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TOULON : François de Canson : « L’IA représentera demain des centaines d’emplois qualifiés »
Le 8 décembre, en présence de Michel Rubino, de la French Tech Toulon et des représentants de Var Matin, François de Canson, vice-président de la Région Sud, a rappelé les enjeux de l’IA embarquée à l’occasion d’une séquence qui précédait la remise des Trophées Var Matin.
L’intervention de François de Canson :
Ce moment n’est pas un préambule : c’est un signal politique et économique.
Le signal que La région comme le Var n’attendent pas de permission pour entrer dans le XXIème siècle technologique.
Ils y entrent par la grande porte, avec l’énergie calme de ceux qui savent où ils vont et la détermination tranquille de ceux qui ne se laisseront pas doubler.
La French Tech, dans cet élan, joue un rôle essentiel : elle connecte, révèle, accélère, fédère, et permet à des entrepreneurs, des PME et des startups de porter des innovations qui deviennent des références.
Ce soir, nous parlons d’intelligence artificielle embarquée.

Et si cette expression peut sembler technique, elle porte en réalité un imaginaire immense, une révolution silencieuse : celle où l’IA quitte les laboratoires, les serveurs, les bureaux, pour devenir mobile, autonome, embarquée dans les systèmes, les navires, les drones, les robots, les armes, les véhicules…
Une IA qui agit, qui ose, qui assume sa place dans le réel, là où se jouent les risques, les missions, les destins ; une IA optimisée, sobre, parce qu’elle doit faire mieux avec moins — elle est, à sa manière, une réponse à la transition écologique numérique.
Nous sommes ici à Toulon : ville de mer, de défense, d’innovation, ville où l’on conçoit et où l’on fabrique des systèmes complexes, vitaux, exigeants, ville où l’on ne peut pas se contenter de technologies décoratives.
Ici, quand une technologie échoue, ce n’est pas un clic qui dysfonctionne, c’est une mission, un navire, une frontière, un équipage.
L’excellence n’est pas un luxe. Elle est une condition de sécurité nationale. Et c’est pour cela que l’IA embarquée trouve ici son épicentre naturel, comme si cette terre de marins et d’ingénieurs, habituée à affronter le vent, le sel, et l’imprévisible, portait en elle une vocation à dompter la complexité.
Ce territoire concentre des acteurs majeurs que je veux saluer :
STMicroelectronics, avec Édouard Dulau,
Naval Group, avec Sébastien Rousset,
Le 21ème RIMA, avec le colonel Delort,
L’Université de Toulon, avec son président Xavier Leroux,
L’ISEN Méditerranée, avec Agnès Laville,
les équipes de l’État avec Isabelle Lebreton,
et le lancement ce soir de l’étude financée par l’ANCT, présentée par Céline Brunet, pour la création d’un Centre International de l’IA Embarquée Maritime.
Mais ce tissu d’excellence repose aussi sur des PME, des startups, des entrepreneurs audacieux, qui, parfois, travaillent dans l’ombre, et inventent les briques technologiques dont tout dépendra demain.
Elles sont le cœur battant de notre compétitivité. Peu de territoires en France peuvent aligner une telle intensité de compétences, de recherche, d’industrie, de défense et de formation.
Ce n’est pas un hasard. C’est un capital.
Et dans un monde de compétition exacerbée, le capital, il faut le transformer en puissance. Ceux qui ne le feront pas seront relégués à la périphérie de l’histoire.
Nous vivons un moment où l’histoire s’accélère, où les nations se redéfinissent non plus seulement par leur sol, leur PIB, ou leur armée, mais par leur capacité à produire, maîtriser et intégrer des technologies qui donnent un avantage décisif.
L’IA est à la fois une force économique, une arme stratégique, un accélérateur de productivité, un vecteur de transformation sociale, un enjeu de souveraineté européenne, et, osons le dire, un révélateur de volonté politique.
Ceux qui avanceront pourront être puissants. Ceux qui hésiteront seront dépendants. Et dans ce monde qui redistribue les cartes, la passivité n’est pas une option.
C’est dans cette perspective que le Président de la Région Sud, Renaud Muselier, a engagé la Région dans un plan offensif, assumé :
SUD IA, doté de 70 millions d’euros sur cinq ans, pour mettre l’IA au service de la population, la rendre accessible à tous, et faire de la Région Sud un leader français.
Ce plan est à la fois : un acte de confiance, un acte de protection, et un acte de conquête.
