TOULON : Simon Babre prend ses fonctions de préfet du Var
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TOULON : Simon Babre prend ses fonctions de préfet du Var
Le discours du Simon BABRE, préfet du Var.
Simon Babre était très heureux de s’adresser aux autorités civiles et militaires et de les remercier pour leur présence, nombreuse à ses côtés, à l’occasion de sa prise de fonctions en tant que préfet du Var.

LE DISCOURS DU PREFET
Je veux d’abord, vous le comprendrez au regard de l’actualité et de mon histoire personnelle avec le Var, avoir une pensée pour les victimes des intempéries du 20 mai, les trois personnes décédées, les blessés et tous les sinistrés des communes concernées. Je salue l’action des maires des communes touchées — j’ai tenu à ce qu’ils soient invités ce matin — et celle des services de l’Etat, qui ont permis d’éviter que le bilan ne soit plus lourd encore. Après la déclaration de l’état de catastrophe naturelle pour 14 communes, je puis vous assurer que l’Etat continuera d’être à vos côtés pour vous accompagner et coordonner les opérations de retour à la normale.
Cet épisode douloureux a réveillé en moi, en nous tous, le souvenir des terribles inondations de Draguignan et de la Vallée de l’Argens du 15 juin 2010, dont nous commémorerons dans quelques jours le 15ème anniversaire.
Elles avaient ôté la vie à 27 de nos concitoyens et nous sommes plusieurs, ici présents, à avoir été au cœur de cette gestion de crise inédite. J’étais pour ma part le directeur de cabinet du préfet de l’époque, Hugues Parant, et cet épisode dramatique est resté très ancré en moi.
Ces moments douloureux, dont le Var s’est toujours relevé grâce à la résilience et à la solidarité exceptionnelles de ses habitants, doivent graver en nous deux exigences fondamentales :
– celle de ne jamais renoncer à la prévention des risques naturels, très importants dans le département, qui réclame une rigueur et des investissements constants (je tiens à ce titre à saluer le bon avancement des PPRI, les plans de prévention du risque inondation, et des 5 programmes d’action de prévention des inondations, les PAPI, un investissement total de 244 M£, dont 102 ME pris en charge par l’Etat en particulier grâce au fonds Barnier, le président du Syndicat mixte de l’Argens) ;
– celle de perfectionner sans cesse nos dispositifs de prévention et de gestion des crises, au niveau des communes et intercommunalités (avec les plans communaux et intercommunaux de sauvegarde) comme des services de l’Etat (la préfecture sera bientôt dotée d’un centre opérationnel départemental de nouvelle génération, grâce à un investissement d’1,2M£€).
Dans cette partie rétrospective de mon discours, je veux aussi saluer l’action de mon prédécesseur, Philippe Mahé, qui aura passé 21 mois intenses dans ce territoire, et rendre hommage au travail qu’il a accompli, dans des circonstances parfois difficiles. Je veux aussi remercier l’ensemble des services de l’Etat, de la préfecture, et notamment les sous-préfets, les chefs des services déconcentrés, qui ont préparé et facilité mon arrivée.
C’est un honneur et une grande joie que de représenter l’État dans ce magnifique département, que je connais donc déjà un peu. Je vais m’attacher à continuer à mieux le connaître, parfois à le redécouvrir, surtout à vivre avec vous, avec toutes les Varoises et les Varois au service desquels
Nous nous engageons au quotidien.
Car je crois fondamentalement en un Etat proche, à l’écoute, qui comprend les difficultés de nos concitoyens, leurs craintes, leurs aspirations, leurs ambitions aussi, pour rechercher les meilleures solutions, relayer les messages, et être toujours dans l’action, au plus près du terrain.
En tant qu’élus, nationaux comme locaux, vous serez mes interlocuteurs privilégiés et je sais votre rôle irremplaçable – et parfois difficile aussi – pour percevoir et connaître les inquiétudes de nos concitoyens et rechercher, avec l’Etat, les moyens d’y répondre.
