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TOULON : Économie maritime – François de CANSON : « U…

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TOULON : Économie maritime – François de CANSON : « Un écosystème pesant 120 000 emplois en Région Sud »

Présentée à Toulon, une nouvelle étude de l’INSEE révèle que l’économie maritime, incluant le tourisme littoral, représente 120 000 emplois en Région Sud.

La Région Sud confirme son statut de première région maritime de France. Une nouvelle étude de l’INSEE, présentée ce jeudi à Toulon en partenariat avec la Région, la DREETS, le Pôle Mer Méditerranée et Riviera Yachting Network, dresse le portrait d’un secteur économique d’une puissance considérable. Loin d’une vision cloisonnée, l’analyse met en lumière un véritable écosystème qui, en intégrant l’ensemble des activités directement liées à la mer, totalise près de 120 000 emplois.

Ce chiffre marque un changement de perspective majeur, invitant à considérer la construction navale, les ports, la recherche, le nautisme, la Marine nationale et le tourisme littoral comme les composantes interdépendantes d’un même moteur de développement. Si le périmètre des activités maritimes strictes compte près de 26 000 salariés, l’intégration du tourisme littoral et de la Marine nationale fait bondir ce total à plus de 102 000 emplois, et jusqu’à 120 000 avec les activités connexes.

Un poids économique majeur dominé par le tourisme

Avec ses 1 000 kilomètres de côtes et ses trois métropoles littorales, la Région Sud tire une force économique considérable de son attractivité. Le tourisme littoral s’impose comme le premier employeur de cet écosystème maritime élargi, avec 62 200 salariés. Ce secteur irrigue une large part de l’économie régionale, faisant vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les commerces et de nombreux services.

Face à ce constat, la Région Sud souligne sa double responsabilité : préserver cette attractivité tout en organisant un tourisme plus durable, mieux réparti sur le territoire et dans le temps, et plus respectueux des équilibres naturels.

Une puissance industrielle, numérique et stratégique

Au-delà du tourisme, l’étude rappelle la dimension industrielle et stratégique de l’économie maritime régionale. La Région Sud abrite le premier port de commerce français en tonnage à Marseille et le premier port militaire et scientifique d’Europe à Toulon.

Fait moins connu, la façade maritime régionale est également le cinquième hub mondial de connexion numérique grâce aux câbles sous-marins qui y convergent. Une part essentielle des flux de données entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie transite par le territoire, faisant de la mer un enjeu de souveraineté non plus seulement commercial mais aussi numérique. Cette puissance s’appuie sur des géants comme Naval Group ou CMA CGM, un tissu de PME innovantes et des centres de recherche de premier plan tels que l’Ifremer ou le Pôle Mer Méditerranée.

Le yachting, une filière d’excellence complémentaire

Le yachting illustre parfaitement la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur par la région. Cette filière représente à elle seule un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros. L’étude met en évidence une complémentarité territoriale remarquable : à l’ouest de Cavalaire, l’activité est principalement tournée vers la maintenance et le refit (84 % des yachts en chantier), tandis qu’à l’est, elle est dédiée à l’activité touristique (91,5 % des unités en navigation).

Compétences et innovation, les défis de demain

Cette dynamique économique soulève d’importants défis, au premier rang desquels celui des compétences. Les entreprises du secteur recherchent activement des profils variés : techniciens, ingénieurs, soudeurs, mais aussi spécialistes de la robotique, de l’intelligence artificielle et personnels pour le tourisme. Pour y répondre, la Région soutient des initiatives comme le Campus des Métiers et des Qualifications de la Mer et la création d’une nouvelle école d’ingénieurs à Toulon dédiée aux technologies de la mer et de la défense.

L’innovation et la réindustrialisation constituent le second défi. À travers son Opération d’Intérêt Régional « Économie de la Mer », la Région accompagne les filières d’avenir : éolien flottant, biotechnologies marines ou encore technologies sous-marines. Le projet de Naval Group aux Bormettes, à La Londe-les-Maures, visant à créer une référence européenne dans les essais de drones sous-marins, en est une parfaite illustration.

Concilier les usages pour un développement durable

Enfin, l’étude rappelle la nécessité de concilier les multiples usages du littoral (industriels, militaires, touristiques, pêche, etc.). Des structures comme le Parlement de la Mer et des initiatives environnementales ambitieuses telles que la Garde régionale marine, la certification « Ports Propres » ou le programme « Escales Zéro Fumée » visent à construire un équilibre durable. Pour la Région, la préservation de la Méditerranée n’est pas un frein au développement, mais la condition même de sa compétitivité future.

Photo Alain BLANCHOT (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR) via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).