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TOULON : Le Telegraphe est en deuil

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TOULON : Le Telegraphe est en deuil

Le Telegraphe est en deuil : sa Marraine s’en est allée.

Rona Hartner s’est envolée et ce soir, nous lui rendons un premier hommage. Un hommage qui durera, en plusieurs étapes, le temps qu’il faudra.
À vous qui peut-être l’avez connue, l’avez aimée, nous recueillerons vos témoignages avec douceur et respect : vous pouvez nous écrire, vous pouvez aussi venir et dire.
Ces souvenirs récoltés viendront nourrir le cœur et l’âme d’un Telegraphe orphelin, qui continue de veiller.

Il y a des deuils qui veulent prendre leur temps
Rendre la visite à chacune des paroisses habitées
Rona est un esprit qui incarne, transcende et répare
Les paroisses sont nombreuses
Et Notre Dame du Telegraphe en est une à elle seule
Il y a ce deuil que je voudrais faire durer
Tant ce qu’il apporte est puissant et libérateur

Le temps
La disparition d’abord
Soudain
Inattendu
Ou presque
C’est un cycle des rencontres
Des sons des sourires
Des couleurs
De la chaleur
Et la mémoire se rappelle
Alors l’esprit s’anime

À toi Notre Dame, je fais le vœu de rendre éternelle ta présence autant qu’elle voudra bien l’être,
Je ne voudrais pas jouer avec les lois de la grâce
Garder ce qui peut l’être
Et si d’aventure on venait à nous l’enlever
Faire le vœu de toujours me souvenir.

Quand une personne s’en va
On prend la mesure de ce qu’elle représente
Apporte
Et Rona,
Elle devine le monde
Fait apparaître le corps le cœur d’une harmonie audacieuse
Des couleurs brutes qui s’associent sur des matières étranges
Un sky vert sur un col monté de plumes blanches
Des chaînes d’or et de paille
Des écailles argents montées sur des talons d’argile

Une voix de soprane, en contre ténor qui voyage
Des plaines andalouses aux tapis de cérémonie,
Qu’ils soient avec ou sans alcool,
Forte et rythmée,
Puissante et légère,
Une mélancolie unique et brûlante…

Jamais trop elle donne à vivre l’esprit vagabond,
Une rengaine circassienne de music hall
Sans la nommer
Elle est tous les cardinaux du monde.

On entend au loin des pas qui s’annoncent
Un Hopaaa sincère et rythmé qui sonne haut,
Et c’est tout le Telegraphe qui sourit en se disant
Tiens, Rona est arrivée !
Parfois on l’attend, souvent longtemps !
Et parfois aussi elle est là ou l’on ne l’attend pas !

Une valise rose, et chaque image est un florilège de sons courageux qui disent :
Nous sommes ce que nous pouvons, et nous devons en faire une exception !

Passé le temps de la disparition,
Qui compte les images et les temps passés
Ce qui arrive, c’est la sensation tenace que sans elle, ces couleurs ne peuvent disparaître.
Ce qu’il y a de merveilleux avec une rencontre, c’est qu’elle ne nous laisse plus jamais les mêmes ;
Alors ces couleurs si elle n’est plus là pour les manifester
Il faudra bien d’une façon ou d’une autre les faire exister
Chacun à sa manière.

Notre Dame du Telegraphe m’a donné le ton,
Ce qu’elle nous dit en partant c’est une bénédiction,
Le chemin elle l’a ouvert pour nous, et pour moi,
Bien qu’elle nous manquera, sa voix encore plus, son esprit lui reste et demeure dans chacun des moments que nous nous apprêtons à vivre,
Et vivons déjà.
Les murs gardent sa couleur, et nous veillerons à les conserver.

Rona m’est apparue par deux fois,
J’aime à vouloir faire vivre l’adage du jamais deux sans trois !
Rona, ma très chère soeur, je suis tout ouïe !

Elle voyage le regard devant
Et l’esprit guidé
J’ai rencontré Rona.

Je peux le dire maintenant après ces quelques lignes
Rien ne sera plus jamais comme avant…

Repose en paix Rona, nous veillerons à colorer nos rivières de ton esprit vagabond !

HOPAAAAAAAAAA !!!
François