Passer au contenu principal

TOULON : François de Canson : « Si on ne parle pas de paix…

Partager :

TOULON : François de Canson : « Si on ne parle pas de paix, qui le fera à notre place » ?

Les 8 et 9 octobre, de nombreux experts français et internationaux étaient réunis au Palais Neptune à Toulon, pour la 3ème édition des Rencontres Stratégiques de la Méditerranée (RSMed), organisée en partenariat avec la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), en présence de François de Canson, vice-président de la Région Sud.

Fortes du succès des précédentes éditions, les RSMed 2024 ont pour objectif de croiser les regards des opérationnels, du monde académique et des industriels de défense afin de décrypter les grands enjeux internationaux actuels au profit de la réflexion stratégique. Durant deux jours, plus de 2 700 visiteurs, une cinquantaine d’intervenants, 15 pays représentés par des chercheurs, diplomates, journalistes, chefs d’état-major, industriels, ingénieurs et étudiants participaient à ces rencontres ainsi que François de Canson, vice-président de la Région Sud.

DEMOCRATIES AGRESSEES

En pesant chaque mot au trébuchet, l’élu régional s’est interrogé : « Pourquoi les RSMed sont importantes ici à Toulon, dans la région Sud et au bord de la Méditerranée ?
Peut être avant tout rappeler les invariants, invariants que Renaud Muselier a rappelés lors des commémorations du 7 Octobre à Marseille. Israël est engagé dans une guerre existentielle comme l’Ukraine, l’Arménie face à l’Azerbaïdjan. Ces trois pays font face à une même réalité de base : Ce sont des démocraties agressées. Sur Israël, il faut être clairs, que l’on soit d’accord ou pas avec la politique portée depuis des années par Netanyaou. Le 6 octobre 2023, Israël ne bombardait pas Gaza ! Ce sont bien les actes le 7 octobre 2023 du Hamas qui constituent le fait générateur avec les réactions en chaîne que l’on connaît. Un an après, il est difficile de concevoir la paix tant que le Hamas n’a pas libéré les otages ou restitué les dépouilles.

Pour couper court à toute surinterprétation ou extrapolation de ces propos, je serai clair : Aucune mort n’est acceptable et l’ensemble de l’embrasement de cette rive de la Méditerranée est une tragédie malheureusement répétée ».

François de Canson a ajouté : « Ces trois pays possèdent des trésors que nous avons en partage, fragiles et à sauvegarder, des trésors civilisationnels, notre liberté face à divers obscurantismes ne cachant pas leur volonté de défaire un ordre international dont ils contestent la légitimité. C’est en cela que nous sommes concernés au premier chef.

Quelle conséquence ? Depuis un an nous devons faire le deuil du tenu pour acquis et nombre de certitudes s’effondrent.

Fête, musique, festival… 1 200 morts, 251 personnes enlevées. C’est la fin de la vision idéalisée d’Israël en ultime refuge sécurisé. Pour les observateurs internationaux, depuis plusieurs années Israël était rentré dans un processus de normalisation de ses relations avec ses voisins musulmans via les accords d’Abraham. Là encore fin de l’utopie. Mais au-dessus de tout, ce que nous pensions enterrés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale rejaillit. Non, les horreurs des années 40 ne sont pas toutes éradiquées, les pulsions de déshumanisations sont toujours là ».

FLAMBEE DE L’ANTISEMITISME

Avec de réelles répercussions dans l’hexagone. La première est une flambée de l’antisémitisme avec plus de 300 % d’actes antisémites au 1er semestre 2024 et plus de 1000%, si on compare aux années 90 ! Par ailleurs, 6 cas sur 10 sont des atteintes aux personnes et 13% de ces actes antisémites ont lieu en milieu scolaire.

C’est aussi une répercussion politique avec un double message brouillé estime le vice-président de la Région : « Alors que la gauche est caractérisée globalement par une posture laïque et dreyfusarde, on a un peu perdu le fil lors des dernières élections quand la gauche classique républicaine n’a pas trouvé la clef pour s’opposer aux discours antisémites de sa frange la plus révolutionnaire. Tenir ces RSMed fait sens, aujourd’hui plus qu’hier, en France, en région Sud et à Toulon en particulier ».

« J’ai une pensée particulière pour les marins partis au large du Liban. Un pays qui, après 4 guerres avec Israël depuis 1978, l’explosion du port, l’effondrement financier de leur pays, et sans gouvernance, doit absorber le déplacement d’un million de personnes (1/5 de sa population). Si on ne parle pas de paix alors que le sujet n’a jamais été aussi brûlant alors quand le ferons-nous ? Qui le fera à notre place », s’interroge l’élu régional ?

Photo PRESSE AGENCE.

A NOTER…

Des temps forts dédiés à la Méditerranée :

Depuis 2017, la Région Sud organise chaque année « Méditerranée du Futur », qui regroupe une quarantaine de territoires de la Méditerranée, la Commission européenne, l’Union pour la Méditerranée autour de sujets en partage.
Elle accueille également le plus grand événement diplomatique depuis ces 10 dernières années avec le congrès des océans UNOC porté par l’ONU, qui se tiendra à Nice en juin 2025, avec un pavillon dédié à la Méditerranée et une journée le 10 juin pour la Méditerranée.
Et, dans les Commissaires européens à venir se niche une nouvelle Commissaire à la Méditerranée, ce qui permettra à la Région Sud d’avancer plus vite sur le sujet de la région méditerranéenne.