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TOULON : Drones, la défense dans la mouise ! 

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Gilles Carvoyeur
12 Mai 2024

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TOULON : Drones, la défense dans la mouise ! 

À une encablure des Jeux Olympiques, les ratés du système de lutte anti-drones continuent de battre de l’aile.

Développé par Thalès, le système Parade, censé protéger le ciel parisien des attaques de drones lors de la cérémonie d’ouverture sur la Seine, enchaîne les déboires.

Les drones représentent, en effet, une menace de très haut niveau car, d’une utilisation facile, ils ne nécessitent pas une grande organisation logistique. Il y en a beaucoup dans l’Hexagone et les convertir en armes est très simple et très abordable.

Le lancement de drones explosifs, filant sur une foule de spectateurs réunis au bord de la Seine lors de la cérémonie d’ouverture, constitue un calvaire sécuritaire pour les forces de l’ordre. Les armées, le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police de Paris ont mis les bouchées doubles pour éviter tout survol intempestif de la capitale.

Mais, le programme Parade de Thales, choisi par la Direction générale de l’armement (DGA), n’a guère fait d’étincelles lors d’un test grandeur nature, organisé le 14 mars sur la base aérienne de Villacoublay. Selon des sources sécuritaires, les tests n’ont pas donné entière satisfaction, le système n’a détecté qu’un drone malveillant sur trois et dans un rayon de moins de 800 mètres.

Début avril, lors d’une audition à huis clos devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armée du Sénat, Emmanuel Chiva, le patron de la DGA, a tout fait pour rassurer les parlementaires, leur promettant que Parade serait prêt pour les Jeux.

Le ministre des Armées, frappé par la démonstration ratée de Villacoublay, a rabroué le grand chef des ingénieurs de l’armement. Et, il a exigé une nouvelle évaluation, sans témoins, cette fois. Les nouveaux tests, plus incisifs, ont confirmé l’inquiétante myopie du système, qui est censé révolutionner la lutte anti-drones. Pour Thales et son partenaire CS Group, c’est une chute libre !

Le ministre a exigé de l’industriel qu’il lance une batterie d’autres tests, sur les sites olympiques, avec des simulations en temps réel. Thales est donc prié de s’améliorer en tenant compte des contraintes topographiques des zones de déploiement.

De son côté, l’armée de l’air doit mettre en place les dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA). Après s’être fait fourguer, ce programme à 350 millions d’€ par la DGA, menace de renvoyer les six systèmes Parade reçus sans les payer. Les aviateurs vont donc compléter leur arsenal anti-drones avec cinq systèmes Bassalt, fabriqués par une filiale d’Aéroports de Paris, dont deux loués à la dernière minute !

Informé des déboires de Parade, Macron a quémandé du matériel auprès des Britanniques pour compléter la panoplie tricolore défaillante.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).