Passer au contenu principal

TOULON : Littérature – Plongée historique dans le siè…

Partager :

TOULON : Littérature – Plongée historique dans le siècle sulfureux de la Basse-Ville

La librairie Charlemagne accueille une conférence inédite sur l’histoire méconnue et sulfureuse de la Basse-Ville, le jeudi 5 février prochain.

C’est une immersion dans un Toulon aujourd’hui disparu que propose le Club de la Presse du Var. Le jeudi 5 février à 18h30, la librairie Charlemagne devient le théâtre d’une présentation littéraire consacrée à l’ouvrage *Toulon dévergondée, la Basse-Ville (années 1880-1980)*. Dirigé par Marc Bayle, avec les contributions d’André Fourès, Léa Andréani et Colette Servières, cet événement promet de lever le voile sur un siècle d’histoire urbaine souvent occultée.

Le mythe du « Chicago » de la Méditerranée

La Basse-Ville toulonnaise a longtemps alimenté les fantasmes et la chronique locale. Comme le souligne l’ouvrage, ce quartier s’inscrit dans la tradition du « roman urbain » chère au critique Albert Thibaudet. Durant près d’un siècle, de 1850 à 1946, Toulon abritait son célèbre « Quartier Réservé », surnommé « Le Chapeau Rouge » ou le « Pavé d’amour ».

Géographiquement, ce périmètre de tolérance s’étendait entre le Cours Lafayette, la rue des Remparts, la rue de Lorgues et la rue Vincent Courdouan. Il s’agissait de l’unique zone de la cité portuaire où la prostitution était officiellement libre et autorisée, conférant à la ville une atmosphère particulière, mélange de transgression et de vitalité.

Une inspiration pour les plus grandes plumes

Cette ambiance singulière n’a pas manqué d’inspirer les écrivains. Les organisateurs de la conférence rappellent que les écrits de Claude Farrère, Pierre Loti, et plus tard ceux de Jean Cocteau, Francis Carco, Joseph Kessel, Blaise Cendrars ou encore Georges Bernanos ont forgé l’imaginaire sensuel de la Basse-Ville.

Toulon était alors une fête permanente pour les marins. Avides de compenser la rudesse de la vie en mer, les matelots descendaient dans ce quartier que Pierre Loti décrivait comme « ivre de soleil, de chaleur, d’alcool, de cris et de chants ».

Un pan d’histoire sociale et sociétale

Au-delà du folklore portuaire, l’ouvrage aborde des thématiques sociétales plus complexes. Qualifiée de « Capitale de la prostitution et de l’opium », la ville est devenue, durant l’entre-deux-guerres, un lieu marquant pour la communauté homosexuelle, suscitant souvent l’inquiétude des autorités et notamment de la Marine Nationale.

Rédigé par des natifs de Toulon et fins connaisseurs de l’histoire locale, ce livre riche d’une iconographie d’archives offre une perspective inédite sur l’identité toulonnaise. Pour assister à cette présentation et découvrir les secrets de ce « quartier à part », l’inscription est obligatoire par courriel (resa.clubpresse83@gmail.com) en précisant le nombre de personnes présentes.