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TOULON : Sophie Lechardeur : « La gestion du budget n’était…

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TOULON : Sophie Lechardeur : « La gestion du budget n’était rien sans l’humain »

Dans l’effervescence de l’élargissement de l’A57 à Toulon, un chantier titanesque évalué à 300 millions d’€, l’empreinte humaine se fait tout aussi forte que celle des infrastructures.

Sophie Lechardeur, assistante de gestion et responsable de la maîtrise budgétaire se confie sur son parcours et l’impact personnel de cette aventure qui a jalonné sa carrière.

Vous avez accompagné ce chantier du tout début jusqu’à l’inauguration. Concrètement, quelle a été votre mission dans un projet aussi vaste ?

Sophie LECHARDEUR. J’étais présente dès la phase d’études, puis tout au long des travaux. Mon rôle a été d’installer et de piloter le budget global. Il a fallu répartir ces 300 millions d’euros entre les différentes composantes du chantier tout en ajustant au fil des années, selon les aléas et les priorités.

Comment se gère un tel montant au quotidien ?

SL. Il y a bien sûr une enveloppe initiale, mais ensuite, chaque commande, chaque marché modifie les équilibres. L’évolution est constante. C’est un travail de précision, fait d’anticipation mais aussi de réactivité.

Vous évoquez justement le lien avec les équipes. Comment se passait la coordination avec les autres services ?

SL. La clé, c’était la proximité. J’étais en lien direct avec chaque conducteur d’opération, chacun ayant son domaine : réseaux, signalisation, environnement… Nous échangions en permanence. Pour chaque décision, chaque commande, il fallait prévoir les échéances, vérifier les disponibilités. Le budget n’était pas figé par service, il suivait les besoins concrets du terrain.

Une vraie gymnastique de l’équilibre financier…

SL. Exactement. L’idée, c’était d’être réactifs et de faire en sorte que si un poste déborde, on puisse le compenser ailleurs. C’était une véritable gymnastique financière, où l’humain restait toujours au cœur de la décision.

Au-delà des aspects techniques, ce chantier marque-t-il un tournant sur le plan personnel ?

SL. Absolument. Pour moi, ce chantier a été bien plus qu’un défi administratif. J’ai débuté ma carrière comme secrétaire comptable et, par ma volonté d’apprendre et de m’investir, j’ai gravi les échelons pour devenir assistante de gestion. C’est un parcours personnel intense, un chemin où chaque journée sur le chantier m’a permis de me redécouvrir et de dépasser mes doutes. Je me souviens encore des premiers moments, des angoisses liées à la gestion d’un budget qui paraissait monstrueux, mais le soutien de mes collègues et de mon entourage familial a tout changé.

Comment vos collègues et votre famille ont-ils contribué à faire de cette expérience une réussite humaine ?

SL. Mes proches ont joué un rôle primordial. À l’époque, je faisais 80 kilomètres aller-retour chaque jour. C’était un choix personnel pour vivre une véritable renaissance familiale et professionnelle. Mes enfants se réjouissaient de ne plus changer d’école et ma famille a toujours été à l’écoute. Au bureau, au-delà des compétences techniques, j’ai trouvé une cohésion d’équipe remarquable. Dans les moments de tension, surtout lors des premières prises en main de ce budget titanesque, j’ai été encouragée par des collègues prêts à m’épauler, et cette solidarité a créé des liens forts.

Vous évoquez une véritable renaissance. Que retenez-vous, sur le plan humain, de cette aventure ?  

SL. Ce chantier m’a transformée. J’ai non seulement évolué dans mon métier, mais j’ai aussi appris à appréhender le travail comme une aventure collective, où chaque succès est partagé, et où chaque défi est surmonté grâce à l’entraide. La gestion du budget n’était rien sans l’humain qui s’y investissait : c’était un travail de précision, certes, mais aussi un partage d’espoirs, un dépassement de soi. Aujourd’hui, en terminant ma carrière avec ce projet, je ressens une immense fierté, mélangée à une émotion sincère. Je quitte ce poste sereine, car j’ai le sentiment d’être repartie gagnante, tant sur le plan professionnel que personnel.

Qu’évoquez-vous quant à la fin de ce chapitre et à l’avenir des liens tissés ici ?

SL. Ces années sur ce chantier m’ont appris que l’on crée de vraies amitiés. Même si l’équipe se disperse, les liens que nous avons noués resteront. C’est la preuve que derrière un projet technique colossal se cachent des histoires humaines fortes, où la confiance acquise et le soutien mutuel transcendent les contraintes du quotidien. Cet incroyable parcours sur l’A57 a été, sans aucun doute, la plus belle aventure humaine de ma carrière.

Propos recueillis par Pierre BEGLIOMINI – Photo Alain TENDERO (VINCI Autoroutes).