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TANNERON : Cécile et Fabien REYNAUD, le mimosa brut de verd…

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TANNERON : Cécile et Fabien REYNAUD, le mimosa brut de verdure

Au cœur de l’hiver, la Côte d’Azur se pare d’un soleil nouveau.

Celui des mimosas en fleurs. Dès la fin décembre et jusqu’au début du mois de mars, les collines du Tanneron s’embrasent de jaune, les vallons s’illuminent d’un éclat tendre et l’air se parfume d’un souffle chaud et poudré.

Bienvenue sur la Route du Mimosa, le plus doux des itinéraires d’hiver de Bormes-les-Mimosas à Tanneron, 8 communes -du Var et des Alpes-Maritimes- célèbrent la plus lumineuse des fleurs d’hiver. L’occasion de troquer les doudounes contre les lunettes de soleil !

Sur la Côte d’Azur, l’hiver n’est pas une saison, c’est un état d’âme. On y roule les fenêtres ouvertes et l’air porte un parfum d’or. Pour les gourmands, le mimosa se décline en glaces, en sirops, en douceurs sucrées.. Dans les maisons, il s’invite sous forme de bougies et de parfums d’ambiance… On se perd dans les ruelles des villages, sur les sentiers, à la rencontre des mimosistes… Et quand on repart, on peut garder sur soi quelque chose de cette lumineuse Côte d’Azur, comme un éclat d’or coincé entre deux pages de carnet et une promesse de printemps.

LES VILLES DE LA ROUTE DU MIMOSA :

Bormes-Les Mimosas

Rayol-Canadel sur Mer

Sainte-Maxime

Saint Raphael

Tanneron (Pays de Fayence)

Mandelieu-La Napoule

Pégomas

Grasse (Pays de Grasse)

Avec le précieux soutien de COTE D’AZUR FRANCE TOURISME et VAR TOURISME.

Cécile et Fabien Reynaud, le mimosa brut de verdure

En feuilletant les albums de photos de famille, à Pégomas, Cécile Reynaud replonge dans la boîte à souvenirs. Et s’arrête, tout sourire, sur cette image d’un char fleuri : des sculptures d’anneaux olympiques et de la vasque des JO de Grenoble en 1968 y foisonnent de pompons jaunes. C’était pour la fête du mimosa de Mandelieu. C’était hier finalement. Pratiquement six décennies plus tard, la fleur, surnommée par certains « soleil d’hiver », reste le cœur de métier des Reynaud, troisième génération de mimosistes depuis les années 1925-1930. En ces temps-là, Léontine Reynaud, la grand-mère, se lance dans la production en s’appuyant sur les terres acquises par son père. La marchandise est d’abord vendue pour l’ornementation, en local, ainsi qu’aux Halles à Paris et au « vieux marché de Londres » (aujourd’hui Covent Garden).

Après la Seconde Guerre mondiale, la demande s’envole. L’étranger commence même à lorgner sur ce végétal lumineux. Un nouveau cycle commence. Jean-Paul et Renée Reynaud, les parents de Cécile et son frère Fabien, reprennent l’affaire aux débuts des années 70. L’internationalisation se développe avec les importations de la Hollande. « A ce moment-là, la demande en eucalyptus est apparue, les importateurs avaient besoin de compléments pour leurs bouquets. C’est comme ça que tout a commencé, ce végétal fait partie de l’économie du mimosa dont la récolte n’a lieu que l’hiver », témoigne Cécile Reynaud qui s’est lancée à titre principal en 2005 après « s’être égarée dans le commerce».

A la suite de ses études horticoles, son frère Fabien, plus jeune, a également créé son exploitation. Avec les parents toujours en activité, ils possèdent 25 hectares, dont seize exploités à moitié en eucalyptus et à moitié en mimosa, principalement à destination du marché français. Fabien Reynaud est aujourd’hui le représentant du Syndicat des mimosistes côté Alpes-Maritimes (aux côtés de Michel Lovera pour le Var). Les Reynaud ont une marque de fabrique rarissime dans la profession : ils ne conditionnent pas la fleur en 24 bouquets pesés et normalisés comme tant d’autres mimosistes. Ils proposent un produit brut de verdure, sans emballage plastique.

Le mimosa passe directement du champ (où il est rassemblé en bottes) à de grands seaux, puis passe, ou pas, en forcerie avant d’être expédié, majoritairement, à Rungis. « Il n’est plus repris une dizaine de fois comme auparavant, on a éliminé tout ça. Nos clients ont une matière première, moins standardisée, qu’ils peuvent travailler à leur guise ». Après une petite désaffection dans les années 90 en raison de la concurrence de fleurs venant de partout, tout le temps, la filière azuréenne a retrouvé de belles couleurs selon l’agricultrice. « C’est le végétal de saison par excellence. Il y a une prise de conscience des consommateurs surtout depuis le Covid, avec une vraie appétence pour les fleurs locales qui ne se dément pas ».