Dans un département sportif, reconnu comme un pays de rugby comme la victoire du RCT sur les champions d’Europe d’hier soir la brillamment illustré, mais aussi d’handball, de basketball, de football…
il faut faire confiance à l’intelligence collective, à l’esprit d’équipe et au dépassement de soi pour affronter ensemble les difficultés, relever les défis d’aujourd’hui et préparer le Var à ceux de demain.
Bien sûr, cet esprit d’équipe doit se nourrir d’avis et d’expertises divers, d’approches complémentaires, d’un pluralisme d’opinions et d’expressions. Mais, pour porter pleinement ses fruits, il doit aussi être imprégné de pragmatisme, de respect mutuel et n’avoir qu’une seule boussole : le service de l’intérêt général et l’incarnation, au quotidien, des valeurs de la République.
Je m’efforcerai pour ma part de toujours garder ce cap et tous ceux qui se fixeront la même exigence trouveront en moi un partenaire attentif et fiable.
Parmi les défis qu’il nous faudra relever ensemble, je pense en tout premier lieu aux besoins immédiats des Varoises et des Varois, à ceux qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne.
Je pense à l’accès aux soins, priorité des priorités.
Le garantir implique d’investir dans les services des urgences et les hôpitaux du territoire ; d’importants investissements ont été réalisés ou sont en cours, comme l’a illustrée la visite du ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins vendredi au centre hospitalier intercommunal de Fréjus- Saint-Raphaël.
Cela passe aussi par des infirmiers et des médecins généralistes plus nombreux, mieux répartis. Les 56 centres et maisons de santé pluri-professionnels que compte le Var sont Une première réponse, portée par les collectivités territoriales avec le soutien de l’Etat.
Il nous faudra collectivement en rechercher d’autres, pour organiser la solidarité et les renforts de médecins généralistes en direction des zones les plus en carence, pour accueillir les étudiants en médecine en dernière année qui auront 2 semestres de stage à réaliser, puis les nouveaux médecins quand les effets de la suppression du numerus clausus se concrétiseront.
Parmi les besoins essentiels, je pense aussi à l’alimentation en eau potable, alors que la ressource en eau devient plus aléatoire qu’hier. Sécuriser cette alimentation implique notamment que nous parvenions à des modes de consommation plus économes et que nous menions des chantiers d’interconnexion pour mieux mutualiser la ressource. Nous sommes tous concernés et devrons travailler main dans la main.
La sécurité est également, bien entendu, un besoin fondamental de nos concitoyens. Le département dispose en la matière de solides acquis : les communes du Var sont nombreuses à s’être dotées de polices municipales performantes et ont développé, avant toutes les autres et avec l’accompagnement de l’Etat, la vidéo-protection, les deux s’avérant précieux aujourd’hui pour combattre la délinquance et pour contribuer à l’action décisive de la police et de la gendarmerie nationales.
Je souligne également le rôle des sapeurs-pompiers du Var, dont le professionnalisme en matière de gestion des risques, de prise en compte des intempéries et de lutte contre les feux de forêts est reconnu, de tous les acteurs de sécurité civile, de la Place Beauvau à tous les SDIS de France… et au-delà de nos frontières.
Mais la criminalité organisée, puissamment alimentée par le développement du narcotrafic dans notre pays, constitue un nouveau défi majeur en matière de sécurité de nos concitoyens, tant elle est devenue une réalité qui n’épargne plus aucun territoire. De façon assez classique, le Var apparaît comme une zone de repli tactique pour des organisations criminelles en forte progression. Les services de l’Etat seront bientôt dotés de nouveaux outils pour les combattre, grâce à la loi qui sera promulguée mi-juin. Vous pouvez compter sur les gendarmes et les policiers nationaux du département pour que, dans le champ des polices administratives comme en matière judiciaire, en liaison étroite avec les procureurs de la République de Toulon et de Draguignan, ainsi qu’avec les maires, ces nouveaux outils soient déployés efficacement et que la criminalité organisée soit combattue sans relâche.
AU rang des besoins immédiats de nos concitoyens, au même titre que l’accès aux soins, l’accès à l’eau potable et la sécurité, je pense également au grand chantier des mobilités, tant nos concitoyens souffrent de l’engorgement des routes et des temps de transport qui augmentent.
