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TOULON : Jean-Louis Masson : « Oui, le contrôle l’immigrati…

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TOULON : Jean-Louis Masson : « Oui, le contrôle l’immigration doit être un levier majeur de redressement budgétaire » © PolitiqueMatin

Depuis des décennies, la France vit au-dessus de ses moyens.

« Chaque gouvernement annonce des réformes de structure, des efforts de rationalisation, des coupes dans les dépenses publiques – sans jamais oser s’attaquer à l’un des postes les plus sensibles mais aussi les plus explosifs de notre modèle social : le coût de l’immigration.

François Bayrou, dans son appel à un plan d’économies « de salut public », vise juste : notre pays ne pourra pas se redresser sans revoir en profondeur la manière dont il traite les dépenses publiques. Mais il faut aller jusqu’au bout du courage politique et inclure dans cette réflexion la question migratoire. Ce n’est ni une posture idéologique, ni un repli frileux : c’est une exigence de lucidité budgétaire.

L’immigration, angle mort du débat budgétaire

Les chiffres sont là, massifs, têtus. Chaque année, les dépenses publiques liées à l’immigration pèsent plusieurs dizaines de milliards d’euros. Entre les aides sociales, les dispositifs d’hébergement d’urgence, les soins médicaux gratuits (notamment l’AME), la scolarisation d’enfants non francophones et les politiques d’intégration souvent inefficaces, l’État, les collectivités et la sécurité sociale sont mis à rude épreuve.

Et pourtant, dès qu’on évoque un chiffrage, les cris d’orfraie fusent, les tabous resurgissent. C’est le seul domaine où la transparence semble interdite, où la rationalité économique est systématiquement renvoyée à l’extrême droite. C’est une erreur démocratique et une faute budgétaire.

L’immigration non maîtrisée est une source de déséquilibre financier

Soyons clairs : la France n’a plus les moyens ni les structures pour accueillir chaque année plus de 400 000 nouveaux étrangers (immigration légale, demandeurs d’asile, mineurs non accompagnés). Le modèle social français, fondé sur la solidarité nationale, est conçu pour une population stable, intégrée, partageant une langue, une culture, un pacte civique.

Quand ce modèle est confronté à une pression migratoire incontrôlée, souvent issue de zones à forte instabilité sociétale, il se fissure. Et la facture, elle, est bien réelle : sur le terrain, ce sont les départements – comme le Var –, chargés des solidarités, qui doivent gérer les conséquences immédiates, avec des budgets déjà sous tension. La prise en charge des mineurs isolés étrangers, par exemple, coûte à elle seule plus de 2 milliards d’euros par an aux conseils départementaux.

Des pistes concrètes d’économies qui relèvent d’un travail parlementaire pourraient être :

Une évaluation ou des critères de l’accès aux aides sociales non contributives pour les étrangers nouvellement arrivés ;
La réforme ou suppression de l’Aide Médicale d’État, qui coûte plus de 1,2 milliard d’euros par an et crée un appel d’air médical évident ;
Une maîtrise rigoureuse des flux migratoires, notamment familiaux et étudiants, qui pèsent indirectement sur les systèmes de santé, de logement et d’éducation ;
Une priorité nationale assumée dans l’attribution des logements sociaux, des aides et des formations.
C’est aussi une question de dignité humaine

D’une part, très lourdement endettée, la France ne peut répondre avec dignité aux arrivées de foules en détresse. D’autre part, l’absence de politique migratoire rigoureuse favorise la constitution de filières de trafic d’êtres humains, inacceptable pour le pays des droits de l’Homme. Sans changement ferme, nous ne ferons qu’ajouter de la misère à la misère tout en alourdissant vainement la charge de ceux qui paient.

Il n’y aura pas de redressement des finances publiques sans un réexamen de notre politique migratoire. Ce n’est pas seulement une demande de bon sens – c’est une exigence portée aujourd’hui par une majorité silencieuse de Français qui voient leur pays s’épuiser à force de déni.

Le courage politique commence là : dire la vérité, même quand elle dérange ».

Jean-Louis Masson est président du Conseil départemental du Var et ancien député.

« Oui, le contrôle l’immigration doit être un levier majeur de redressement budgétaire »