TOULON : Méditerranée – Un cachalot retrouvé mort, le…
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TOULON : Méditerranée – Un cachalot retrouvé mort, les associations exigent une limitation de la vitesse des navires
À la veille du départ de l’expédition WhaleWay 7, la découverte d’un cétacé percuté près des côtes ravive l’appel à protéger cette espèce en danger.
Le symbole est aussi tragique qu’alarmant. Le 10 juillet 2026, alors qu’il se dirigeait vers Toulon pour le lancement d’une mission scientifique dédiée à l’étude des cachalots, le navigateur Roland Jourdain a fait une macabre découverte : la carcasse d’un de ces géants des mers, flottant près des côtes. L’animal, qui saignait de la bouche, portait les stigmates d’une hémorragie interne, conséquence très probable d’une collision violente avec un navire.
Quelques jours plus tôt, le 7 juillet, la photographe Anne Settimelli avait déjà signalé ce même cachalot, blessé dans les eaux territoriales françaises. Pour l’association Longitude 181 et le fonds d’intérêt général Explore, co-organisateurs de l’expédition WhaleWay 7, ce drame met en lumière une urgence absolue : agir pour endiguer la première cause de mortalité non naturelle des cétacés en Méditerranée.
Une espèce en danger, victime du trafic maritime
Le cachalot de Méditerranée est une population classée « en danger d’extinction » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), avec seulement quelques milliers d’individus recensés. Or, les études menées depuis plus de treize ans par Longitude 181 montrent que ces cétacés résident majoritairement dans les eaux territoriales françaises, le long des canyons sous-marins où ils trouvent leur nourriture.
Leur comportement les rend particulièrement vulnérables. Après des plongées profondes pour chasser, ils passent près de huit heures par jour à se reposer ou dormir juste sous la surface. Silencieux et immobiles, ils sont alors quasiment indétectables pour les navires, même les plus vigilants. Une étude de 2001 (Laist D.W. et al.) a démontré que si un bateau navigue à plus de 15 nœuds, la collision est fatale pour le cétacé dans 80 % des cas.
Une solution simple : limiter la vitesse à 10 nœuds
Face à ce constat, Longitude 181 et Explore demandent au préfet maritime de la Méditerranée de prendre une mesure immédiate et souveraine : limiter par arrêté la vitesse des navires de plus de 10 mètres à 10 nœuds dans la bande des 12 milles nautiques (environ 22 km) des côtes. Cette mesure, qui relève de sa compétence de police, permettrait de réduire drastiquement le risque de collisions mortelles et la pollution sonore sous-marine, autre nuisance majeure pour les cétacés.
« Nous savons où vivent les cachalots, ce qui les tue, et comment les protéger. Réduire la vitesse dans les eaux territoriales sauverait des vies dès aujourd’hui. Ce qui manque n’est pas la connaissance, c’est la décision », affirment François et Véronique Sarano, océanographes et fondateurs de Longitude 181.
« Nous coopérons avec Longitude 181 depuis plusieurs années pour comprendre et protéger les cachalots, et nous trouvons l’un d’eux, mort, vraisemblablement à la suite d’une collision […]. Apporter une solution concrète, simple […] est notre ADN. Nous espérons réussir », ajoute Roland Jourdain, co-fondateur d’Explore et skipper du voilier laboratoire We Explore.
Un dialogue engagé avec les autorités
Les associations indiquent être en discussion avec le ministère, qui a déjà engagé des actions de protection avec ses partenaires italiens, monégasques et espagnols dans le cadre du sanctuaire Pelagos. Catherine Chabaud, Ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, est attendue en fin de semaine à bord du We Explore pour le départ de l’expédition. Cette visite sera l’occasion de lui présenter les données scientifiques documentant les zones de résidence des cachalots et d’échanger sur les futures actions à mener pour renforcer leur protection.
À propos de l’expédition et des organisateurs
L’expédition Cachalots – WhaleWay 7, qui s’apprête à prendre la mer, constitue la septième mission du genre. Elle vise à collecter des données cruciales pour la préservation de l’espèce, dans la lignée des Accords de Nice de juin 2025 (Conférence des Nations Unies sur l’Océan) qui engagent la communauté internationale à une protection concrète des écosystèmes marins.
Fondée par les océanographes Véronique et François Sarano, Longitude 181 est une association française qui œuvre pour la reconnaissance des droits de l’Océan et la protection de la vie marine. Plus d’informations sont disponibles sur son site : https://www.longitude181.org/.
Explore est un fonds de dotation créé par le navigateur Roland Jourdain et Sophie Vercelletto. Il soutient les initiatives positives pour l’environnement et met son voilier ambassadeur éco-conçu, We Explore, au service de missions scientifiques. Pour en savoir plus :
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

