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TOULON : Capitaine de vaisseau Delarieu : « La mission Jean…

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TOULON : Capitaine de vaisseau Delarieu : « La mission Jeanne d’Arc est une école d’application en zone de friction »

Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude et la frégate Aconit ont quitté Toulon ce mardi pour un déploiement stratégique de cinq mois en Indopacifique.

Le top départ a été donné ce mardi 17 février 2026. Le Groupe Jeanne d’Arc a largué les amarres depuis le port militaire de Toulon, entamant un périple qui mènera près de 800 militaires jusqu’aux confins de l’océan Indien et du Pacifique. Articulée autour du porte-hélicoptères amphibie (PHA) *Dixmude* et de la frégate légère furtive *Aconit*, cette mission annuelle revêt une double importance capitale pour la Marine nationale : former l’élite de ses futurs officiers et affirmer la présence française dans une zone aux enjeux géopolitiques majeurs.

L’école du commandement à la mer.

Pour les 162 officiers élèves embarqués, souvent surnommés « Midships », ce déploiement marque la fin du cursus académique et le début de la réalité opérationnelle. « La mission Jeanne d’Arc constitue le point culminant de la formation des futurs officiers de la Marine nationale », a expliqué le capitaine de vaisseau Delarieu, commandant du PHA Dixmude.

Il ne s’agit pas d’une simple croisière d’observation. Les élèves, parmi lesquels figurent également 16 jeunes officiers de marines alliées ainsi que des médecins, commissaires et administrateurs des affaires maritimes, seront mis en situation réelle. « C’est bien une école d’application. Ces jeunes officiers seront placés aux responsabilités en passerelle, au central opération et au PC navire. C’est pour eux une excellente façon d’apprendre en étant immergés dans des zones parfois de friction », a précisé le commandant de la mission. L’objectif affiché est clair : qu’à leur retour à Toulon en juillet, ils soient « prêts à l’emploi » pour rejoindre leurs premières affectations.

Une capacité de projection interarmées.

Au-delà de sa vocation formatrice, le Groupe Jeanne d’Arc est une véritable force de combat projetable. La mission 2026 se distingue par une forte composante interarmées, intégrant un Groupement Tactique Embarqué (GTE) à dominante infanterie. Ce détachement comprend des éléments de la 9ème Brigade d’Infanterie de Marine (BIMa), un sous-groupement du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) fort de 100 militaires, ainsi que des moyens de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT).

Côté équipements, le déploiement est conséquent. La flottille 34F fournit un hélicoptère Dauphin pour la surveillance et le secours, tandis que la flottille 36F déploie ses drones S-100 Camcopter. Le volet aérocombat est assuré par la 4ème Brigade d’Aérocombat, dotée de deux hélicoptères Caïman et deux Gazelle. Cette configuration offre une polyvalence totale, allant de l’assistance humanitaire après une catastrophe naturelle à la lutte contre les trafics illicites ou la conduite d’opérations amphibies.

Un parcours stratégique en trois temps.

Le tracé de l’édition 2026 reflète les priorités stratégiques de la France. Le groupe naval traversera la Méditerranée et le canal de Suez pour rejoindre la mer Rouge et l’océan Indien, contribuant au passage aux opérations de sûreté maritime *Aspidès* et *Atalanta*.

La première phase sera marquée par des escales en Égypte, au Kenya et en Tanzanie, avant de rejoindre les départements français de Mayotte et de La Réunion. « Nous participerons à l’exercice régional d’importance Papang 2026, organisé par les forces armées dans la zone sud de l’océan Indien fin avril », a détaillé le capitaine de vaisseau Delarieu.

La deuxième phase verra le groupe basculer vers l’est de l’océan Indien et le Pacifique pour des manœuvres de haute intensité. Le *Dixmude* et l’*Aconit* participeront notamment à l’exercice *Balikatan 2026* aux Philippines, puis à l’exercice *Lapérouse* au large de la Malaisie. Enfin, le chemin du retour passera par l’Inde, les Émirats arabes unis et Djibouti, consolidant les partenariats historiques de la France dans la région.

Une fierté pour les 400 ans de la Marine.

Ce déploiement intervient dans un contexte particulier, alors que la Marine célèbre ses 400 ans d’existence. Une dimension symbolique forte pour l’équipage et les élèves, qui porteront cet héritage sur trois continents. Cette projection de puissance s’ajoute à l’activité intense de la flotte française : avec l’exercice *Orion 2026* mobilisant le porte-avions *Charles de Gaulle* et les PHA *Tonnerre* et *Mistral*, la totalité des navires de projection à pont plat de la France est actuellement à la mer. Une performance logistique et humaine qui place la Marine nationale au premier rang des marines européennes.