TOULON : Salvador NUNEZ : « A ce jour, 75% du chantier de l…
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TOULON : Salvador NUNEZ : « A ce jour, 75% du chantier de l’A57 est terminé »
Mise en service à la fin des années 60, la capacité de l’A57, comme celle de ses échangeurs, est devenue insuffisante.
Depuis 2021, un projet d’élargissement vise à améliorer les conditions de circulation car l’A57 constitue un maillon majeur de la traversée de l’agglomération toulonnaise, ainsi que de l’accès Est de Toulon en provenance de Hyères via l’A570 et de Nice via l’A8.
Le point sur l’avancement des travaux avec Salvador Nunez, directeur de la maîtrise d’ouvrage ESCOTA.
Quel bilan tirez-vous de l’état d’avancement du chantier ?
Salvador NUNEZ. Mon ressenti, c’est d’avoir pu faire ce que nous avions prévu de faire et de le faire dans des conditions correctes et sans défaillances. Bref, j’ai le sentiment du devoir accompli. Par ailleurs, ce travail a pu être mené sans crainte car, de nature, je ne suis pas craintif. De plus, j’ai confiance dans mon organisation et dans l’équipe que j’ai mis en place. Car, indépendamment de la valeur des personnes avec lesquelles je travaille, nous ne sommes que des humains et, sur la durée, les efforts finissent par peser sur chacun. Mon but c’est que les équipes puissent continuer le travail avec la même motivation et que les acteurs du chantier ne se lassent pas et continuent à avoir l’envie de bien faire. C’est ma préoccupation permanente.
Quels seront les grands rendez-vous chantier en 2024 ?
SN. L’année 2024, c’est l’année qui va permettre de s’assurer que nous serons capables de finir le chantier début 2025, comme cela a été prévu. A ce jour, 75% du chantier est terminé. Globalement, l’essentiel a été fait et nous ne sommes donc pas loin de la fin. Certes, il restera l’aménagement paysager de l’autoroute. Mais, c’est un signe que l’on s’approche de la fin et d’ailleurs on va bientôt voir revenir les palmiers !
Après, mon principal souci, c’est le bassin de rétention de Sainte-Musse. Enfin, nous allons terminer la pose des écrans acoustiques et finir les travaux de génie civil.
Aujourd’hui, on sait ce qu’il nous reste à faire, notamment les travaux de surface. Puis, ce sera la phase des contrôles par les services de l’État, avec, à la fin, une autorisation de mise en service en 2025.
Rétrospectivement, beaucoup de chemin a été parcouru depuis 2021 ?
SN. 2021, c’était l’année du démarrage du chantier. Puis, en 2022 et en 2023, le chantier était un peu partout. En 2024, on va, petit à petit, organiser le repli du chantier. L’année 2024 permettra de nous dire que la mise en service se fera en 2025. Effectivement, maintenant, on est au bout du chantier. Tout ce qui reste à faire est parfaitement maîtrisable par nos équipes. Je conçois 2024 comme une année de transition, en étant dans la préparation de la fin. Nous sommes dans la dernière étape et les entreprises vont commencer à démobiliser une partie de leur personnel
Comment s’est passée l’opération coup de poing à la Palasse ?
SN. C’était un vrai contre-la-montre ! Cette opération d’envergure s’est déroulée au niveau de ce secteur, dans le sens Toulon – Nice, du 2 février au 5 février. A La Palasse, l’autoroute A57 enjambe l’avenue Joseph Gasquet grâce à un pont. Pour en assurer sa pérennité, les équipes ont dû enlever une importante épaisseur de chaussée, sur plus de 60 cm de profondeur, pouvant aller jusqu’à presque 1 mètre et une longueur de 250 mètres, entre la sortie de l’échangeur de Toulon Est (n°2) et le secteur de Sainte-Musse, en direction de Nice.
Une fois cet important volume évacué, les équipes ont réalisé des contrôles de la structure restante. Ensuite, près de 1 300 tonnes de nouveaux matériaux, correspondant à l’équivalent de 100 camions, ont été livrés. La dernière étape a consisté à réaliser les différentes couches successives de chaussées. Ces dernières ont nécessité un temps de séchage et des contrôles techniques, entre chaque application et avoir une nouvelle chaussée. Le nouveau pont de Tombadou ainsi que le giratoire au Sud ont été mis en circulation le 7 février au matin. Le nouveau pont bénéficie de deux voies de circulation dans chaque sens et d’un trottoir pour les piétons pour le moment. En provenance de Toulon par l’A57, à la sortie de la bretelle, les usagers peuvent désormais au giratoire prendre directement, à gauche, pour se rendre vers le Nord, en direction de La Valette-du-Var sans devoir descendre et remonter le boulevard des Aramis.
À terme, en sortie d’autoroute, la bretelle bénéficiera de deux voies contre une seule actuellement, en raison de la poursuite des travaux dans ce secteur. Dans le courant du mois de mars, l’ancien pont, libéré de la circulation, sera démoli, par moyens mécaniques de nuit le week-end.
Cette opération a réclamé un long travail de préparation ?
SN. En effet, cela a exigé un énorme travail de préparation pour définir ce qu’on devait faire et comment on le ferait. C’est une forme de performance pour mes équipes. Cela fait 33 ans que je fais ce métier et pourtant cette opération était une grande première !
Nous avons travaillé avec les services de la Métropole, des Mairies et de la Préfecture pour trouver les meilleurs compromis. Tout cela est décidé au millimètre près ! Comme j’aime à la dire : « On réussit bien ce qu’on prépare bien ».
A titre personnel, comment vivez-vous la réalisation du chantier ?
SN. Tout d’abord, je souhaite le dire : la relation avec les élus, c’est un peu ma marque de fabrique ! C’est ma façon de faire depuis toujours. Nous avons travaillé pour le compte de l’État pour une autoroute qui appartient à l’État et qui le restera.
Quand j’arrive sur un territoire, j’accorde beaucoup d’importance à la concertation et à l’information. Il faut discuter avec les riverains, les usagers et les collectivités. Pour moi, le maire est un personnage essentiel ainsi, bien sûr, que le responsable de la Métropole et le préfet. D’ailleurs, le préfet nous a rendu visite sur le chantier et s’informe régulièrement de ce qui se passe.
J’entretiens des bonnes relations avec tous les partenaires pour éviter les conflits. C’est ma manière de travailler et cela devrait être la même chose pour tout le monde. Je suis convaincu que c’est comme cela qu’il faut faire !
Photos Alain BLANCHOT.