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TOULON : Christian PHILIBERT : « Il est urgent de donner aux jeunes le goût de l’histoire »
Le réalisateur varois Christian Philibert présente son film « Maquisards », une œuvre qui relie la Résistance de 1944 à la jeunesse d’aujourd’hui.
Vingt-sept ans après le phénomène cinématographique « Les 4 saisons d’Espigoule », le réalisateur varois Christian Philibert revient avec « Maquisards », un long-métrage documentaire qui explore une page méconnue de l’histoire locale pour la transmettre aux nouvelles générations. Le film, qui retrace l’épopée du maquis Vallier dans le Haut-Var en 1944, sera présenté en avant-première le jeudi 9 avril prochain au cinéma Pathé La Valette, près de Toulon, en présence de l’équipe. L’œuvre se distingue par son approche originale : raconter l’histoire des jeunes résistants à travers le parcours de sept jeunes varois d’aujourd’hui, recrutés pour monter une pièce de théâtre sur ce sujet.
Une genèse originale : de la scène à l’écran
Le projet est né de la découverte par Christian Philibert du « Cahier rouge du maquis », le journal de bord de Gleb Sivirine, alias le lieutenant Vallier, qui commandait ce groupe de résistants. Face au manque d’images d’archives et de témoins vivants, le cinéaste a choisi une voie créative. « Il fallait donc inventer autre chose, être plus créatif. J’ai alors proposé au metteur en scène Philippe Chuyen d’adapter au théâtre le journal de Sivirine », explique Christian Philibert. Le film documente ainsi cette aventure théâtrale et humaine, de la sélection des comédiens à la création du spectacle. Le ciné-spectacle « Maquisards », véritable fil rouge du long-métrage, a déjà rencontré un vif succès lors d’une vingtaine de représentations dans le Var entre 2024 et 2025.
Un projet social et mémoriel
Plutôt que de faire appel à des acteurs professionnels, la production s’est tournée vers les missions locales du Var pour recruter sept jeunes, tous déscolarisés et âgés de seize à vingt-cinq ans, soit le même âge que les maquisards de 1944. « Cela donnait au projet une véritable dimension sociale, mais cela augmentait aussi le risque. Au final, cela a apporté au spectacle – et donc au film – une fragilité et une authenticité qui ont énormément enrichi le projet », souligne le réalisateur. Pendant six mois, ces apprentis comédiens se sont immergés dans l’histoire. Encadrés par des professionnels, ils ont mené une véritable enquête sur le terrain, des gorges du Verdon à la presqu’île de Giens, rencontrant des historiens comme Jean-Marie Guillon et des descendants de résistants, transformant une création artistique en une expérience de vie.
Du Haut-Var à un message universel
Le film fait le parallèle entre les deux époques : l’attente interminable du débarquement pour les résistants de 1944 et les défis de la création pour les jeunes de 2024, deux aventures où l’engagement et la solidarité sont essentiels. Le récit du maquis Vallier, de sa formation clandestine en février 1944 jusqu’à ses faits d’armes comme la libération de Collobrières et la capture de 154 soldats allemands à Hyères, prend une résonance particulière aujourd’hui. « Surtout quand on sait que Gleb Sivirine, le héros de cette histoire, est né à Odessa, en Ukraine. Cette résonance historique est troublante », confie Christian Philibert. Au-delà de l’hommage, le film se veut un outil de transmission. « Je suis convaincu qu’il faut donner aux jeunes le goût de l’histoire. Il est urgent de rebâtir un récit national plus nuancé, plus proche de la complexité du réel, et justement pour cela, plus authentique et plus fédérateur », affirme-t-il.
Labellisé par le GIP Mission Libération dans le cadre du 80ème anniversaire des débarquements, « Maquisards » débutera sa tournée d’avant-premières régionales le 20 mai 2026, avant une sortie nationale prévue pour le 16 septembre. Toutes les informations sont disponibles sur le site officiel des Films d’Espigoule (www.espigoule.com).