L’Etat s’engage aux côtés du conseil régional et des intercommunalités pour des solutions efficaces, qu’il s’agisse de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA), qui permettra plus de trains du quotidien, de l’amélioration de la desserte dans le cadre de l’ouverture à la concurrence ou du développement de nouvelles lignes de transport en commun.
Ces projets ne doivent pas nous conduire à ignorer les besoins routiers de certains territoires ; il ne s’agit pas d’opposer les modes de mobilité les uns aux autres, mais de les penser de manière complémentaire.
Au-delà des réponses que nous nous devons d’apporter aux besoins immédiats des Varoises et des Varois, je compte insister ce matin, sans prétendre à l’exhaustivité, sur quelques chantiers structurants, nécessaires pour préparer le Var de demain.
La ruralité, si importante dans le département, se trouve confrontée à de très nombreux défis, en matière de santé, de mobilité – je l’ai déjà abordé – mais aussi d’accès au logement, à l’emploi, aux services essentiels.
Des réponses originales doivent être trouvées, qui nous conduisent parfois à ré-interroger le contenu de certaines normes, trop prescriptives et mal adaptées à des réalités particulières et à des difficultés de mise en œuvre très concrètes. Sur tous ces sujets, Vous trouverez auprès de moi comme des sous-préfets des oreilles attentives et des esprits inventifs.
Autre chantier structurant : la construction, en France et ici, dans le Var, d’une industrie de défense toujours plus performante. Elle dépend des choix collectifs que nous saurons faire, notamment pour accueillir de nouveaux sites de production, faciliter les mobilités des salariés et pour accompagner l’installation de familles, comme le Var a toujours su le faire par le passé, dans l’aire toulonnaise ou à Draguignan.
Plus globalement, l’enjeu de la réindustrialisation implique que nous sachions étendre ou construire des sites de production et mobiliser des nouveaux logements pour les salariés, tout en faisant preuve d’inventivité et de sobriété dans la consommation foncière.
Les incertitudes macroéconomiques qui pèsent sur les perspectives de nos entreprises constituent un autre défi majeur. || nous faut collectivement poursuivre les dispositifs d’accompagnement, tenter à nos niveaux de donner des perspectives, pour que les chefs d’entreprises et leurs salariés se sentent moins seuls dans ce qui ressemble parfois à un tourbillon de nouvelles contradictoires. Qu’ils se sentent également confortés pour oser, pour innover, le monde qui se présente à nous étant aussi un monde d’opportunités à saisir.
En ce sens, les 28 entreprises varoises lauréates du programme France 2030, pour lesquelles l’Etat a mobilisé 19ME, sont un exemple à suivre, porteur d’optimisme.
Parmi les entreprises malmenées, je pense aux exploitations agricoles, dont certaines, alors qu’elles constituent de véritables pépites, sont directement menacées par les droits de douane imposés par les Etats-Unis.
Il faut nous reposer la question de notre souveraineté alimentaire. Exploitants, salariés agricoles, syndicats, chambre d’agriculture, collectivités territoriales, Etat : nous sommes tous concernés par ce défi majeur des prochaines années, qui nécessite que nous nous réinterrogions nos façons de produire et de consommer, notamment en termes d’occupation de l’espace, de variété des cultures, de circuits courts et de commande publique.
Vous pourrez compter sur ma mobilisation et celle des services de l’État, aux côtés des producteurs, acteurs du » Made in Var « , pour contribuer à réduire les aléas pesant sur les exploitants, dans Un contexte de changement climatique accéléré.
Nous aurons l’occasion de faire plus ample connaissance dans quelques instants, mais vous l’avez compris, je suis attaché à être un préfet de terrain et de contact, identifiant, avec vous et avec les Varois, les enjeux nécessitant une action résolue de la part des services de l’Etat comme de celle de leurs partenaires et de l’ensemble des forces vives.
Je souhaite être pragmatique, identifier et mettre en œuvre des solutions originales lorsque les solutions habituelles conduisent à des impasses ; et je n’hésiterai pas à recourir à mon pouvoir de dérogation, lorsque les circonstances s’y prêteront.