Son message est clair : les progrès technologiques doivent être des moteurs, et non des freins, au développement de la Région et de son économie.
Et il faut les saisir pendant qu’il en est encore temps, parce que l’IA représentera demain des centaines d’emplois qualifiés, peu délocalisables, qui feront vivre nos entreprises, nos familles, nos territoires.
Et cette ambition ne pourra se déployer que si nous répondons au défi le plus essentiel : le talent humain.
Pas seulement des ingénieurs de très haut niveau, mais aussi des techniciens, des opérateurs, des analystes, des programmeurs, des mainteneurs.
L’IA embarquée ne dépendra pas uniquement de technologies. Elle dépendra de compétences, de formations, de parcours, de vocations, de passions. Elle dépendra de l’humain, de sa capacité à apprendre, à s’adapter, à comprendre ce qu’aucune machine ne comprendra jamais : la nuance, le doute, le sens. Et nous devons faire en sorte que les femmes trouvent pleinement leur place dans ces métiers d’avenir. Cela exige une convergence entre l’Université, les écoles d’ingénieurs, les laboratoires, les industriels, les armées, les collectivités publiques. Et à cet égard, je veux saluer très chaleureusement l’engagement de l’Université de Toulon, dont la stratégie est devenue un pivot de la montée en compétence du territoire.
En intelligence et en complémentarité avec l’ensemble de l’écosystème d’enseignement et de recherche. Nous aurons besoin de plus de filières, plus de passerelles, plus de diplômes, plus de coopérations, plus de couteaux suisses technologiques.
Pas dans dix ans. Maintenant.
Car les talents que nous ne formerons pas aujourd’hui seront captés ailleurs demain. Parce qu’aujourd’hui, le marché ne réclame pas juste des diplômes. Il réclame des compétences pour servir la nation, l’industrie, la mer, mais aussi pour répondre à des enjeux civils cruciaux : feux de forêt, secours, crises climatiques, demain nos Jeux d’hiver 2030, événements d’envergure. Et il les réclame ici, dans un territoire qui peut devenir un démonstrateur européen de puissance technologique maritime. Non pas un sous-traitant, non pas un satellite, mais un chef de file, un aimant, un lieu qui attire les talents du monde entier.
Et si nous ne saisissons pas cette place, quelqu’un d’autre la prendra.
Ce soir, nous ne venons pas décrire ce que nous sommes.
Nous venons dessiner ce que nous pouvons devenir : une région qui n’a pas peur de la technologie, qui investit massivement, qui innove, qui protège, qui ose; et un territoire — le Var, Toulon — qui porte une technologie qui ne délègue ni sa pensée, ni sa sécurité, ni sa responsabilité, parce qu’elle sait que l’outil ne remplace jamais le courage, et que le progrès ne vaut que s’il élève.
La Méditerranée est redevenue un espace de compétition stratégique, énergétique, environnementale.
Toulon doit être l’un des endroits où l’on invente la technologie qui protège l’avenir.
L’IA embarquée, c’est l’IA du monde réel.
Celle qui exige du courage, du talent, et de la responsabilité. Celle qui ne remplace pas l’humain, mais qui le sert, dans les moments où la précision est vitale et où l’hésitation coûte trop cher. C’est l’IA des gens de mer, des gens de terrain, de ceux qui avancent malgré le doute, parce que quelqu’un doit avancer. Et je crois profondément que peu de territoires peuvent porter cette vision avec la légitimité, la vision et l’énergie que vous avez, ici, en Méditerranée. Je crois que vous avez, dans les mains, les ressources humaines, industrielles et morales pour faire de l’intelligence artificielle embarquée non pas une curiosité technologique, mais une signature méditerranéenne, une fierté française, un élément de souveraineté européenne. Alors poursuivons ce travail, avec ambition, pragmatisme, et confiance, pour faire de la Région Sud le territoire qui invente les solutions du monde qui vient, et de Toulon l’un des rares lieux où l’intelligence artificielle devient un instrument de puissance, de liberté, et de dignité collective, dans un monde qui ne pardonne ni l’hésitation, ni la résignation.
Si nous voulons être acteurs du monde qui vient, pas ses spectateurs, alors allons-y ensemble, avec audace.
A ce titre, je vous invite d’ores et déjà le 16 décembre à 17h30 à la Région pour le lancement de l’OIR Défense et Sécurité.
Photos CRT.


