TOULON : BTP et urbanisme – Quand la Fédération du bâ…
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TOULON : BTP et urbanisme – Quand la Fédération du bâtiment auditionne les candidats maires
En amont des municipales de 2020, la Fédération du BTP du Var avait organisé des auditions pour placer le logement au cœur des débats.
Alors que les débats nationaux éclipsent souvent les préoccupations locales, la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) du Var avait pris, en février 2020, une initiative marquante à l’approche des élections municipales. Elle avait organisé une série d’auditions individuelles avec les candidats en lice dans huit communes stratégiques du département : Toulon, La Seyne-sur-Mer, Hyères, Brignoles, Draguignan, Fréjus, Saint-Raphaël et Sainte-Maxime. L’objectif était clair : s’assurer que les enjeux fondamentaux liés au logement, à l’aménagement du territoire et aux infrastructures ne soient pas les grands oubliés de la campagne.
Une initiative pour peser sur le débat local
La démarche se voulait avant tout constructive. Plutôt que de laisser les sujets techniques aux seuls experts, la Fédération a souhaité sensibiliser les futurs maires aux réalités économiques et sociales de leur territoire. Il s’agissait de connaître précisément leurs intentions en matière d’urbanisme, de politique du logement et d’investissement public. Cette série d’entretiens visait également à établir une base de dialogue solide pour le mandat à venir, permettant aux professionnels du secteur de pouvoir, à terme, interpeller les élus sur la base de leurs engagements de campagne. En choisissant des lieux neutres comme des cinémas ou des théâtres pour ces rencontres, la Fédération garantissait une équité de traitement entre tous les candidats.
La crise du logement et l’emploi en première ligne
Au cœur des préoccupations soulevées figurait la crise criante du logement dans le Var. Selon les estimations de la Fédération à l’époque, le besoin en nouveaux logements sur l’axe Brignoles-Toulon-Draguignan-Fréjus s’élevait à 9 000 unités pour les dix prochaines années. Or, la production annuelle peinait à atteindre la moitié de cet objectif, avec seulement 4 500 logements construits. Ce déficit a des conséquences directes non seulement pour les habitants en quête d’un toit, mais aussi pour l’économie locale. Le secteur du BTP, avec ses 24 000 salariés dans le département, est un pilier de l’emploi. La Fédération rappelait alors avec force qu’un discours prônant de « ne plus construire » se traduisait inévitablement par des destructions d’emplois locaux et un frein au dynamisme du territoire.
Urbanisme et infrastructures : au-delà des slogans politiques
Les auditions ont permis d’aborder des sujets concrets, souvent complexes. Les discussions ont porté sur les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), la nécessité de réduire les délais d’instruction des permis de construire et la gestion préventive des risques, notamment les inondations qui touchent régulièrement des villes comme Draguignan. La Fédération a profité de ces échanges pour dénoncer certains discours politiques jugés déconnectés des réalités, notamment ceux prônant la « fin de la bétonisation ». Pour les professionnels, de telles positions, si elles sont populaires, peuvent se révéler irresponsables face aux besoins réels en équipements publics, en écoles, en infrastructures de transport ou en logements pour les actifs. L’impact du tourisme, via l’explosion des résidences secondaires et des plateformes de location de courte durée, a également été mis sur la table comme un facteur aggravant la tension sur le marché immobilier local.
Un cadre neutre pour des échanges constructifs
Chaque candidat a été reçu individuellement pendant environ une heure, répondant à un guide d’entretien commun mêlant questions ouvertes et fermées. Cette méthode rigoureuse avait pour but de permettre une comparaison objective des différents programmes. Loin de vouloir distribuer des « bons ou mauvais points », la Fédération a misé sur la transparence. Une synthèse des réponses et des engagements pris par chaque candidat a ensuite été transmise à l’ensemble de ses entreprises adhérentes. Celles-ci, en tant qu’employeurs et électeurs, ont ainsi pu se forger une opinion éclairée sur la vision de ceux qui aspiraient à diriger leur commune pour les six années suivantes.