En liaison étroite avec le préfet de région, je souhaite veiller à la cohérence de l’action de l’Etat, c’est-à-dire à la cohérence de l’action de tous les services de l’Etat, pour que les efforts d’accompagnement des uns ne soient pas contredits par les exigences ou les interdictions des autres.
Mais également pour que l’action de l’Etat soit adaptée à la diversité des territoires qui composent le Var et des problématiques particulières auxquelles vous êtes quotidiennement confrontés.
C’est le rôle du préfet et des sous-préfets que d’y veiller et vous pourrez compter sur notre écoute et notre vigilance collectives en la matière.
Je souhaite que l’Etat s’empare des sujets de préoccupation de tous les élus et de tous les Varois, quelle que soit la taille de leur commune et sa distance de Toulon.
J’effectuerai de nombreuses visites dans vos communes et je sais pouvoir compter sur la mobilisation de tous les instants des sous-préfets.
Je voudrais conclure mon propos en m’adressant plus particulièrement aux chefs des services de l’Etat et à leurs agents.
Sécurité du quotidien, sécurité routière, sécurité civile, lutte contre la criminalité organisée, contre la radicalisation, l’entrisme ou le repli communautaire, accompagnement des porteurs de projet, aide aux plus démunis : dans le Var, nos concitoyens peuvent compter sur
l’extraordinaire engagement de celles et ceux qui ont choisi de les servir, parfois au prix de leur vie.
Policiers, gendarmes, militaires, pompiers, douaniers, personnels pénitentiaires, agents de la préfecture et des services de l’Etat dans la région et dans le département :
vous me trouverez donc toujours à vos côtés pour vous soutenir, vous défendre et vous exprimer la reconnaissance sans cesse renouvelée de la Nation à votre endroit.
J’adresse enfin un remerciement tout particulier aux représentants du monde combattant, fidèles gardiens de notre Histoire et de notre Mémoire, qui ont rehaussé, par leur présence ce matin, la cérémonie officielle d’installation.
J’ai hâte de vous retrouver, sur le terrain, pour évoquer vos projets.

LA BIOGRAPHIE DU PREFET
01/2025: Conseiller intérieur, chef du pôle intérieur, coordonnateur des pôles intérieur, justice, territoire et outre-mer au cabinet du Premier ministre
09/2024: Chef du pôle sécurité justice immigration, conseiller intérieur au cabinet du Premier ministre
08/2022: Préfet de l’Eure
09/2019: Directeur des ressources et des compétences de la police nationale (Ministère de l’Intérieur – Direction Générale de la Police Nationale)
03/2018: Adjoint au directeur des ressources humaines, chef de service (Ministère de l’Intérieur/
Secrétariat Général – Direction des Ressources Humaines)
03/2016 : Sous-directeur des personnels (Ministère de l’Intérieur/ Secrétariat Général/ Direction des Ressources Humaines)
01/2015 : Secrétaire général pour les affaires régionales de Lorraine (Préfecture de la Région Lorraine)
05/2012 : Sous-préfet d’Istres
10/2010 : Chef de cabinet adjoint du Président de la République
12/2008 : Sous-préfet, directeur de cabinet du préfet du Var
09/2006: Directeur de cabinet du directeur des affaires politiques, administratives et financières de l’outre-mer puis du délégué général à l’outre-mer (Ministère de l’outre-mer)
09/2005 : Secrétaire général de l’Inspection générale de l’administration
04/2003 : Inspecteur adjoint à l’Inspection générale de l’administration

Chevalier de la Légion d’Honneur
Chevalier de l’Ordre National du Mérite
Médaille d’honneur de la Police Nationale (échelon or)
Médaille d’argent de la Sécurité Intérieure (Agrafe Ouragan 2017)
Médaille d’or et médaille d’argent de la Jeunesse et des Sports formation
École Nationale d’Administration – promotion René Cassin
Service national
I.E.P. de Bordeaux


Photos Philippe OLIVIER (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).

