dans une démarche proactive et rend ses propositions accessibles à toutes et tous, à travers des projets participatifs avec des établissements scolaires et d’enseignement supérieur et des associations, ainsi que des propositions nombreuses et inclusives en direction des publics en situation de handicap.
Le Nouveau Printemps mène un projet pédagogique au long cours avec des collèges et lycées de l’Académie. Pendant plusieurs mois, les enseignant·e·s de spécialités d’arts plastiques d’une trentaine d’établissements scolaires vont explorer avec leurs étudiant·e·s les terrains de recherches proposés par Alain Guiraudie et ses artistes invité·e·s.
Parmi ces thématiques : les dispositifs de narration, l’archive, les formes de résistances ou encore les promesses de demain.
L’occasion pour les élèves de s’approprier ces questionnements en étant totalement libres dans l’exploration des pratiques artistiques.
Les œuvres conçues dans le cadre de ce projet feront l’objet d’une restitution collective et seront exposées le temps du festival. Le festival publiera une édition qui regroupera l’ensemble des productions des élèves, disponible gratuitement au point d’accueil du festival.
Le monde contemporain est à la fois certain et incertain. On est tous à peu près sûrs de courir à la catastrophe mais on veut tous bien croire que ça va s’arranger. Est-ce que le monde d’aujourd’hui avec son avancée frénétique est porteur de promesses ? Ou est-ce qu’on est en train de vivre nos dernières heures ? On imagine qu’à toutes les époques les humains ont envisagé l’avenir entre promesse et inquiétude, on a toujours plus ou moins envisagé notre futur entre utopie et dystopie, entre enfer et paradis, entre horreur et bonheur. Et qui sait si un jour futur, les pires horreurs urbaines ne seront pas admirées par nos descendants. Peut-être diront-ils : « À l’époque, on savait encore faire de belles choses. » J’ai orienté l’édition du Nouveau Printemps 2024 autour de ces dialectiques-là. Après la simple représentation du monde, c’est un enjeu de longue date dans l’art de faire se rencontrer l’idéal et le réel, le mythique et le prosaïque, le rêve et la réalité, de les faire même se télescoper.
Et au-delà de ça, c’est aussi un enjeu majeur que d’aller chercher la beauté là où elle n’est pas, d’aller créer des objets de désirs là où on n’aurait pas cru. L’art, du moins celui qui m’intéresse, cherche à remettre en question les codes en vigueur, renouveler l’idée du beau, ou à brouiller les frontières entre le beau et le laid. Pour l’heure j’ai invité des artistes, plutôt jeunes en règle générale, qui ont pour la plupart un regard tourné vers l’avenir, utilisant des nouvelles technologies, jouant avec elles, mélangeant dans leurs installations des matières et des objets vulgaires ou plus nobles, pour les assembler dans un projet esthétique. Certains se situent aux frontières de l’art, se nourrissant à la fois de science et de spiritualité pour leurs créations. Je pense aussi à des artistes qui sont tournés vers des utopies fanées, des mondes prometteurs à leur époque et qui sont soit tombés en ruines, soit des univers idylliques qui contiennent leur part inquiétante.
Né en 1964, j’ai grandi à Bournazel, un village de l’Aveyron où mes parents étaient agriculteurs. Après le lycée, j’ai fait de rapides études d’Histoire à Montpellier que j’ai arrêtées pour travailler et écrire des romans qui ne seront pas publiés. Mais comme j’avais surtout envie de faire des films, j’ai réalisé un premier court métrage, Les héros sont immortels, en 1990 puis un second puis un troisième. Ce qui m’a conduit à réaliser les films plus longs qu’on désigne par le terme de « moyens-métrages » : Du soleil pour les gueux en 2000 et Ce vieux rêve qui bouge en 2001. J’ai depuis réalisé 6 longs-métrages, parmi lesquels L’Inconnu du lac et Rester vertical, le dernier en date Viens je t’emmène, est sorti sur les écrans en mars 2022. J’ai enfin publié deux romans aux éditions P.O.L : Ici commence la nuit en 2014 et Rabalaïre en 2021. En 2019, à la faveur d’un séjour au Fresnoy comme artiste invité, je me suis remis à la photo, j’ai exposé pour la première fois de ma vie dans le cadre de Panorama 2019. En 2023, j’ai exposé à la galerie Crèvecœur, à Paris, chez Buchholz, à Berlin et au Consortium à Dijon dans le cadre de l’Almanach. Je ne suis toujours pas marié, je n’ai pas d’enfant et je n’habite plus dans l’Aveyron.
SOURCE : Festival Le Nouveau Printemps.


