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TOULON : Environnement – De la pollution sonore aux t…

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TOULON : Environnement – De la pollution sonore aux transports, la mobilisation citoyenne s’intensifie

Dans le Var, des associations multiplient les actions contre les pollutions, des transports à la mer, et alertent sur les enjeux de santé.

La métropole toulonnaise et le département du Var sont au cœur de plusieurs combats environnementaux majeurs, portés par des collectifs citoyens déterminés à faire valoir le droit à un environnement sain. Des recours juridiques contre des projets d’urbanisme aux alertes scientifiques sur l’avenir du littoral, en passant par la lutte contre les pollutions quotidiennes, l’actualité récente témoigne d’une prise de conscience et d’une volonté d’action accrues.

Transports : la bataille du « Gros Bus » se poursuit au tribunal

Le projet de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), souvent qualifié de « Gros Bus » par ses détracteurs, continue de cristalliser les tensions. L’association Toulon Var Déplacements (https://toulonvardeplacements.fr/) a récemment intensifié son opposition en déposant deux recours gracieux. Le premier vise la délibération de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) du 24 septembre 2025 validant le projet, et le second conteste la déclaration d’utilité publique prononcée par le préfet. L’association, qui milite pour l’instauration d’un « vrai tramway », a déjà annoncé que ces démarches seraient très probablement suivies de recours contentieux devant le Tribunal Administratif. Jugeant que le BHNS ne permettra « ni d’améliorer le niveau actuel des transports en commun, ni de diminuer la pollution et les gaz à effet de serre », le collectif a lancé un appel aux dons (https://toulonvardeplacements.fr/soutien) pour financer ces procédures judiciaires coûteuses.

Menaces sur la conchyliculture et la biodiversité marine

Le littoral méditerranéen fait face à des menaces grandissantes. Une étude scientifique, publiée le 13 décembre 2025 dans la prestigieuse revue *Earth’s Future* (https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/journal/23284277), a tiré une sonnette d’alarme particulièrement inquiétante. Des chercheurs du CNRS, de l’Ifremer et de Sorbonne Université y anticipent un « effondrement total » des cultures de moules en Méditerranée dès 2050 si le réchauffement de la mer atteint 1°C. Cette projection met en péril toute une filière économique et un pan du patrimoine gastronomique régional.

À cette menace climatique s’ajoute la pollution directe. Fin novembre 2025, trois armateurs de navires ont été condamnés dans le département voisin des Bouches-du-Rhône pour des rejets illégaux. L’un d’eux a notamment déversé 72 millions de litres d’eaux usées toxiques, issues de son système de lavage des fumées, à moins de trois milles des côtes, illustrant la pression constante exercée sur l’écosystème marin.

Nuisances urbaines : le bruit, un enjeu de santé publique

La pollution n’est pas seulement visible, elle est aussi sonore. Selon une analyse de La Fabrique de la Cité (https://www.lafabriquedelacite.com/), 60 % des Français se déclarent gênés par le bruit à leur domicile. Dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, comme celle de Toulon, près de 40 % des habitants sont exposés à un niveau sonore supérieur à 60 décibels (dB). Or, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a identifié des effets néfastes sur la santé, notamment cardiovasculaires et psychologiques, dès le seuil de 55 dB. La loi impose d’ailleurs depuis 2002 aux métropoles comme TPM la réalisation d’un Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE), un outil jugé essentiel pour cartographier les zones critiques et mettre en œuvre des solutions concrètes.

De la grande distribution aux cosmétiques, la traque aux polluants

La vigilance citoyenne s’exerce également sur les produits de consommation. Les associations France Nature Environnement (FNE) et Surfrider ont récemment mis en demeure plusieurs grandes enseignes, dont Amazon, Temu, Metro et La Foir’fouille, de cesser la vente d’articles en plastique à usage unique (gobelets, couverts, pailles) interdits par la loi anti-gaspillage de 2020. Cette action a porté ses fruits, puisque plusieurs de ces produits illégaux ont été retirés des plateformes de vente. Par ailleurs, l’Association Santé Environnement France (Asef) continue d’alerter sur la présence de substances potentiellement nocives dans de nombreux produits du quotidien, des cosmétiques aux produits d’hygiène, invitant les consommateurs à une plus grande vigilance.