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TOULON : Biodiversité – MED-GUARD explore les estuaires souterrains pour la résilience côtière
L’Université de Toulon lance MED-GUARD, un projet international financé par la Fondation BNP Paribas pour étudier les estuaires souterrains.
Face à une mer Méditerranée qui se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale, la recherche de solutions naturelles pour préserver les écosystèmes côtiers devient une priorité. C’est dans ce contexte que l’Université de Toulon, en collaboration avec un consortium de sept partenaires internationaux, lance le projet MED-GUARD (MEDiterranean GroUndwater Adaptation and Resilience to climate change Disturbances). Soutenue à hauteur de 730 000 euros par la Fondation BNP Paribas, cette initiative scientifique de trois ans vise à percer les mystères des estuaires souterrains et leur rôle potentiel de rempart contre les pollutions.
Le coup d’envoi officiel du projet sera donné le jeudi 16 avril 2026 à 11h, sur la plage du Pellegrin à Bormes-les-Mimosas, par une première journée de prélèvements en présence de tous les acteurs scientifiques et d’élus de la Région Sud.
Des écosystèmes méconnus au rôle potentiellement crucial
Situés à l’interface fragile entre la terre et la mer, les estuaires souterrains sont des milieux complexes où les eaux douces souterraines se mêlent à l’eau de mer. Ces zones subissent des pressions croissantes liées au dérèglement climatique et aux activités humaines, notamment la pollution. Si les scientifiques suspectent depuis longtemps que ces estuaires agissent comme des filtres naturels capables de dégrader certains contaminants avant qu’ils n’atteignent le large, leur fonctionnement précis et leur importance écologique demeurent largement méconnus.
Le projet MED-GUARD se propose de combler cette lacune. L’objectif est de déterminer comment les communautés microbiennes présentes dans ces estuaires s’adaptent aux perturbations climatiques et si elles participent activement à la bioremédiation, c’est-à-dire à l’élimination naturelle des polluants. Les résultats de ces recherches pourraient être décisifs pour élaborer de nouvelles stratégies de protection de la biodiversité marine, en s’appuyant sur des leviers naturels et résilients.
Une campagne de prélèvements pour trois ans de recherche
La journée du 16 avril sur la plage du Pellegrin marquera le début d’une vaste campagne d’échantillonnage. Les équipes scientifiques prélèveront des échantillons d’eau et de sédiments à différentes salinités. Ces derniers seront ensuite analysés en laboratoire pour mesurer les concentrations en nutriments, en métaux, mais aussi en contaminants organiques d’origine humaine, tels que les filtres UV contenus dans les crèmes solaires, particulièrement présents sur les zones littorales touristiques.
Ces données initiales serviront de socle aux travaux de recherche sur les capacités de filtration des estuaires. D’autres campagnes de prélèvements seront ensuite menées au cours des trois prochaines années sur plusieurs sites identifiés sur le pourtour méditerranéen en Espagne, au Maroc, en Croatie et en Italie.
Le consortium international réunit des institutions de premier plan : l’Institut des Sciences de la Mer du Conseil Supérieur de la recherche scientifique espagnol (ICM-CSIC), l’Université de Fès (Maroc), l’Institut Ruđer Bošković (Croatie), l’Institut de Biophysique du Conseil National de Recherche italien (IBF-CNR), le Laboratoire de Biodiversité et Biotechnologies microbiennes (Sorbonne Université/CNRS), l’Université Autonome de Barcelone et l’Université Polytechnique de Catalogne.
Un leadership scientifique et un soutien financier d’envergure
Le projet est porté par un duo de chercheurs de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) de l’Université de Toulon : Virginie Sanial, chimiste, et Nicolas Gallois, biologiste, qui apportent une expertise reconnue en géochimie et écotoxicologie marines. Ce pilotage positionne l’Université de Toulon (https://www.univ-tln.fr/) comme un acteur central de la recherche sur les enjeux climatiques en Méditerranée.
Le financement de 730 000 euros a été obtenu dans le cadre de l’appel à projets « Climate & Biodiversity Initiative » de la Fondation BNP Paribas, considéré comme le plus important programme de mécénat environnemental en France. Doté d’un budget global de 7 millions d’euros sur trois ans, ce programme soutient onze projets de recherche internationaux jugés particulièrement audacieux et innovants pour répondre aux défis du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité.


