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TOULON : ORION 26 – Le Vice-Amiral Royer de Véricourt…

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TOULON : ORION 26 – Le Vice-Amiral Royer de Véricourt lance les manœuvres dans le Var

Le mercredi 4 février, la quiétude hivernale d’une plage varoise était rompue par une opération militaire amphibie d’envergure impliquant navires de guerre et véhicules blindés, nécessitant une vigilance particulière aux abords du site.

Dès 8h, le sable varois deviendra le théâtre d’un débarquement spectaculaire, marquant le début des opérations préparatoires à la phase 0.2 de l’exercice ORION 26.

Si le département du Var, terre de tradition militaire, est coutumier des exercices, celui-ci revêt une dimension particulière par sa visibilité et les moyens déployés. Sous le commandement du vice-amiral Royer de Véricourt, directeur de l’exercice au sein du Centre Expert du Commandement Interarmées (CECIA), cette manœuvre vise à tester grandeur nature les capacités de projection de force des armées françaises. Pour les usagers de la route et les promeneurs, il est recommandé de faire preuve de prudence et de patience aux abords de la zone de débarquement, compte tenu des mouvements de troupes et de la logistique lourde engagée.

Une noria de blindés entre mer et terre.

L’opération ne passera pas inaperçue. Ce ne sont pas moins d’une cinquantaine de véhicules militaires qui ont foulé la plage varoise. Parmi eux, les imposants véhicules blindés multi-rôles GRIFFON, fers de lance du programme SCORPION, ainsi que des Véhicules Blindés Légers (VBL) et des Véhicules de l’Avant Blindés (VAB). Ces engins seront acheminés depuis le large par des engins de débarquement amphibie, effectuant des rotations entre la plage et les Porte-Hélicoptères Amphibies (PHA) de la Marine nationale positionnés au large.

Au total, une centaine de combattants du groupement tactique embarqué, issus du 126ème régiment d’infanterie de Brive-la-Gaillarde, prendront pied sur le littoral. Cette démonstration de force s’inscrit dans une logique de préparation au combat de haute intensité. La manœuvre servait de répétition générale avant le déploiement de la force sur la façade Atlantique prévu à partir du 6 février, où il s’agira de simuler la prise d’une zone portuaire.

Un scénario fictif pour une menace crédible.

Au-delà de l’aspect spectaculaire et des perturbations momentanées pour l’accès au site, cet exercice répond à un impératif stratégique majeur. Comme l’explique le dossier de presse piloté par les services du général de corps d’armée Philippe Geay de Montenon, à la tête du Commandement Terre Europe, ORION 26 a pour objectif de « préparer les armées aux situations les plus complexes et dans des environnements hybrides et contestés ».

Le scénario retenu plonge les soldats dans une fiction géopolitique crédible : le pays expansionniste « Mercure » cherche à déstabiliser son voisin « Arnland ». La France, nation-cadre d’une coalition, intervient pour rétablir le droit international. C’est pour répondre à cette exigence que l’interarmées joue sa partition à Cabasson. La coordination entre les marins, capables de projeter des forces depuis la mer, et les fantassins de l’armée de Terre, doit être parfaite.

Des enjeux qui dépassent le littoral varois.

Cet entraînement local n’est que la partie émergée de l’iceberg. ORION 26 mobilise au total 10 000 militaires, des moyens spatiaux et cyber, ainsi que de nombreux alliés internationaux. Si la gêne occasionnée ce mercredi reste localisée au secteur de Cabasson et Brégançon, elle témoigne de la montée en puissance de notre appareil de défense. Pour les résidents et curieux, le spectacle des chalands de débarquement approchant le rivage reste un moment unique, rappelant que la protection du territoire et des intérêts nationaux se joue aussi ici, sur nos plages. Les opérations de transit retour vers les navires sont prévues autour de 11h00, promettant un retour au calme progressif en milieu de journée.

Photos Philippe OLIVIER (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).