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TOULON : Macron impuissant face à la révolte de la paysan…

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Floriane Dumont
27 Fév 2024

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TOULON : Macron impuissant face à la révolte de la paysannerie

Jamais un salon ne s’est ouvert dans une ambiance aussi survoltée !

Dès huit heures, des agriculteurs en colère souhaitaient dire au président leur détresse, à cause de l’Europe.

La Coordination Rurale, bonnets jaunes sur la tête, s’est retrouvée devant un mur de CRS.

Ce désordre faisait suite à l’annulation du pseudo grand débat, voulu par l’Élysée qui avait convié « les Soulèvements de la Terre » Cette fausse note de la présidence a ajouté de la crise à la crise. Annulée, l’invitation des « Soulèvements de la Terre » est apparue comme une provocation supplémentaire.

D’ailleurs, le président de la FNSEA a refusé de participer avec des militants hostiles au monde agricole : « La politique, c’est autre chose que de la com’ ou un show. Cette invitation renvoie l’image aux agriculteurs que rien n’a été compris de leurs problématiques ».

Et, Michel-Édouard Leclerc a eu ces mots très durs : « Je n’ai pas attendu l’annonce foireuse d’un grand débat pour échanger avec des agriculteurs. Je ne participerai pas à une grossière manipulation. Je n’ai pas vocation à jouer l’idiot utile d’une opération de diversion ou être l’otage de stratégies politiciennes liées aux élections européennes ».

Et, ce n’est pas le show du chef de l’État, devant une soixantaine d’agriculteurs et de syndicalistes, qui lui a sauvé la mise : « L’objectif, c’est qu’on puisse déboucher sur des prix planchers qui permettront de protéger le revenu agricole et de ne pas céder aux pratiques prédatrices qui aujourd’hui sacrifient nos agriculteurs et leurs revenus ». Enfin !

Des prix planchers, selon Macron, permettraient de protéger le revenu agricole dans le cadre de la préparation d’une loi encadrant les relations entre les acteurs de l’alimentation, en assurant aux exploitants agricoles des revenus décents et inversant le rapport de force avec les industriels et les distributeurs, lors des négociations. Il s’agirait d’interdire la vente d’une marchandise en-dessous d’un prix suffisant pour assurer la rémunération de l’agriculteur.

Ce prix serait fondé sur un indicateur de coût de production agricole, sur lequel chaque filière (volailles, lait, viande bovine…) devrait se mettre d’accord. Il s’agit, selon les syndicats, d’un nouvel engagement qui irait au-delà du cadre législatif EGALIM, censé garantir la rémunération des producteurs, rehaussé à plusieurs reprises depuis 2018.

Pourtant, Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation, estimait que « ces mesures rappelaient Cuba ou l’Union Soviétique avec le succès que nous connaissons » !

Même, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau n’était pas enthousiasmé : « Si je mets le kilo de tomates à 10€ en France pour payer les agriculteurs et qu’on a, en final, des tomates à 3€, il va se passer quoi ? On a besoin que les prix montent, y compris au niveau national » !

Dans le monde agricole, le problème c’est aussi le surendettement. Récemment, un agriculteur s’est suicidé car il n’y arrivait plus. Les recommandés d’impayés s’accumulaient dans sa boîte aux lettres.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME.