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TOULON : Henry PEYRET : « Comprendre ce que ressent un terr…

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TOULON : Henry PEYRET : « Comprendre ce que ressent un territoire avant de décider pour lui »

À l’approche des municipales, Wassati analyse les émotions des citoyens pour aider les élus à renouer le lien démocratique par une écoute sensible.

La fracture démocratique ne se mesure plus seulement dans les urnes, mais dans un ressenti diffus : celui de ne plus être compris. Alors que la campagne pour les élections municipales de 2026 s’intensifie, les programmes politiques peinent parfois à rencontrer le vécu réel des habitants. C’est sur ce terrain que se positionne Wassati (https://www.wassati.com), une startup spécialisée dans l’intelligence collective augmentée. Son fondateur, Henry Peyret, propose une rupture de méthode : dresser le bilan émotionnel d’un territoire pour éclairer l’action publique.

Le paradoxe toulonnais : réussite économique et mal-être citoyen.

L’analyse menée récemment sur Toulon illustre de manière frappante ce décalage entre les indicateurs macro-économiques et la réalité perçue. La ville affiche des succès indéniables : un statut de leader de l’innovation maritime, 400 000 croisiéristes attendus et l’écoquartier exemplaire de Chalucet. Pourtant, le diagnostic émotionnel révèle une note de satisfaction citoyenne de seulement 5,58/10.

Ce « paradoxe d’une ville à deux visages » met en lumière des tensions souterraines. Si la fierté patrimoniale est réelle suite aux rénovations du centre, elle cohabite avec une colère vive liée aux nuisances sonores et un sentiment d’insécurité nocturne, notamment chez les femmes. « La croissance économique ne ruisselle pas automatiquement en bonheur citoyen », souligne l’analyse, qui pointe également des transports en commun s’arrêtant trop tôt, créant un sentiment d’enclavement.

Des profils types pour mieux cibler l’action publique.

Pour dépasser la simple consultation, la méthode identifie des « personas », ces profils types d’habitants aux attentes spécifiques. À Toulon, le « Gardien du Silence » émerge comme une figure centrale. Habitant souvent le quartier du Mourillon, il paie ses impôts locaux mais vit les incivilités sonores comme une injustice et un abandon de la part de la municipalité.

Un autre profil, la « Sentinelle du Littoral », exprime une inquiétude écologique forte mais souhaite s’impliquer. Plutôt que de gérer ces profils comme des opposants, l’objectif est de transformer leurs frustrations en engagement. « L’enjeu n’est pas de gérer ces profils, mais de les transformer en alliés actifs », précise l’étude. Pour l’« Animateur de Nuit », frustré par le manque d’offre culturelle tardive, la solution ne réside pas dans la répression mais dans la création d’espaces de liberté encadrée.

Une technologie au service de l’humain.

L’approche de Wassati ne se contente pas d’automatiser la collecte d’avis. Elle utilise l’intelligence artificielle pour détecter les signaux faibles et les émotions dominantes — peurs, fiertés, frustrations — derrière les conversations en ligne et les interactions locales. Cette « écoute émotionnelle » permet de comprendre les causes profondes des opinions exprimées.

Ainsi, le modèle 3D développé par la startup analyse trois dimensions : les émotions visibles, les causes profondes et les valeurs. À Toulon, cela permet de comprendre que la colère d’un habitant face au bruit n’est pas juste une réaction épidermique, mais touche à une valeur fondamentale : la tranquillité individuelle, priorité absolue pour 65 % des sondés.

Vers un « ROI Citoyen ».

L’ambition est de passer d’une logique de dépense publique à une logique d’investissement dans la confiance. Wassati introduit la notion de « ROI Citoyen » (Retour sur Investissement), un indicateur mesurant l’efficacité perçue de chaque euro dépensé.

L’analyse démontre que pour un même budget, l’impact sur la satisfaction peut doubler si l’action est ciblée grâce à la data. Par exemple, plutôt que de lancer une application de signalement générique qui génère de la frustration, la mise en place d’une réponse humaine immédiate via des outils existants permet de restaurer le sentiment d’être écouté.

Soutenue par la région Hauts-de-France et Bpifrance, l’entreprise cherche désormais à étendre cette expérimentation démocratique. Henry Peyret invite les têtes de liste des municipales 2026, tous bords confondus, à adopter cette grille de lecture pour construire un « autre récit de la proximité ».

Plus d’informations sur l’entreprise sur leur page LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/wassati/