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TOULON : Le troisième album de Pierre Beloni promet des sec…

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TOULON : Le troisième album de Pierre Beloni promet des secousses !

L’auteur-compositeur-interprète toulonnais avance comme ces artistes qui ne courent pas après la lumière : ils la fabriquent.

On se souvient de son « Toulon de mon enfance » (album : C’est la vie). Il taille ses chansons comme on taille une pierre, avec une précision d’artisan et une lucidité héritée de ses années de journalisme. Son troisième album, encore en gestation, pourrait s’intituler “Action – réaction” ou “Réactions en chaîne”. Une manière d’annoncer la couleur : celle qui secoue, qui relie, qui réveille.

5 ECLATS DE TERRAIN.

Cinq singles sont déjà lâchés sur les réseaux de streaming sans aucune promo. Ils intègrent cet album de 12 titres, prévu, au mieux, pour la fin du printemps. Ces cinq derniers titres forment un ensemble cohérent, comme un reportage musical sur l’époque.

« Fracture du temps » : une alerte froide, un monde qui vacille. « Liberté de presse » : un hommage aux voix qu’on a fait taire. « Radios libres » : une décharge brute héritée de ceux qui osaient parler hors cadre, hors règles, hors peur pendant les années 80. « Au début des 60 » : un souffle électrique sur la jeunesse et un impact sur notre présent. « Le pouvoir d’achat s’enfuit » : un groove serré qui épouse les acrobaties des fins de mois et raconte la survie au jour le jour des plus démunis.

Ces chansons parlent de peur, de mémoire, de résistance, d’héritage, de débrouille. « Je raconte ce que je vois. Les chansons, c’est ma façon de tenir un carnet de terrain. Ma manière de donner du sens à la vie. »

Un album qui réagit, qui relie et qui secoue. Ainsi, il impose une écriture qui transforme les zones grises de l’époque en matière poétique. Mais, surtout, chaque chanson y est pensée comme un projet complet. Pierre Béloni imagine ses compositions comme des œuvres à part entière où musique, paroles et vidéo forment un tout, comme la suite logique de l’émotion qu’il porte. « Je ne sépare jamais la musique et les paroles de la vidéo. Pour moi, une chanson constitue un univers à part entière. C’est mon style de construction. Je vois et je ressens ce que j’écris. Je visualise ma musique. »

Le journaliste n’a jamais rangé son carnet. Le réalisateur n’a jamais lâché sa caméra.

Ancien reporter et JRI, Pierre Béloni n’a jamais quitté le terrain. Il l’a simplement transformé. Ses chansons ressemblent à des scènes prises sur le vif, des moments qu’on ne veut pas laisser disparaître. Il ne dramatise pas, il ne simplifie pas : il observe. « Le journalisme m’a appris à observer, à analyser, avant d’écrire. Quand je compose, j’applique la même recette avec l’émotion en plus. »

D’où cet album qui mélange les époques et les genres musicaux. Et qui traverse plusieurs univers musicaux : du rock métal à la musique de film, en passant par les sons des années 80 et ceux du début des années 2000. Une palette large, assumée, qui lui permet de raconter le réel sous plusieurs angles, sans se limiter à un seul style. « Chaque chanson doit trouver sa forme pour transmettre l’émotion. Je refuse la facilité.»

SIGNATURE IDENTIFIABLE.

Au fil de ses albums, une cohérence solide s’impose. On y voit un engagement constant pour la mémoire, la liberté et la vérité. Chaque composition appelle son propre cadre. Le mélange entre documentaire, poésie et chanson s’affirme, tout comme cette volonté de créer des formes hybrides, à la frontière du témoignage, de la musique et de l’art visuel. Ce travail dessine peu à peu une signature bien identifiable : une chanson française engagée, portée par une esthétique narrative et sensorielle qui ne ressemble qu’à elle-même. Une voie singulière, assumée, qui continue de s’affiner titre après titre.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR.