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TANNERON : Stéphane REYNAUD, plongée florale à la forcerie

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TANNERON : Stéphane REYNAUD, plongée florale à la forcerie

Au cœur de l’hiver, la Côte d’Azur se pare d’un soleil nouveau.

Celui des mimosas en fleurs. Dès la fin décembre et jusqu’au début du mois de mars, les collines du Tanneron s’embrasent de jaune, les vallons s’illuminent d’un éclat tendre et l’air se parfume d’un souffle chaud et poudré.

Bienvenue sur la Route du Mimosa, le plus doux des itinéraires d’hiver de Bormes-les-Mimosas à Tanneron, 8 communes -du Var et des Alpes-Maritimes- célèbrent la plus lumineuse des fleurs d’hiver. L’occasion de troquer les doudounes contre les lunettes de soleil !

Sur la Côte d’Azur, l’hiver n’est pas une saison, c’est un état d’âme. On y roule les fenêtres ouvertes et l’air porte un parfum d’or. Pour les gourmands, le mimosa se décline en glaces, en sirops, en douceurs sucrées.. Dans les maisons, il s’invite sous forme de bougies et de parfums d’ambiance… On se perd dans les ruelles des villages, sur les sentiers, à la rencontre des mimosistes… Et quand on repart, on peut garder sur soi quelque chose de cette lumineuse Côte d’Azur, comme un éclat d’or coincé entre deux pages de carnet et une promesse de printemps.

LES VILLES DE LA ROUTE DU MIMOSA :

Bormes-Les Mimosas

Rayol-Canadel sur Mer

Sainte-Maxime

Saint Raphael

Tanneron (Pays de Fayence)

Mandelieu-La Napoule

Pégomas

Grasse (Pays de Grasse)

Avec le précieux soutien de COTE D’AZUR FRANCE TOURISME et VAR TOURISME.

Stéphane Reynaud, plongée florale à la forcerie

Le métier de mimosiste aime la différence et ne rechigne jamais à attirer des profils aussi surprenants que courageux. C’est la force de cette filière. Elle explique probablement en partie pourquoi elle survit, vaille que vaille, aux crises et difficultés que les époques ne manquent pas de semer. A Pégomas, Stéphane Reynaud en est l’illustration. Ce virologue de formation n’avait pas planifié de se retrouver à la tête de l’affaire familiale créée par son arrière-grand-père, Alexandre Rey, dans les années 1920, poursuivie par son grand-père Raoul Reynaud, puis reprise par son père Francis Reynaud. Sauf que…

La théorie n’a pas résisté à la réalité d’une passion peut-être bien inscrite dans l’ADN maison. « Je devais travailler à l’Institut Pasteur à Lyon. Ils m’attendent encore. Le temps de passer mon diplôme de préleveur, j’ai fait une saison en 1999 sur l’exploitation avec mon père. Cela m’a plu, je suis resté pour l’aider et, en 2007, j’ai repris les rênes de la société », souligne-t-il. L’homme cultive actuellement 10 hectares de mimosa distribué dans le monde entier par l’intermédiaire de grossistes en fleurs. Un travail dur et « fatigant », concède-t-il, où l’huile de coude et la sueur font tourner la machine.

« Afin d’avoir un produit final au top, on conditionne tout à la main, détaille-t-il. Il faut énormément de triage pour le mimosa que l’on propose : quand on coupe les branches, quand on ramasse, quand on défait les fagots à la salle, quand on constitue les gabarits de 60 à 70 cm, quand on pèse, quand on le met dans les housses plastiques, quand on le sort le lendemain matin pour l’expédier aux grossistes… ». Conséquence de ce tri XXL ? Pour produire entre 30 et 40 tonnes, il faut en ramasser au moins 60 selon lui. « C’est un végétal hyper fragile. Si on loupe une étape, ça ne marche pas. Il faut être né dedans, sinon c’est super compliqué. Moi ça fait 25 ans que je fais ce métier et j’apprends encore… ». Apprendre certes. Mais également faire découvrir. Son entreprise a fait le choix de s’ouvrir à l’extérieur.

Sur la Route du Mimosa, c’est en effet l’une des rares à être aussi structurée pour organiser de véritables visites, parfois jusqu’à cinq ou six bus par jour en pleine saison. Les touristes peuvent ainsi découvrir, durant vingt-cinq minutes, l’une des plus grandes forceries à l’ancienne du département « en nous voyant vraiment travailler ». Une plongée florale dans la matrice du mimosa. Chacun repart ensuite avec un bouquet et peut trouver sur place de nombreux produits dérivés comme du miel, du confit, de la moutarde ou des parfums. Cette activité de diversification autour des visites, gérée par sa sœur Dorothée Reynaud, est « une chose que l’on commence à développer, on va y venir de plus en plus » estime Stéphane Reynaud, certain qu’un beau brin de tourisme dans le mimosa est un outil d’avenir.